Idrissa Seck :Le Sénégal sera le théâtre d’une élection présidentielle qui s’annonce imprévisible

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Le Sénégal sera le théâtre d’une élection présidentielle qui s’annonce imprévisible et palpitante.

La Présidentielle du 24 février 2019 ne sera pas facile pour le candidat sortant, Macky Sall, qui peut même la perdre face à un candidat redoutable : Idrissa Seck. «Mara » force le respect par le courage de ses idées et l’abondance de ses opinions politiques, tel un phœnix qui renaît de ses cendres.

Cette fois-ci, semble être la bonne. Idrissa Seck est à quelques 51 jours d’accomplir son destin présidentiel : devenir le 5e président du Sénégal.

L’homme à abattre

Né d’un père vendeur de friperie, Idrissa Seck s’est fait tout seul ! Que l’on partage ses idées ou qu’on le réfute, qu’on l’aime ou pas, Idy ne laisse pas indifférent !

L’homme fascine. Le verbe haut, posture de bateleur hors pair, références coraniques appuyées, goût de la formule fleurie souvent frappée au coin de ce bon sens populaire de sa région natale du Cayor, on ne peut lui nier son talent de tribun, maître incontesté de la parole et de l’art oratoire. Quand Idrissa prend la parole, il devient maître de l’espace temporel.

Son discours est parsemé de paraboles et souvent référencé (Coran, Bible). Ce qui dénote d’une grande culture générale chez l’homme.

Il fut un temps où il était un mythe ayant même un moment, dans la conscience publique, l’image d’une sorte de vice-dieu.

Maitre d’œuvre de la victoire de Wade en 2000, jamais un homme politique n’aura provoqué autant de remous sur tous les fronts sur le plan national. Le « Idy Bashing », il l’a vécu, depuis sa disgrâce sous le régime libéral jusqu’au régime marron-beige. Jamais une personnalité n’a suscité tant d’effervescence et de commentaires au sein du Macky. I

dy a réussi à concentrer et à centraliser tous les regards sur lui en s’imposant finalement comme le principal opposant de Macky Sall.

La presse en a fait la personnalité politique qui intéresse. Mieux, Idrissa Seck comprend l’effet de la parole dans la conscience publique d’une société sénégalaise de civilisation orale.

Omniprésent, surmédiatisé, attaqué de tous bords, l’«hyper président» Idy a envahi l’univers politique. Au point de susciter une paranoïa au sein le régime Apr.

ll était l’homme politique le plus suivi des services de renseignements. Il s’en est toujours plaint d’ailleurs.

Il est devenu l’homme à abattre. Ses répliques et ses attaques, spontanées, brèves et incendiaires contre le régime Apr, font toujours des effets.

Et l’APR réagit par un langage maladroit et injurieux et des assauts axés uniquement sur la personne d’Idrissa Seck. En réalité, son intelligence verbale lui donne la capacité d’attaquer avec un jeu de calembour qui lui permet de conquérir l’esprit public.

Pour preuve, le tollé soulevé par ses propos à propos de « Makka ou Bakka ». Ça a été une belle opportunité pour ses adversaires politiques pour le «tuer» politiquement. Les réactions ont été très nombreuses et certaines particulièrement virulentes et sévères, allant même jusqu’à l’excommunier de la religion musulmane puisqu’il aurait commis une apostasie.

Mais Idrissa Seck réussit toujours à sortir de l’eau.

Dans sa réponse à ses détracteurs, Idrissa Seck a encore confirmé sa maîtrise de l’arme du verbe. Il a tenu à répondre d’une façon bien particulière.

Sans doute inspiré par la fête des mères, le Président du Rewmi a usé de la prosopopée pour répondre à ses adversaires. Il a publié une « Lettre d’outre-tombe « , à la Oumma islamique, une longue correspondance dans laquelle sa défunte mère, Adjaratou Fatou Diop Assane, s’adresserait à ses virulents pourfendeurs. Original !

Idy 5 président ?

Il y a une chose qui ne souffre aucun doute chez le président de la coalition Idy 2019 : sa pugnacité. Hier compagnon de Me Wade dans la longue marche pour la conquête du pouvoir, auquel il goûtera peu, avant d’être envoyé en prison, ensuite, souteneur de Macky Sall, dont il deviendra très vite un allié encombrant, Idrissa Seck demeure toujours un infatigable combattant qui ne cesse de repousser l’horizon de sens de son ambition politique : briguer le suffrage des Sénégalais. Hormis Karim Wade et Khalifa Sall dont les candidatures sont sérieusement entachées par leurs démêlés avec la justice, l’ancien Premier ministre Idrissa Seck est, pour le moment, le seul candidat (redoutable), à l’expérience d’Etat, qui peut faire mal à Macky Sall ?

Dans un climat extrêmement tendu, avec un contexte politique délétère, le président du Conseil départementale de Thiès peaufine, silencieusement, sa stratégie de conquête du pouvoir, sans bruits ni trompettes. Depuis pratiquement plus d’un an, Idrissa Seck en tournée de proximité orange.

Malgré les accusations, aussi drues et fragiles que la savane sénégalaise qu’il parcourt depuis presque un an, le patron du Rewmi semble foncer vers un destin présidentiel qu’il croit de plus en plus proche.

Comme bon nombre de ces Sénégalais qu’il rencontre aux quatre coins du pays. Après avoir quitté la mouvance présidentielle qu’il n’a cessé de violenter verbalement, Idy a, à un moment donné, adopté la stratégie du silence, se faisant oublier, sans se faire oublier. L’ancien numéro 2 du Pds s’est fait oublier, en faisant semblant de prendre du recul et de ne plus participer à la vie politique de tous les jours.

Une posture qu’il a entreprise, selon certaines indiscrétions, sous les injonctions du khalife des Mourides. Désertant le débat politique, il s’est redéployé à la massification de son parti, avec des ralliements tous azimuts.

D’abord, de hauts cadres de la diaspora et du Sénégal ont récemment porté sur les fonts baptismaux le Mouvement de soutien à Rewmi (Msrewmi). Ces derniers sont convaincus que le président de Rewmi, Idrissa Seck, est la seule véritable alternative au régime du président actuel, Macky Sall.

Il n’y a pas longtemps, des jeunes de l’Ujtl (Union des jeunesses travaillistes et libérales) à Thiès ont tourné le dos à Abdoulaye Wade, pour rejoindre le camp de Rewmi.

Ils sont suivis par un nombre important d’anciens libéraux parmi les plus représentatifs du Pds dans la capitale du Rail et dont certains tournent ainsi la page de plus de trente ans de compagnonnage dans le Sopi.

Après Thiès, Rewmi a décimé l’Apr dans le Ndoucoumane où ces néo rewmistes sont d’avis qu’Idy est la seule personnalité capable, aujourd’hui, de sauver le Sénégal de par ses compétences et sa clairvoyance.

Après l’adhésion de hauts responsables politiques à Mbacké et Kaffrine, des personnalités influentes établies dans la commune de Balla, localité située dans le département de Goudiry, région de Tambacounda, ont rejoint Rewmi.

Ces nouveaux adhérents, à l’unanimité, voient chez le leader de Rewmi une alternative au régime de Macky Sall. Tout récemment, il a été investi par d’anciens jeunes socialistes, à savoir Babacar Diop des Fds. « Le risque que Macky Sall l’emporte au premier tour est de zéro », croit savoir Idy, même lorsqu’on lui fait remarquer que la majorité présidentielle totalisait 49,5% des suffrages aux dernières législatives.

« Quand vous écoutez les Sénégalais, la probabilité que Macky perde 10% à la prochaine présidentielle est largement supérieure à l’hypothèse qu’il gagne le pourcent qui lui permettrait de passer au premier tour », veut croire l’ancien maire de Thiès. Idrissa Seck en est sûr : ses compatriotes attendent impatiemment une troisième alternance, dont il aimerait bien être le bénéficiaire.

Et de citer les propos qu’il leur attribue, après plusieurs mois de tournée dans le pays profond : « Nous sommes fatigués, nous souffrons, nous nous sommes trompés en 2012… Cette fois-ci, nous ne voulons pas d’un président par défaut ! »

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