Mansour Kama à Macky : “Le privé national est marginalisé“

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La 13ème édition du Conseil présidentiel de l’investissement a eu lieu ce lundi à Diamniadio, au Centre international de Conférences Abdou Diouf (Cicad). Présidé par le chef de l’État, la rencontre a été mise à profit par le privé national, pour lister ses craintes, inquiétudes et, même, ses déceptions au chef de l’État.
« La marginalisation de l’entreprise nationale »
« De notre point de vue, l’inclusion sociale devrait partir d’une meilleure inclusion du secteur privé national tout au long du processus de construction de cette croissance pour en augmenter les effets multiplicateurs. Le secteur privé n’a jamais été partisan d’un marché totalement fermé aux étrangers. Mais, il ne sera jamais non plus la victime consentante d’une éviction de son propre marché intérieur, au moment où dans plusieurs pays, on revient à la préférence nationale et au protectionnisme », a tonné Mansour Kama, qui parlait au nom du privé national. « Il s’agit simplement pour nous, d’attirer l’attention de notre État sur les risques qui naissent de la marginalisation de l’entreprise nationale », ajoute-t-il.
La promesse non tenue
Aussi, les membres du privé national n’ont pas manqué de rappeler au chef de l’État, une des promesses qu’il leur avait faite dès le début de son magistère. Promesse jusqu’ici, non tenue, disent-ils. « Le 14 avril 2014, lors de la conférence sociale, le Président Baïdy Agne vous rappelait la place réservée au secteur privé national dans la réalisation des projets du Pse. Et vous aviez bien voulu, lors d’une séance que vous nous aviez accordée, donner des instructions pour une implication du secteur privé national dans la réalisation des projets financés sur les ressources internes notamment. Cette décision que vous aviez prise, nous avait grandement rassurés. Et nous avions la certitude en ce moment-là, d’avoir été entendus. Mais, force est de reconnaitre que malgré nos rappels successifs, nous sommes restés sur notre faim », a lâché, déçu, Mansour Kama.
« Nous sommes victimes d’ostracisme »
Le privé national se pose encore des questions, sur les raisons du volt face du chef de l’État. « S’agit-il d’un changement d’orientation, d’un blocage à d’autres niveaux ? Nous ne saurions le dire. Nous constatons simplement que cette demande forte du secteur privé n’a toujours pas trouvé réponse satisfaisante à la mesure de ses attentes », a déclaré le porte-parole du privé national. Pis, signale Kama au chef de l’État, les membres du privé national sont, au quotidien, victimes d’ostracisme. Et de son avis, ce ne sont pas les exemples qui manquent. « Nos compatriotes sont victimes d’ostracisme de la part de notre propre administration. En témoignent les derniers développements dans l’attribution de concessions dans la réalisation des grands chantiers de l’État comme le Ter et l’Aibd, pour ne citer que ces cas. »
Le Maroc, l’autre sujet qui inquiète
L’autre point qui attise l’inquiétude du privé national, c’est surtout l’intégration du Maroc au sein de la Cedeao. A ce sujet, Mansour Kama et ses camarades ont rappelé au chef de l’État le mémorandum qu’ils lui avaient soumis à ce sujet. « Rarement une préoccupation n’a été aussi partagée par autant d’acteurs, de nos amis de la sous-région, comme nos collègues ivoiriens et nigérians tous, vent debout, contre cette procédure accélérée. Aussi, osons-nous espérer que vous prêterez toute votre attention à ce mémorandum ainsi que tout le gouvernement avant qu’une décision définitive ne soit prise en décembre 2017. Car, signale le membre du secteur privé national, « les études que nous avons menées montrent que tous les secteurs de notre économie seront touchés et certains le sont déjà sans compter les menaces qui pèsent sur les emplois », dit-il.

SENEWEB

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