L’Acte V du 15 Décembre: une avancée décisive de la lutte du « Mouvement des Gilets jaunes » en France.

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Le 15 Décembre 2018 est  une date mémorable qui est rentrée, par la grande porte, dans  l’Histoire des 229 années (1789- 2018) de lutte du Peuple  Français, pour une République Démocratique, et  Citoyenne de Justice sociale.

En effet,  les  réponses économiques apportées par le Président Macron, en termes d’augmentation du Pouvoir d’achat, revendiquée par le «  Mouvement des Gilets jaunes », la reconduction du dispositif sans précédent de forces de maintien de l’ordre à Paris et dans tout le pays, pour intimider les populations par les interpellations massives et souvent brutales des manifestants qu’elles ont effectuées le Samedi d’avant,  et les effets pervers des « casseurs » dans l’opinion publique, dans un contexte marqué  par un recueillement national, suite à  une odieuse attaque  terroriste à Strasbourg trois jours avant la manifestation, ayant causé 3 morts,  et les appels du gouvernement, de dirigeants d’opinions politiques  de Droite et d’extrême Droite, d’Ecologistes emblématiques comme  Nicolas Hulot, et même de «  Gilets jaunes «  dit modérés », avaient amené beaucoup de chroniqueurs à pronostiquer  un échec cuisant de ce mouvement populaire historique.

Mais, s’était sans compter avec la perception , par l’opinion, de la nature sociale de classe des réponses économiques du Président Macron, qui a fait porter le coût de l’augmentation du SMIG, à tous les contribuables, salariés et autres couches moyennes compris, alors les «  Gilets jaunes », attendaient qu’il soit porté par le rétablissement de l’ISF,  donc, par les plus riches, alors que  la défiscalisation des « Heures  supplémentaires » sera supportée  par le Trésor public.

En outre,  avec la suppression de l’ISF,  sans condition de création d’emplois nouveaux, le Patron préfère  recourir aux «  Heures supplémentaires » de ses travailleurs déjà  en place et qui sont bien   formés et  qui ne lui coûtent rien, que de recourir à des emplois nouveaux qui  vont lui coûterau moins le SMIG.

C’est  pour cela que les 2/3 des citoyens les plus lucides continuent d’appuyer les revendications des «  Gilets jaunes » pour le rétablissement de l’ISF, et les «  Gilets jaunes » les plus  déterminés ont continuer à maintenir l’Acte V, en considérant les réponses économiques du Président Macron, « d’enfumage », tout en fustigeant l’absence de réponses politiques à ses revendications de «  représentation citoyenne ».

C’est dans ce contexte où  une partie du  « Mouvement des « Gilets jaunes » dit «  modérés »,  s’était publiquement démarqué en appelant à renoncer à l’ Acte V,  qu’il a été a  néanmoins  possible de mobiliser, par rapport à l’Acte IV,  la moitié des  troupes dans toute l’étendue du territoire avec 66000 participants contre 126000, et à Paris, avec 4000 contre 8000, autour des mots d’ordre de «  Rétablissement de l’ISF », « d’augmentation des Salaires », de « baisse des Taxes sur les produits de première nécessité », et  de  « l’instauration d’un   Référendum d’’Interpellation Citoyenne » ( RIP).

 Malgré le radicalisme de leurs revendications, l’ampleur inattendue de cette mobilisation est  due à la détermination dont ils ont fait preuve, encouragés qu’ils sont  par le niveau encore élevé de soutien des populations au «  Mouvement des Gilets jaunes » avec plus d’un Français sur deux, alors que le Président Macron voit sa côte de popularité chuter de 25% à 23%.

Ensuite, la nature sociale populaire et de classe  des  mots d’ordre autour desquels la manifestation de l’Acte V  s’est organisée n’a pas engendré de « casses »  dans la Capitale,  pouvant  ternir leur image.

Tout cela témoigne de   la maturité de leur  mouvement, et  inaugure un nouveau tournant  historique  majeur de leur lutte.

Ainsi, l’Acte V de la lutte des « Gilets jaunes »  a marqué d’une pierre blanche la «  feuille de route »  de  la tenue des concertations locales et nationales qu’ils sont parvenus à imposer au Président Macron, avec comme menuleurs propres revendications, et non plus les thématiques de diversion autour desquelles, il a essayé de casser la dynamique de leurs luttes en appelant à les tenir à la place de l’Acte V.

Ils ont organisé avec succès leur manifestation, et les concertations vont se tenir malgré tout !

En perspectives de ces concertations, le  gouvernement et l’opposition de Droite,   tentent déjà de dévoyer  ces revendications,  en voulant faire croire à une certaine contradiction entre les revendications de «  baisse des taxes », et celles du rétablissement de l’ISF, alors qu’ils n’ont aucun lien.

En effet, les taxes sont prélevées sur les produits et les services, donc supportés par tous les consommateurs et usagers, alors que l’ISF est prélevé uniquement  sur les revenus des plus riches.

Ils ont donc sciemment  fait cet amalgame, pour justifier  leur refus de satisfaire les revendications des «  Gilets jaunes »   pour de plus de justice fiscale, en abaissant les taxes sur leur consommation de produits et services  de première  nécessité, que devraient compenser,  pour le Trésor public, le rétablissement de l’ISF, la traque de la fraude et de l’évasion fiscale,  et la refonte de la grille de l’Impôt sur le revenu pour plus de progressivité.

Ainsi, le projet du gouvernement, soutenu  par la Droite,  de baisser les Dépenses publiques, pour compenser  le manque à gagner du Trésor,  induit par les coûts  des réponses économiques apportées à leurs revendications, pour ne pas rétablir l’ISF, devrait être contré, sans concession possible, à l’Assemblée nationale, et lors des concertations.

C’est en cela que,  lors de ces concertations, l’implication auprès d’eux, des principales centrales syndicales qui se sont toujours battues autour de ces mêmes revendications, et qui avaient commencé à marquer leur entrée dans cette lutte lors de l’Acte V, et la gauche, dont les députés se sont réunis autour d’une motion de censure pour apporter leur soutien à la lutte des «  Gilets  jaunes », est devenue une nécessité historique, sans laquelle, la «  Situation Révolutionnaire » que vit actuellement la France, ne pourra avoir d’issu  qu’avec l’Extrême Droite,  que  les sondages,  en perspective des  Elections Européennes de Mai 2019 , donnent déjà favorite.

Les considérations  « d’égo »,  et/ou de « chapelle idéologique », ne devraient plus continuer à diviser les Partis de Gauche et les Centrales syndicales, ne  pour laisser de place qu’à l’unique considération qui vaille aujourd’hui pour le peuple de France, une sortie de cette crise,  sur des bases républicaine, démocratique, citoyenne et de justice sociale.

 La Gauche politique, Sociale et de la Société civile, ne devrait jamais perdre de vue, que « les Révolutions sont l’œuvre des Peuples organisés et mobilisées, et non d’une Classe sociale, encore moins d’un Parti politique aussi révolutionnaire qu’il puisse se considérer» !

Le Mouvement des « Gilets jaunes du 17 novembre 2018 », par sa nature sociale populaire, et le caractère progressiste de ses revendications largement soutenues par le peuple, a posé les jalons d’une telle révolution, en mettant la France dans la « Situation Révolutionnaire » qu’elle vit aujourd’hui.

                                         La Gauche Française est donc, aujourd’hui  interpelée par son peuple pour réaliser son destin progressiste.

                                                                 Souhaitons de tout cœur pour  qu’elle en soit à la hauteur

                                                                                                            Ibrahima SENE   PIT/SENEGAL

                                                                                                                       Dakar le 16 Décembre 2018

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