Cameroun anglophone: des dizaines de personnes dont un haut cadre local enlevées

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Au Cameroun, un cadre de l’administration et une trentaine de personnes ont été enlevées ce samedi 17 mars par des séparatistes camerounais dans le sud-ouest anglophone.

Quatre personnes ont également été blessées dans l’attaque du cortège d’un ministre délégué en visite.

C’est en fin de matinée que les attaques ont eu lieu.

Le directeur de l’Office anglophone des examens, Ivo Leke Tambo, était en route vers une localité voisine lorsqu’il a été enlevé.

Il se rendait à une célébration en l’honneur du ministre de l’Economie nommé il y a peu et originaire du sud-ouest anglophone.

Même scénario pour la trentaine de personnes kidnappées.

Elles étaient à bord de bus en route vers cette cérémonie officielle.

Dans les deux cas, des vidéos de ces enlèvements circulent sur les réseaux sociaux.

La première, diffusée par des sources proches des milieux sécessionnistes, montre le haut fonctionnaire retenu dans un lieu indéterminé, assis par terre et à moitié nu.

Sur la deuxième, on voit l’attaque du bus par des individus armés qui se revendiquent de l’Ambazonia defence forces (ADF), un groupe armé de sécessionnistes anglophones.

Enfin, 4 personnes ont été blessées dans le village d’Alou alors qu’elles se rendaient elles aussi auprès du ministre de l’Economie, Paul Tasong.

Visite ministérielle 
  
Les autorités camerounaises n’ont pas souhaité faire de commentaire ce samedi soir, mais ces attaques révèlent la tension qui règne en zone anglophone.

Et ce alors que le nouveau ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, est justement en visite dans le nord-ouest du Cameroun anglophone pour une « mission de paix ».

A Bamenda, chef-lieu de la région Nord-Ouest, il a demandé vendredi aux « séparatistes violents » de se « reconvertir ».

Les deux régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, qui regroupent 20% de la population camerounaise, sont secouées depuis plus d’un an par une profonde crise politique sur fond de revendications sociales et économiques vis-à-vis de l’élite francophone qui dirige le pays.

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