OUSSEYNOU SY, LE SÉNÉGALAIS QUI A MIS LE FEU AU BUS : « IL VOULAIT VENGER LES MORTS EN MER »

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Milan est sous le choc. 51 enfants ont échappé à la mort dans l’incendie d’un bus provoqué par Ousseynou Sy, un Sénégalais de 46 ans, naturalisé italien.

« C’est un miracle, cela aurait pu être un massacre », ont réagi le procureur de Milan, Francesco Greco et le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini à la vue de la carcasse du bus, complètement calcinée. Si les 51 enfants, s’en sont sortis indemnes, ils restent traumatisés par les évènements.

40 minutes de terreur

Comme pour les nombreuses fois passées, Ousseynou Sy, chauffeur, qui travaille depuis 15 ans pour la société lombarde « Autoguide », devait conduire le groupe scolaire du gymnase à l’institut.

Mais ce mercredi matin, il avait un autre programme : frapper l’Italie en pleine cœur.

Il voulait par son geste conscientiser l’Afrique sur les politiques européennes en matière de migration.

Le chauffeur qui a détourné le bus de sa trajectoire habituelle a emprunté la route de Linate, à l’aéroport.

Et a entamé, avec les enfants, un périple de 40 minutes sous le signe de la terreur.Allons à Linate (aéroport).

Je veux y mettre fin. Personne ne sortira d’ici vivant ».

Après quelques minutes en bus, Ousseynou Sy a bloqué les portières et menacé les enfants avec un couteau.

Avant, le chauffeur avait pris soin de cacher des bidons d’essence et des sacs noirs dans la boîte à gants, rapporte les média italiens.

Puis, il ordonne à un enseignant d’attacher les poignets des enfants avec des liens en plastique.

Avant de les menacer de mettre le feu si quelqu’un tentait un geste imprudent.

Selon les témoignages de ses victimes, Ousseynou Sy a dénoncé les nombreuses morts des migrants en Afrique avant d’imputer la faute aux autorités italiennes.

« Je veux y mettre fin, il faut que les morts en Méditerranée soient arrêtés », a-t-il défendu.

Les cris des enfants dans le bus ont alerté le voisinage, qui ont informé la police. Qui s’est mis aux trousses de Sy. Avant qu’il ne mettre le feu au bus

Arrêté, il a été accusé d’enlèvement, de massacre, de tir et de résistance avec circonstances aggravantes à but terroriste.

Dès les premières heures de l’interrogatoire, le Sénégalais a admis qu’il avait tout planifié et avait avant son geste envoyé une vidéo au Sénégal pour dire « que l’Afrique était soulagée », a expliqué le responsable de la lutte contre le terrorisme milanais, Alberto Nabil.

A l’en croire, le dossier est déjà estampillé « terrorisme islamique. »
Pourtant, rien ne laissait présager que Ousseynou Sy allait faire coup pareil.

La surprise de ses collègues

L’homme paraissait calme. Ce matin, raconte ses collègues, il est entré dans le bar disant qu’il amenait les garçons au gymnase et revenait les rejoindre.

« Je l’ai vu mardi. Il m’a salué comme d’habitude et m’a demandé comment j’allais.

Il est inimaginable qu’il ait fait une telle chose », a indiqué un autre de ses collègues, consterné par son geste. Ousseynou Sy est bien connu à Crema où il vit depuis un certain temps.

Mais personne dans le coin ne savait que l’homme avait un casier judiciaire chargé pour maltraitance d’enfants et conduite en état d’ébriété.

Condamné pour abus sexuels

Il est né en France mais vit en Italie, où il était marié à une Italienne – et c’est grâce à elle qu’en 2004, il a obtenu la nationalité italienne dont il a divorcé par la suite.

De leur union, Ousseynou Sy a deux enfants, âgés de 12 et 18 ans.

Pour ses collaborateurs, Sy n’a jamais montré de signes de déséquilibre.

Ils n’ont jamais, non plus, reçu de plainte contre lui.

Mais les premiers éléments de l’enquête montrent qu’il a été condamné en 2007 pour conduite en état d’ébriété à Brescia. Avant d’être employé à Autoguide, Ousseynou Sy a travaillé comme nettoyeur avant d’être promu conducteur en raison de son comportement irréprochable.

Auparavant, il aurait eu une condamnation pour abus sexuels sur un enfant.

Ses collègues qui se souviennent de la suspension de son permis décrivent une personne amicale, qui ne présente aucun signe de déséquilibre malgré ses problèmes de divorce.

Ses enfants avaient été confiés à son ex épouse.

« De temps en temps, les enfants venaient le voir », raconte un de ses voisins, qui partage le quartier avec lui depuis 5 ans. Qui le décrit comme un homme travailleur. « On n’a jamais eu de problème avec lui.

C’est un homme travailleur qui se levait très tôt tous les matins pour aller au travail », raconte la femme, encore surprise par le geste de Sy.

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