Accalmie, fuites au Bac, élections de représentativité…: Le bilan des syndicats d’enseignantes

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Pour l’année académique 2016/2017, on n’assistera pas comme on n’avait l’habitude pour non-respect des accords signés, à des perturbations scolaires crevant le quantum horaire.

On dira surtout qu’on n’est pas aussi loin d’une année sans couacs, si les fuites constatées dans l’examen du Baccalauréat n’ont pas jeté aux poubelles toute cette accalmie.

C’est la crédibilité du premier diplôme universitaire qui est en jeu. Les syndicats d’enseignants chargent les autorités sur leur incapacité à organiser l’examen, en rappelant les points de revendication.

Oumar Waly Zoumarou, Saourou Sène et Abdoulaye Ndoye tirent le bilan d’une année académique.

OUMAR WALY ZOUMAROU, COORDINATEUR DU GCSE : «L’autorité devrait déclarée l’année blanche»

«Nous avons passé une année ou il n’y a pas eu de troubles par rapport aux autres années.

Quelques secousses ont été observées. Les syndicats ont alerté sur beaucoup de difficultés des enseignants et la lenteur dans la mise en œuvre des accords.

Toutefois, nous avons relevé que l’année académique 2017 est nulle, en ce sens que les examens de fin d’études ont été mal organisés. La présente session du baccalauréat a enregistré un lot de fuites.

L’autorité devrait même la déclarer blanche, dans la mesure où le Sénégal a vécu un baccalauréat et un Bfem très chaotiques. Sur ce, nous demandons à l’Etat de se mettre au diapason.

C’est-à-dire mettre tous les moyens qu’il faut pour faire face à l’internet au niveau de l’organisation. L’examen est une évaluation pour mesurer le niveau de l’élève.

A-t-il le niveau requis pour poursuivre les études supérieures ».

ABDOULAYE NDOYE, SG DU CUSEMS : «Le gouvernement a intérêt à punir les coupables»

« On peut dire que cette année a été une année électorale avec les élections de représentativités des syndicats de l’Education et de la Formation.

Ce fut la catastrophe dans l’organisation et le déroulement du vote à l’intérieur du pays. Nous sommes parvenus à nous classer deuxième, derrière le Saemss de Saourou Sène.

A propos de ces élections, notre seul objectif était de gagner de la crédibilité à la table de négociations avec l’Etat. Pour ce qui est des revendications des syndicats d’enseignants, l’indemnité de logement est d’une importance capitale dans notre chapelet de doléances.

S’y ajoute un paiement des rappels avant le 31 décembre 2016 qui n’a jusqu’à présent pas été respecté par le gouvernement. Revenant sur le Bac, nous avons assisté à une année où le système a été mis à rude épreuve, avec un ministre qui n’a pas admis les fuites notées durant les différents concours et examens.

Mary Teuw Niane a préféré porté plainte pour diffusion de fausse nouvelles.

Les épreuves comme le français, l’anglais et même les mathématiques devraient obligatoirement être repris.

Cela peut discréditer nos diplômes et porter préjudice à nos élèves à l’échelle internationale avec les préinscriptions demandées.

Cependant, dans la logique de redorer le blason de l’éducation nationale, le gouvernement a intérêt à punir les coupables qui ont fait de cette pratique une entreprise.

Et aussi une dernière chose, il faut que nos dirigeants apprennent à démissionner quand ils échouent ».

SAOUROU SENE, SG SAEMS/CUSEMS : «Le déversement des épreuves sur la place publique»

«Pour cette année 2016-2017, élèves et enseignants n’ont pas été en grève. C’était une occasion de donner la chance aux négociations, au dialogue et à la discussion.

Ce n’est pas parce que l’Etat a respecté tous les accords signés avec les syndicats d’enseignants, au contraire nous poursuivons les négociations jusqu’à présent avec les autorités sur les indemnités de logement.

Pour une crédibilité des négociations, des élections de représentativités ont été organisées pour cette année 2017. A la fin, le Saemss est sorti vainqueur au niveau de l’enseignement moyen secondaire, avec une large victoire.

Ce qui devrait accélérer les négociations entre syndicats d’enseignants et gouvernement sur l’indemnité de logement. Cependant le fameux baccalauréat 2016 -2017 restera à jamais dans les annales de l’éducation nationale.

Nous avons assisté à un déversement des épreuves sur la place publique qui est pire que des fuites. Si je peux m’exprimer ainsi.

Quand on parle d’un pays comme le Sénégal, on ne peut pas accepter ce genre de fraude qui ne date pas d’aujourd’hui.

Je dois aussi avouer que c’est le gouvernement qui a fait du forcing en continuant l’examen du Bac tout en sachant qu’il y avait déjà des épreuves qui ont atterri sur la place publique.

Et pour montrer encore plus son incapacité à organiser des examens, les épreuves qui faisaient l’objet de fuites, notamment les mathématiques et l’anglais, n’ont pas été reprises.

Mais toujours est-il que les autorités ont forcé pour faire le Bac et donné des diplômes qui n’auront pas de crédibilité. Nous allons, à notre niveau, faire une étude globale de ces examens que nous allons à la fin partager avec l’opinion dans les prochains jours ».

Sud Quotidien

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