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M. Badara SARR, le pionnier de l’école française dans la ville sainte de Touba.

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  • M. Badara SARR, le pionnier de l’école française dans la ville sainte de Touba.

Originaire de Soum dans le département de Foudiougne, il quitta Dakar où il était instituteur dans une école privée dénommée « École Ngalandou Diouf » pour rejoindre la capitale des mourides ; après que son directeur d’école d’alors lui notifia que Serigne Cheikh Gaindé FatmaMbacké (petit fils de Serigne Touba) voulait deux instituteurs pour ouvrir une école française à Touba.

Il accepta l’offre et suggéra d’emmener avec lui son cousin et ami M. Lansana Sarr (malheureusement décédé récemment).
Nous sommes en 1969 lorsque le jeune Badara, juste âgé de 19 ans, posa pour la première fois ses pieds dans la ville sainte afin de mener sa nouvelle mission.

Alors deux défis s’imposaient à lui nous dit-il. Le premier est qu’à l’époque, la population toubienne aussi bien les marabouts que les talibés étaient réfractaires à l’enseignement français.

Ils disaient que Cheikh Ahmadou Bamba a consacré toute sa vie pour combattre les blancs donc c’est une aberration qu’une école de blanc ouvre ses portes dans sa demeure.

Le deuxième défi est que les quelques élèves qui devaient rejoindre l’école, la majorité n’avait pas de pièces d’état civil.

Il faut aussi préciser que la plupart de ces élèves qui avaient rejoint l’école l’avaient fait parce que tout simplement Serigne Cheikh avait donné un « ndigeul » à certains de ses disciples d’inscrire leur enfant dans cette première école française de Touba, dénommée « École Privée Serigne Cheikh ».

En 1969, nous dit-il souriant, on faisait même du porte-à-porte moi et un ami Cheikh Niane pour avoir des élèves.

Il arrivait qu’un père de famille nous dit : « Sama doom dou jàng jangum toubab » ou « je vous donne seulement un de mes fils ».

Donc, le 2 novembre 1969, nous avons démarré l’école avec 2 classes avec un effectif total de 90 élèves.

Cet effectif diminuait au fil des années jusqu’à 1975, date à laquelle nous avons présenté nos premiers candidats à l’entrée en 6ème et au Certificat de Fin d’Études Élémentaires.

Cette année là grâce à Dieu, nous avons obtenu le meilleur pourcentage du département de Mbacké et le meilleur élève de la région était de l’école.

Et depuis le nombre d’élèves n’a jamais cessé d’augmenter et le plus important est qu’aujourd’hui les écoles privéesfrançaises sont acceptées et même nombreuses dans la ville.

En effet, on faisait tout pour que nos élèves soient les meilleurs dans la région mais aussi et surtout faire d’eux des modèles dans la communauté afin de gagner la légitimité de l’enseignement français au sein des populations.

Par ailleurs, nous raconte le septuagénaire, je ne pourrais jamais au plus grand jamais vous énumérer les difficultés encourues pour mettre cette école sur les rails.

Les coups bas, les critiques, les accusations, les difficultés salariales, les hypocrites…

J’ai tout enduré avecpatience et foi !

Mais tout cela n’a plus d’importance maintenant.

Comme le dit la sentence : « Tous les hivers ont fait place au printemps ».

Et aujourd’hui nos élèves sont partout dans les plus hautes instances décisionnelles du pays et à l’international ; y a en des hommes
politiques, des administrateurs civils, des gens qui sont dans les organisations internationales,des médecins, des professeurs, des juristes, des journalistes etc.

Et quand je vois cela, je ne peux pas m’empêcher de penser aux propos de Serigne Cheikh qui était par la suite devenu mon guide spirituel : « Badara !

c’est dans cette école où se trouve ton salut ici-bas et à l’au-delà. »

Pour finir, quand quelqu’un vous dit qu’il a fait ses humanités à Touba, demandez-lui s’il
connait M. Badara SARR.

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