SERIGNE ABDOU KHOUDOSS MBACKÉ, UN ASCÈTE AVISÉ.

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Serigne Abdou Khoudoss Mbacké, fils de Mame Thierno Birahim Borom Darou et de Sokhna Marème Balla Syll est né entre 1908 et 1909 à Darou Mannane.

C’est Serigne Touba Khadimoul Rassoul qui lui a donné le prénom « Abdoul Khoudoss ».

Très tôt, il maîtrisa le coran et pour ses études supérieures, son père Borom Darou le conduit chez Serigne Touba à Diourbel, qui à son tour le confia à Serigne Mouhamed Lamine Gaye.

Serigne Abdou Khoudoss était un homme hors du commun.

Doté d’une intelligence très pointue ,il parlait et écrivait à la fois l’arabe et le français et ce très aisément.

Sa maitrise de la langue arabe suscitait le respect et l’admiration de ses amis arabophones (commerçants libanais et autres hôtes mauritaniens).

On peut citer parmi ceux-ci le père de l’actuel président de la république de la Mauritanie.

Sa sagesse avait fait de lui l’ami de toutes les autorités contemporaines aussi bien religieuses, coutumières que temporelles.

L’ancien Président Abdou Diouf avait beaucoup d’estime pour lui et plusieurs ministres de son gouvernement sont venus le visiter souvent en de très courtes intervalles, parmi eux: l’ancien ministre des finances Serigne Lamine Diop, le ministre Abou Rahmane Sow, Mamadou Lamine Loup ministre et premier ministre, Elh Rawane Mbaye Islamologue .

Maitre Abdoulaye Wade qui d’ailleurs témoignait que ce qui le frappait et l’émmerveillait en Serigne Abdou Khoudoss, c’est sa vaste culture en toutes choses, et ce malgré l’observance d’un soufisme dans toute sa rigueur.

Ahmed Dansokho, en somme presque tous les ténors de l’opposition sous le président Diouf se sont confiés à lui et ont recueilli ses prières.

Serigne Abdou Khoudoss était si versé  en sciences humaines  qu’il t’indiquait dans les moindres détails les limites géographiques des différents pays quelque soit le continent et te parlait des villes comme s’il les avait déjà visitée Rien ne l’echappait dans les actualités du monde entier.

Il vous entrenaît de l’essence  des deux grandes guerres, du conflit arabe mieux qu’un éminent professeur. Les questions politiques les plus aiguës intéressaient sa curiosité et son esprit critique.

Alors que le référendum de 2002 était sujet de tous les débats, il a été le premier à réclamer la nouvelle mouture et disait en substance que la publication de celle-ci devrait être le préalable à toutes campagnes pour le Oui ou pour le Non.

Ses prêches à l’occasion des fêtes musulmanes(Korité, Tabaski) étaient très suivies  aussi bien par la communauté mouride que par les musulmans des autres confréries.

Elh Djilly Mbaye disait de lui, qu’il ne lui connaissait pas d’égal magnifiant sa piété et sa crainte révérencielle.

Serigne Abdou Khoudoss a vécu 19 ans avec Cheikh Ahmadou Bamba et a eu l’honneur et l’opportunité d’exécuter un service du vénéré Cheikh.

Il a vécu également 32 ans avec son père Borom Darou.

Le premier Dahira mouride fut créé par Serigne Bassirou Mbacké, Serigne Cheikh Gaindé Fatma et Serigne Abdou Khoudoss lui-même .

En plus de ceux-là, il entretenait de solides liens d’amitié avec Serigne Fallou Mbacké, Serigne Abdou Lahad, Serigne Abdou Khadre, Serigne Saliou Mbacké, Serigne Modou Awa Balla Mbacké , la liste n’est pas  du tout exhaustive.

Serigne Abdou Lahad Mbacké le consultait ainsi sur beaucoup de questions étant pourtant le Khalid Général des Mourides.

Serigne Saliou Mbacké ibn Khadimoul Rassoul raconta un jour, que lors de sa dernière visite à Borom Darou, c’est Serigne Abdou Khoudoss qui l’avait accueilli et qui s’occupait de lui.

Il n’est point aisé de parler à la fois de toutes les qualités de l’homme.

Nous notons simplement que Serigne Abdou Khoudoss était un homme très pieux, très cultivé, très beau, très organisé, très généreux, très rassurant, très aimable, très posé, très intelligent, très sincère, grand travailleur, très humble, très courageux, très respectueux, très véridique, très propre, etc…

Il avait une très bonne mémoire. Il se rappelait toujours et ce au moindre détail de sa rencontre ou d’une conversation avec les hommes qui le fréquentaient.

Son immense connaissance de presque toutes les lignées familiales et son charisme si marqué, faisaient de son domicile, un point de convergence.

Les simples visiteurs, les indigents et autres nécessiteux, les grandes personnalités d’État, tous étaient traités avec les mêmes égards. Il a inculqué le culte de la discipline et de la retenue aux siens, et l’orthodoxie a été son chemin , sa vie durant.

Il  nourrissait une familiarité et un amour filial envers tous ses talibés.

Il succéda son grand-frère et ami Serigne Modou Awa Balla au khalifa en 1982 et a beaucoup œuvré pour le développement socioéconomique de la ville sainte de Darou Mouhty.

Il disait d’ailleurs à toutes les autorités administratives et gouvernementales, qu’il n’avait aucune doléance à titre personnel, et que sa seule préoccupation était de voir Darou Mouhty bénéficier de toutes les infrastructures d’une cité moderne .

Il est rappelé à Dieu le 3 avril 2003 et repose ainsi auprès de son illustre père et ses frères qui l’ont devancé. Yalla na yalla yok ay léram té tass nou ci barkéme.

AHMADOU MBACKÉ BACHIR.

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