Sénégal: la restauration du dialogue politique, un défi pour le président réélu

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Le président sortant Macky Sall, réélu à la tête du Sénégal, selon les résultats provisoires publiés mercredi par la Commission nationale de recensement des votes, devra pour son second mandat relever plusieurs défis, dont le plus urgent est la restauration de la confiance entre les acteurs politiques pour pacifier l’espace public.

L’élection présidentielle du 24 février opposait M. Sall, au pouvoir depuis 2012, à quatre candidats de l’opposition, mais sans le Parti démocratique sénégalais (PDS), dont le leader, l’ancien président Abdoulaye Wade, avait appelé au boycott d’un scrutin « entièrement préfabriqué », selon lui.

L’opposition a accusé le pouvoir en place d’avoir invalidé les candidatures de deux potentiels rivaux, Karim Wade, fis de l’ancien président Abdoulaye Wade, condamné pour enrichissement illicite et en exil à Doha (Qatar), et Khalifa Sall, ancien maire de Dakar, emprisonné pour détournement de fonds.

Deux mois avant l’élection présidentielle, l’opposition a manifesté pour exiger un scrutin « juste et transparent » ainsi que l’organisation du scrutin par une personnalité neutre et non par le ministre de l’Intérieur.

Les opposants ont par ailleurs émis des doutes quant à la fiabilité du fichier électoral, malgré l’audit du processus électoral commandité par l’Union européenne en février 2018.

Néanmoins, le scrutin de dimanche dernier s’est déroulé dans le calme et la sérénité, selon les observateurs nationaux et étrangers.

Cependant, dès que les résultats provisoires ont été proclamés, les quatre candidats de l’opposition les ont rejetés, accusant le candidat sortant d’avoir « confisqué la volonté du peuple souverain », tout en décidant de s’abstenir de tout recours devant la Cour Constitutionnelle.

Pour sa part, le président Sall, lors du Conseil des ministres de mercredi, a salué l’élection présidentielle comme « une victoire du peuple sénégalais ».

Selon lui, elle doit « plus que par le passé, raffermir l’Unité nationale, rassembler tous les Sénégalais autour de l’essentiel, consolider le rayonnement démocratique, la paix et la stabilité du pays à travers le sens élevé des responsabilités des acteurs politiques et l’accélération du développement économique, social, équitable et durable du Sénégal ».

Par ailleurs, le président réélu devra, dans la perspective de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières du pays, insister sur une gestion concertée pour éviter la « malédiction » des hydrocarbures connue par certains pays africains.

Tout en poursuivant les projets d’infrastructures routières qui ont permis de réaliser un linéaire de 1.762 kilomètres en sept ans au Sénégal, Macky Sall devra lors de son deuxième mandat faire en sorte que le taux de croissance de plus de 6% puisse se refléter dans le pouvoir d’achat pour réduire la pauvreté dans le pays.

En outre, pour lutter contre le chômage des jeunes qui arrivent sur le marché du travail, il devra redoubler d’efforts en investissant sur une éducation et une formation professionnelle de qualité.

Dans cette perspective, son gouvernement est appelé à former les jeunes en fonction des emplois disponibles sur le marché du travail national et en relation avec les besoins de développement et les secteurs porteurs de croissance du pays.

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