Moustapha Diakhaté : seul contre tous ….

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Excédé par la conduite solitaire de Moustapha Diakhaté, le chef de l’Etat a mis fin, hier lundi, aux fonctions de son ministre-conseiller que l’entourage présidentiel accuse de servir des intérêts inavoués.
L’attitude paie la sentence, tue le suspense et accouche de l’évidence. A force de trop tirer sur la corde, défier l’autorité du chef de l’Etat, Macky Sall et soulever l’ire des caciques du parti présidentiel, Moustapha Diakhaté a fini par passer au purgatoire.

Par s’attirer la colère du président de la République qui, selon des indiscrétions, a longtemps souffert du traumatisme de l’affect qui le lie au «Monsieur», avant de décider, dans la matinée d’hier lundi 28 octobre 2019, de se séparer brutalement de lui. Sans grosse colère ni grande gêne. «Il serait plus juste de dire que Moustapha Diakhaté s’est viré lui-même», a réagi un proche du chef de l’Etat, quand «L’Observateur» est venu, tard dans la soirée d’hier, aux nouvelles du divorce le plus attendu de la sphère politique sénégalaise.

«La Première Dame a tout fait pour le ramener à la raison»

«C’est avant d’aller à la cérémonie de lancement des travaux du Bus Rapid Transit (Brt) que le Président a signé le décret. Mais, je trouve même qu’il a trop attendu avant de prendre cette décision. Tout le monde réclamait le limogeage de Moustapha Diakhaté, mais lui a toujours voulu le gérer. De même que son épouse, Marième Faye Sall. La Première dame a tout fait pour le ramener à la raison, malheureusement, il a continué dans ses diatribes», ajoute-t-il.

La goutte de trop, celle qui a fait déborder le vase de contenance du chef de l’Etat : sa dernière sortie médiatique dans l’émission ‘’Sen Jotaay’’. Un singulier moment de télé où l’ancien ministre chef de Cabinet défie ouvertement et en prime time l’autorité du président de la République qui l’a rétrogradé au grade de simple conseiller. Une position à la périphérie, loin du cœur de l’Etat où il a passé le premier mandat du Président Sall, qui ne lui aurait pas plu. Une frustration qui aurait totalement envenimé son jugement sur la gestion du Président Sall.

Comme lancé dans une catharsis politique suicidaire, l’ancien député, président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar, avait transformé sa page Facebook en lieu du châtiment du… coupable.

Sur le réseau social, l’homme disait ses positions parfois très tranchées et déshabillait souvent les plus intimes secrets du régime. «Pétrole & Gaz», «Permis de conduire», «Commission d’enquête parlementaire»… Les actualités de Moustapha Diakhaté n’occultent aucun sujet, même ceux qui placent son patron politique au banc des accusés.

«La manière dont Macky Sall veut mettre un terme à cette polémique est contreproductive. Le Président ne devrait pas cautionner ces insultes et le limogeage de Sory Kaba a créé plus de problèmes qu’il en a réglé, en ravivant une polémique qui n’a pas lieu d’être», a-t-il lâché, abordant le débat sur la supposée volonté du Président Sall de briguer un 3emandat.

«Moustapha Diakhaté et d’autres servent des intérêts, pour le moment, inavoués»

Une liberté de ton inégalable au sein de la coalition au pouvoir, un désaccord dans la musique présidentielle auquel il fallait mettre un terme. Surtout pour permettre aux autres qui sont restés dans les rangs, de travailler en toute tranquillité. «C’est là toute l’explication de ce limogeage», apprend un autre collaborateur du chef de l’Etat. «Ce qu’il faut savoir, précise-t-il, c’est que le président de la République a compris que l’opposition vient maintenant de l’interne.

Que beaucoup de gens manœuvrent pour qu’il ne puisse pas travailler. Moustapha Diakhaté et d’autres comme lui servent des intérêts pour le moment, inavoués, mais qui seront bientôt découverts par les Sénégalais.» Une sorte de petite rébellion interne qui fragiliserait le camp présidentiel et qui aurait comme objectif de pousser le président de la République à dire ouvertement qu’il ne briguerait pas de troisième mandat. Un «coup de force» auquel le chef de l’Etat ne compte pas céder. «Surtout que pour lui, poursuit ce collaborateur, ce débat sur le troisième mandat est sans fondement et n’a aucun sens.»

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