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Chemin de fer Dakar Bamako : L’équation Jaber résolue ?

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Actionnaire majoritaire de Transrail, Abbas Jaber a finalement était contraint de lâcher du lest, pour un nouvel envol de la compagnie ferroviaire.

Symbole des échanges entre le Sénégal et le Mali, le chemin de fer Dakar Bamako est depuis très longtemps dans une léthargie qui décrit d’ailleurs très bien la situation des échanges entre les deux pays. Après moult déclarations, il fallait alors passer aux choses concrètes. Conscientes que le chemin de fer requiert des investissements assez lourds, les autorités sénégalaises et maliennes ont trouvé un accord avec le concessionnaire de la compagnie Transrail, Abbas Jaber, pour reprendre entièrement le chemin de fer Dakar-Bamako. « Nous allons réhabiliter complètement le chemin de fer. Nous allons transformer la concession. Il y aura une société de patrimoine qui va être gérée entièrement par l’État et une société d’exploitation. Des privés vont soumissionner dans le capital pour pouvoir avoir des parts importantes. Le concessionnaire Abbas Jaber ne sera pas exclu, s’il décide de soumissionner pour l’exploitation du chemin de fer Dakar-Bamako. On est en négociation avec beaucoup de partenaires qui sont intéressés par l’exploitation. Nous avons des projets importants sur l’axe ferroviaire Dakar-Bamako. On ne pouvait pas intervenir sur le chemin, parce que l’ancien régime avait donné une concession complète à Jaber », a déclaré M. Abdoul Ndéné Sall, secrétaire d’Etat au Réseau ferroviaire.

Alors pourquoi le nom de Jaber revient à chaque fois que l’affaire Transrail est évoquée ? La réponse est à chercher dans ses bonnes relations avec l’ancien régime. Des bonnes grâces qui avaient fini par faire de l’homme d’affaires l’actionnaire majoritaire de Transrail. Si rien n’a encore été révélé sur les termes de l’accord, il est clair que les deux États ont fait des propositions satisfaisantes à Jaber. Cependant, même s’il accepte les propositions, des informations révèlent que l’homme d’affaires souhaiterait au moins 5% des actions.

Une bouée de sauvetage chinois…

Aujourd’hui, si les deux pays ont repris le dossier en main, cela s’explique par la volonté manifestée par la banque chinoise de promotion des investissements, Eximbank China qui a donné son accord pour un financement pour la réhabilitation du chemin de fer Dakar-Bamako. Selon des informations, il s’agirait précisément de la China railways construction corporation (Crcc) qui, en février dernier, avaient exprimé leurs bonnes dispositions. De leur côté, les Chinois sont déjà prêts. Des techniciens de la Crcc sont déjà dans les deux capitales avec des propositions techniques pour la réhabilitation. Déjà, rien que pour le Sénégal, la China Eximbank avait garanti les 2,9 millions de dollars (près de 1,5 milliards de Cfa) nécessaires à réhabilitation du tronçon Dakar-Kidira. Le même accord de financement existe avec la partie malienne pour le tronçon Kidira-Bamako. Les Chinois n’attendraient donc juste que le feu vert des Etats pour se mettre à l’œuvre. S’il est vrai que le port de Dakar est mieux situé que les ports ivoiriens, en termes de distance et de coût du fret, il n’en demeure pas moins que l’état défectueux du chemin de fer et les nombreuses tracasseries douanières avaient poussé beaucoup d’opérateurs maliens à choisir le port d’Abidjan, ce qui constitue un manque à gagner de près de plus de 3 000 tonnes de marchandises. Mieux, ce Port relie la Côte d’Ivoire au Burkina, bientôt le Niger ce qui fait un concurrent de taille pour Dakar.A

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