Sénégal : Quel sort pour les 14 725 réfugiés et 3 313 demandeurs d’asile   ?

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Cinq organisations dont Action pour les Droits de l’homme (Adha), Rencontre africaine pour la défense des Droits de l’homme (Raddho), Ligue sénégalaise des Droits de l’homme (Lsdh) ont fait face à la presse, hier, en prélude à la célébration de la Journée des réfugiés prévue aujourd’hui. Elles demandent la mise en place de commissions d’accueil, d’assistance et d’orientation sociale, dès leur arrivée dans le pays.

14 725 réfugiés et 3 313 demandeurs d’asile de différentes nationalités (Mauritanie, Côte d’Ivoire, Gambie, Centrafrique…) ont été enregistrés au Sénégal en 2017, d’après le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (Hcr).

Ceux-ci peuvent compter sur les droits-de-l’hommistes qui alertent l’opinion sur leur situation précaire.

Ils ont ainsi fait face à la presse, hier, pour faire l’état des lieux.

Ces demandeurs d’asile et réfugiés font face à d’énormes difficultés, notamment liées à la procédure d’asile, selon le président de l’Action pour les droits humains et l’amitié (Adha).

‘’La Commission nationale d’éligibilité est extrêmement lente dans le traitement des dossiers, laissant certains demandeurs d’asile attendre près de trois ans avant de recevoir une décision.

Contrairement à l’Afrique du Sud où les demandes d’asile sont traitées en six mois’’, fait savoir Adama Mbengue, le porte-parole du jour.

A ses yeux, c’est ce retard ‘’injustifié’’ qui aggrave considérablement la vulnérabilité des demandeurs d’asile.

Le président d’Adha pense d’ailleurs que ces derniers ne peuvent pas se sentir en sécurité jusqu’à ce qu’ils obtiennent un véritable statut.

Les droits-de-l’hommistes pensent ainsi qu’il serait judicieux de mettre en place une législation qui fixerait un délai pour le traitement des demandes d’asile.

‘’Les autorités sénégalaises doivent entreprendre des réformes allant dans le sens de renforcer la protection des droits de ces groupes considérés comme les plus vulnérables de la population, en raison de leur statut précaire’’, déclare Adama Mbengue.

Ce dernier fustige également l’absence de centres d’accueil pour les demandeurs les plus vulnérables, tels que les femmes enceintes, les enfants non accompagnés et les personnes âgées.

Selon les droits-de-l’hommistes, de nombreux réfugiés ont des difficultés pour obtenir une carte d’identité et un titre de voyage.

‘’L’absence de document d’identité constitue une entrave à la liberté de circulation et peut être à l’origine de situation d’apatride pour de nombreux réfugiés ayant séjourné longtemps dans le pays’’, se désole le président de l’Adha.

Recommandations

Face à cette situation, les organisations des Droits de l’homme ont formulé des recommandations pour améliorer le sort des réfugiés et demandeurs d’asile.

Ils demandent au gouvernement d’accorder plus d’attention à la situation des réfugiés vivant au Sénégal, avec la mise en place des commissions d’accueil, d’assistance et d’orientation sociale (…) dès leur arrivée dans le pays.

Dans le même sillage, ils recommandent la création de centres ou de foyers d’accueil pour les demandeurs vulnérables (femmes, enfants, handicapés).

A la Commission nationale d’éligibilité (Cne), ils préconisent la réduction de la durée dans le traitement des demandes d’asile (maximum 6 mois à côté de la date de dépôt).

Ils ont, par la même occasion, invité les organisations non gouvernementales (Ong) à défendre et à organiser des sessions de formation sur les droits des réfugiés et la mise en place des bureaux d’accueil, d’orientation, de conseil et d’assistance juridique.

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