Primaires au Pds, collusion avec des alliés « frustrés » de Macky: Wade manoeuvre… large

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Il est vrai que nombreux sont les observateurs de la scène politique, tout comme des citoyens lambda, à avoir prêté à l’ancien chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, l’idée de vouloir faire pression sur la justice pour la libération de son fils Karim Wade. Cela, en le désignant comme le candidat du Pds aux prochaines élections à seulement quelques heures du verdict de la Crei, dans le cadre de la traque des biens dits mal acquis. Pourtant, Il reste encore patent que le ‘’Pape du Sopi’’ est en train de concocter une stratégie en vue de déboulonner Macky Sall, au cas où son fils est écarté de la course à la présidentielle. Sinon, comment expliquer les audiences tous azimuts qu’il accorde à certains leaders « frustrés » de leur sort, au sein des partis phares de la mouvance présidentielle ?

Que peut bien mijoter Abdoulaye Wade, ancien président de la République, à travers les primaires prévues au sein du Parti démocratique sénégalais (Pds) pour la présidentielle prochaine et ces audiences qu’ils accordent à des « frustrés » issus de la mouvance présidentielle ? A l’instar de Malick Gackou de l’Afp et Aïssata Tall Sall du Ps. Cette question mérite d’être posée d’autant plus que les langues se délient de plus en plus et que les commentaires vont bon train sur les ambitions de l’ancien Président. L’évidence est que ça manœuvre bien, que se soit en prélude aux élections présidentielles de 2017, tout comme avant le verdict de la Crei (23 mars prochain), qui ne peut souffrir d’aucun recours possible.

Nombre d’observateurs de la scène politique tout comme des analystes ont décrypté les primaires du Pds, prévues ce 20 mars prochain, comme un levier sur lequel veut s’appuyer Abdoulaye Wade pour faire pression contre la Crei. Pour eux, le ‘’Pape du Sopi’’ cherche à présenter son fils, Karim Wade, comme le candidat de sa formation politique aux prochaines élections de 2017. Cela, tout en sachant que ce dernier n’a aucune chance de s’en sortir et qu’il va être condamné. Ce qui reviendrait, selon eux, à jeter le discrédit sur la Crei, longtemps qualifiée par ses détracteurs de «juridiction politique», destinée à barrer la route aux opposants du régime.

Cependant, les rencontres que multiplie l’ancien chef d’Etat, avec des leaders frustrés, issus de la mouvance présidentielle, laissent croire à un autre stratagème que prépare Wade, en prélude à la présidentielle. La dernière rencontre en date est celle accordée le lundi 9 mars dernier à Malick Gackou, numéro 2 supposé de l’Afp, en bisbille ouverte avec son mentor Moustapha Niasse. Au sortir de la rencontre avec le secrétaire général du Pds, l’ancien ministre des Sports s’est gardé de divulguer les «sages conseils» que lui aurait prodigués le «fin stratège politique».

Le scénario était le même, lors de la visite de la responsable socialiste Aissata Tall Sall. Le maire de Podor, non moins avocate socialiste, qui s’était rendu au domicile de Wade le 21 février dernier, n’a pipé mot sur la quintessence de leur discussion en privé. Elle n’a, de son coté, vraisemblablement pas digéré la déculottée des primaires au sein du Parti socialiste.

Tous les deux leaders politiques, qui ont taillé bavette avec le ‘’Pape du Sopi’’, ne filent plus le parfait amour avec leur mentor, toujours agrippé au pouvoir. Pour le «chouchou» des fils de Guédiawaye, certains membres de sa formation politique, notamment les pro-Niasse, réclament sa tête après les événements malheureux du Terrou Bi, en janvier dernier. Quant à la «lionne du Walo», elle s’est emmurée dans un mutisme sans précédent depuis la fameuse réunion du Bureau politique du Ps d’où elle a été éjectée de son poste de Secrétaire nationale à la communication et porte-parole du parti. S’y ajoutent les coups bas, perpétrés à leur encontre par le parti du président, à savoir l’Alliance pour la République (Apr), lors des dernières élections locales. Ces derniers, à qui l’on prête des ambitions présidentielles, risquent de constituer de potentiels adversaires pour Macky Sall en 2017. De bons rapports entre ces «frustrés» et Abdoulaye Wade constituent un danger pour l’actuel chef de l’Etat, si toutefois la présidentielle connaissait au second tour. Encore qu’apparemment, Wade n’a pas encore dit son dernier mot, car il y a encore dans le landerneau politique des «lésés», potentiels concurrents de Macky, comme par exemple Khalifa Sall, maire de Dakar. Qui sait ?

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