Conseil des ministres: Baptême de feu pour la plupart des Ministres

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C’est parti pour Macky II. Le premier Conseil des Ministres s’est tenu hier en présence de la nouvelle équipe formée d’anciens Ministres et de nouvelles têtes.

Macky leur a fait un discours d’initiation dans un climat empreint de solennité, au regard de la lourdeur des charges et surtout de l’énormité des attentes des citoyens.

Ça été un baptême de feu pour la plupart des Ministres. En dehors de rares départements dont celui des Sports, de l’Intérieur, etc. la plupart des Ministres sont des ‘’bleus’’ dans leurs départements, fussent-ils d’anciens Ministres.

Une situation qui a été voulue par le Président Sall, le Grand Manitou qui, malgré le caractère limité du temps qu’il a devant lui, a préféré miser sur une nouvelle équipe avec des hommes et des femmes inexpérimentés dans leurs domaines. C’est certes là un pari risqué, mais qui peut s’expliquer par le caractère présidentiel qu’il veut donner à son régime avec la suppression dans un futur proche du poste de Premier ministre.

Un état de fait qui peut également expliquer que ceux qui sont estampillés ‘’transhumants’’ ne soient pas dans l’équipe. Car la plupart d’entre eux ont eu à gérer des hautes fonctions et pourraient, en conséquence, être plus difficiles à manier.

Or, des nouveaux sont généralement plus faciles à manager selon les nouveaux critères recherchés. Si Macky avait préféré le profil de gens expérimentés, ce serait facile pour lui. Fada, Gadio, Aïssata Tall Sall, Aliou Sow, Souleymane Ndéné, et bien d’autres comme Robert Sagna, ont beaucoup d’expérience dans la gestion des affaires de l’Etat.

C’est dire qu’il a misé sur l’inexpérience qui est aussi synonyme d’apprentissage, de capacité d’écoute et de promptitude dans l’exécution.

Il semble en effet avoir tiré les conséquences de son septennat. Des couacs connus ou moins connus ont émaillé cette gestion. C’est qui explique d’ailleurs largement le fait que certains Ministres aient été simplement écartés. C’est en tout cas ce que l’on explique dans son entourage.

Cependant, on peut se demander si cette option est la bonne. Ces nouveaux, comme tout le monde le sait, auront besoin d’un temps d’imprégnation, d’apprentissage, d’adaptation. Un temps est nécessaire alors que leurs collègues expérimentés sont là, parfois à leurs côtés, dans d’autres départements où ils ne comprennent pas grand-chose, du moins pour le moment.

Cette préoccupation est consubstantielle à la suppression annoncée du poste de Pm. N’est-il pas risqué de tout faire reposer sur la tête du Président de la République ?

Ce centralisme fort, ce présidentialisme à la sénégalaise peut, aussi, cacher un déficit de confiance envers ses collaborateurs.

Le Président donne un signal fort sur le fait que ces derniers n’ont pas toujours répondu à ses attentes, ne serait-ce que dans l’exécution à la lettre de ses instructions.

A moins qu’il n’obéisse, ici, à un dirigisme autoritaire, ses nouveaux réflexes de concentration excessive des pouvoirs entre ses mains est symptomatique d’un malaise en haut lieu.

C’est synonyme de plus de travail, d’attentisme de la part de collaborateurs qui, de plus en plus, vont hésiter à prendre certaines initiatives.

Pis, s’ils ne se préoccupent que de garder leurs postes, ils vont verser dans une forme d’apathie qui est loin d’être bénéfique à la marche des choses.

S’il faut toujours se référer au Président et si ce dernier n’est pas toujours joignable, les choses marcheront moins.

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