});

Gare Baux Maraîchers, quand la distanciation physique devient virtuelle

= 441

Pour le premier jour de l’application du décret ministériel qui lève les restrictions de voyage de région à région, « Baux Maraîchers » n’a pas pu contenir l’affluence exceptionnelle dès 6h des passagers.

C’est la seule gare routière de Dakar autorisée pour les déplacements dans les régions.

Si le respect du nouveau dispositif avec l’enregistrement des coordonnées des voyageurs est respecté, il faudra repasser pour la distanciation physique.

Les yeux hagards, pris comme dans un tourbillon, elle s’arrête, pose ses bagages par terre, cherche la main de l’enfant qui l’accompagne. Partagée, Sabel Diatta l’est.

« C’est rassurant car tout le monde porte un masque et il y a des points d’eau à l’entrée de la gare pour se laver les mains.

Mais c’est inquiétant puisque la distanciation physique n’est pas respectée dans les voitures de transport », constate cette jeune mère de famille d’une vingtaine d’années du haut de son 1,8 mètre.

Sociétaire du club de Basket Asc Ville de Dakar, elle est aussi chef de gestion pour un restaurant huppé situé dans le quartier des Mamelles.

L’appréhension de Sabel Diatta est partagée.

Ibrahima Fall a réussi à avoir la place du passager à côté du chauffeur dans un mini-bus pour Ndar.

« C’est mieux ainsi, car je n’avais vraiment pas envie d’être collé aux autres passagers.

On ne sait jamais ». En ce début de matinée, la cohue est toujours de rigueur à la gare routière Beaux maraîchers de Pikine, en proche banlieue dakaroise.

Après avoir réussi à trouver une place dans un « taxi 7 places » qui en prend 8 si on y ajoute le chauffeur, les craintes de Sabel Diatta se confirment.

« Nous sommes les uns sur les autres, comme des sardines », soupire-t-elle de la fenêtre du véhicule avec sa fille de trois ans sur les genoux.

Le désir d’avancer dans la vie est plus important pour la jeune sportive.

« Notre restaurant rouvre et je n’ai personne pour garder ma fille.

Son père travaille aussi. Les crèches ne sont pas toutes abordables surtout trois mois de chômage.

Je vais l’amener à Mbour auprès de ma sœur et de mes parents. Elle va y rester le temps de trouver une solution », projette-t-elle.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :