BATAAXAL IX Par Mohamed El Amin THIOUNE — BRISER LES CHAINES DU CAPITALISME INTERNATIONAL- LUMUMBA, NKRUMAH, KHADAFI, POUR SUPPLANTER MACHIAVEL, HEGEL, DARWIN

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De tout temps, l’Afrique a la réputation d’être le continent qui recèle l’une des ressources humaines, naturelles les plus abondantes et les plus remarquables de la planète.

Sur plus de 30 millions de kilomètres carrés d’étendue de terres, vivent plus d’1 milliard 300 millions d’âmes dont plus de la moitié est constituée de bras valides.

Toutes les grandes richesses de la planète sont contenues au niveau de son sol et de son sous-sol.

Les chiffres sont éloquents. Au regard de son potentiel, d’aucuns parlent d’un véritable « scandale écologique ».

En effet, l’Afrique détient 30% des réserves minérales de la planète, 80% des ressources de la planète en coltran qui sert à la fabrication des portables, 90% des réserves de platine, 50% pour le diamant, 40% pour l’or, sans compter la bauxite, le zircon, l’uranium, les phosphates, le pétrole, le gaz.

Le continent assure 11% de la production pétrolière mondiale. La Guinée Conakry représente 30% des réserves mondiales de bauxite, tout juste derrière l’Australie, avec une production  d’aluminium abondante.

Les services spécialisés des Nations – unies estiment, par exemple, qu’il y a plus de 800 millions d’hectares de terres cultivables inutilisées qui attendent leur révolution verte.

Leur exploitation devrait être le lieu de la réponse attendue aux pénuries alimentaires en Afrique et ailleurs.

Après l’Amazonie, la forêt africaine est la seconde plus grande forêt tropicale du monde. Précisément, 20% de la surface de forêt tropicale encore intacte se situent dans le « Bassin du Congo » (au sud-est du Cameroun).

Et ceci, accompagné d’une biodiversité unique au monde.

Ironie du sort, ce continent aux ressources fabuleuses, est aujourd’hui dépendante de l’extérieur, pour survivre.

Du fait d’une mauvaise gestion de ses ressources, l’Afrique, réservoir du monde en matières premières, est devenue une mendiante, qui tend la main.

L’on nous révèle que durant ces 50 dernières années, plus de 400 milliards de dollars ont été consentis pour l’aide aux pays africains. L’aide au développement pour le Sénégal a été chiffré à 5000 milliards de francs cfa, en moins de 10 ans.

Depuis le début des indépendances en 19601, la quasi totalité des pays d’Afrique ont à leur tête des dirigeants sans aucune vision politique, sans projet de société fiable, sans grande ambition ; sinon qu’ils ont perpétué la domination coloniale et l’asservissement, au détriment de leurs peuples.

Dans les domaines de la politique, du social, de l’éducation, de la santé, de l’emploi, de l’économie, c’est ainsi l’échec total pour ces dirigeants à col blanc pour mettre dans des conditions de vie et d’existence viable leurs administrés.

C’est le règne chez eux, du sous- emploi, du chômage, de la pauvreté, de la misère, pour ces millions de jeunes africains, aux horizons bouchés, aux perspectives sombres.

Comme solution pour survivre, ils ont ainsi choisi l’exil, pour trouver dans les mirages de l’ailleurs, un hypothétique emploi. Pour se faire une place au soleil, subvenir aux besoins de la famille et retrouver leur dignité d’hommes.

Il est aujourd’hui estimé que plus de 2 millions d’africains ont tenté de rentrer illégalement sur l’espace territorial de l’Union européenne. 2000 personnes environs de ce nombre ont péri en mer méditerranée, 2000 autres personnes sont aussi happées par les flots de l’océan atlantique.

Dans ce lot de ceux qui ont voulu « refuser la misère du monde », plusieurs centaines de jeunes hommes et femmes du Sénégal ayant brandi leur vérité « Barça ou Barsakh », autrement dit, « Barcelone ou la mort ».

Devant cette invasion forcenée de migrants africains, une politique de riposte hardie de l’occident, pilleur des richesses du continent, leur fut opposée. C’est cela qui a rendu compte de la création du FRONTEX, une organisation semi- militaire pour la défense de l’Europe, ayant dressé une muraille infranchissable contre cette négraille.

C’est cette organisation, sous le couvert de l’Union européenne, qui a la main trempée dans cette pratique horrible de vente d’êtres humains ou appelé « esclavage des temps modernes » ayant cours présentement en Libye. Ces migrants considérés comme esclaves, sont vendus aux enchères au marché de Tripoli à moins de 400 euros pièce ( 260.000 francs cfa ). A Londres, un petit tableau de Leonard de Vinci est vendu à 400 millions d’euros ( 260 milliards de francs cfa ).

Dans ce pays en lambeaux devenu le nid du djihadisme ( ce mal autre généré par l’occident ) après la liquidation en 2011 de ce grand panafricaniste qu’est Moammar Khadafi, c’est le règne d’une autre traite négrière dont le maître d’œuvre est incontestablement le capitalisme occidental sous le visage hideux et inhumain de l’impérialisme.

Dans cet enfer où ces jeunes aventuriers africains en partance pour l’Europe ont chuté, il est dénombré plus de 1200 sénégalais, qui ont voulu tout simplement retrouver leur dignité d’hommes.

L’on comprend ainsi aisément la réaction du gouvernement du Sénégal, qui, par l’entremise de son ministre des affaires étrangères Sidiki Kaba, a exprimé son indignation devant cette pratique d’un autre âge et engage les autorités libyennnes, ainsi que l’Union africaine et l’Organisation des Nations- Unies, à diligenter sans délai, une enquête afin que toutes les dispositions soient prises pour y mettre un terme.

Dans le continent, les réactions ont fusé, de la part du président en exercice de l’Union africaine Alpha Condé, de ses pairs tels Mahamadou Issoufou du Niger, Roch Kaboré président du Burkina Faso, Ibrahima Boubacar Keita président du Mali, mais aussi de la société civile, du monde de la culture, d’artistes tels Alpha Blondy, Thié Facoly, etc. Pour dénoncer l’inacceptable pratique horrible et avilissante portée contre la conscience du monde.

Au-delà de ces réactions, il est surtout nécessaire que l’on comprenne une bonne fois pour toute, les motivations profondes et réelles de la coopération occidentale et de sa diplomatie dont le socle idéologique qui dicte le comportement, repose essentiellement sur les fondements du machiavélisme, de l’hégélianisme, et du darwinisme. Ces fondements s’articulent comme on le sait sur comment diriger les gens avec cynisme et tromperie, comment utiliser la dialectique de l’histoire qui considère qu’en dehors de l’occident il n’y a pas d’histoire, et que la survie appartient à la race blanche qui doit rester au sommet.

A l’Afrique d’opposer une autre « weltanschauung », une autre pensée et action pour la renaissance d’un continent libre, qui recouvre sa personnalité et sa dignité et dont Lumumba, Nkrumah, Cheikh Anta Diop, Khadafi ont montré, d’un point de vue théorique et pratique, et au prix de leur vie, la voie à suivre.

Senegal-news.net

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