Sokhna Maï Mbacké, une vie consacrée au « Laylat Al-Qadr »

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La communauté mouride va célébré aujourd’hui, 7 juin 2018, la nuit du Laylat Al-Qadr, conformément au  calendrier fixé par Cheikh Ahmadou Bamba.

Les trois  localités qui semblent le plus concernées par la célébration de cet événement sont le quartier Hlm où Serigne Modou Mahfouz et famille reçoivent leurs hôtes, Touba-Mosquée chez Sokhna Baly Mbacké, fille de Sokhna Maimouna Mbacké et Darou Karim avec les héritiers de Serigne Massamba Mbacké , petit frère de Serigne Touba.

À Dakar, l’esplanade de la Mosquée de  Massalikoul Jinane sera remplie de monde comme d’habitude et la célébration va démarrer à partir de 22h.

Ici et ailleurs , ce sont plusieurs bœufs qui ont été immolés tôt le matin. Des récitals de Coran , des déclamations de khasside sont au menu de même que la nuit est réservée à la distribution des repas et autres.

Mais, c’est l’occasion de rappeler que Laylat Al-Qadr est tout de même, à bien des égards,  liée à la vie de la dévote Sokhna Mai Mbacké, fille de Cheikhb Ahmadou Bamba.

Elle est de loin celle qui se sera le plus distinguée dans la célébration de la nuit du Laylat Al-Qadr à Touba.

De 1950 à 1999, Sokhna Maimounatou Mbacké Bintu Khadim Rassoul s’est donnée corps et âme  pour estampiller d’un cachet hautement important cet événement religieux musulman.

Les mourides du monde ont fini de lier son nom à la célébration de la nuit du Laylat Al-Qadr.

A juste raison, pourrait-on dire puisque la cadette de Cheikh Ahmadou Bamba  a commencé à célébrer cette nuit entre 1950 et 1952 .

Des sources concordantes racontent qu’à l’origine, alors qu’elle se trouvait à Darou Minane, elle avait choisi de préparer des repas à base de poulets ( 2) pour  l’offrir à son vénéré père, retourné vers son Seigneur depuis 1927.

A partir de ce jour , Sokhna Mai , consciente de l’importance que vouait son père à cette nuit du Laylat Al-Qadr, se résolut  à investir tous ses moyens afin de  manquer de son empreinte la célébration du Laylat Al-Qadr le restant de sa vie.

Ainsi jusqu’à 1999, jamais, cette nuit n’a été passée sous silence dans la cité religieuse.

Mis à part les repas copieux qu’elle offrait aux musulmans en abattant un nombre incalculable de bœufs, de moutons, de chameaux , de coqs, Sokhna Maïmouna Mbacké  faisait parcourir le Coran plusieurs centaines de fois à travers les 400 lieux de prières qu’ont compté Touba en son temps .

L’histoire raconte qu’un jour  en offrant à son frère Serigne Fallou Mbacké les repas qu’elle avait préparés pour célébrer cette nuit bénite , elle  n’avait épargné aucun de ses biens matériels.

« J’avais préparé ce repas pour Serigne Touba afin de marquer  cette nuit bénite . Sachant que vous êtes Serigne Touba pour avoir  l’honneur, aujourd’hui , de le représenter sur terre, alors j’ai pensé n’avoir rien de mieux à faire que de vous  les apporter »,  disait Sokhna Mai à son frère, Serigne Fallou .

Ce dernier acceptant bras ouverts le don devait prédire un avenir radieux pour son geste.

Sokhna Miamounatou, « Un Livre Saint ambulant »

Nombre astronomique de lecture du Saint Coran tous les jours, prières du jour, rigoureusement , respectées, éducatrice hors pair, docte sans pareille , une soufi aguerrie, Sokhna Mainmounatou Mbacké était de loin différente de ses contemporaines .

De Darou Moukhty en passant par Darou Wahab, Sokhna Mai a formé des centaines de femmes à l’apprentissage du Saint Coran.

Durant toute sa vie , elle a voué un respect profond à ses frères qu’elle considérait comme ses marabouts. Des sources racontent, d’ailleurs, qu’elle avait fait son pacte d’allégeance, successivement , à Serigne Modou Moustapha Mbacké , à Serigne Fallou Mbacké , à Serigne Abdou Lahad, à Serigne Abdou Khadre et à Serigne Saliou avant de quitter ce bas-monde en 1999.

Elle fut un grande agricultrice.

Ces champs étaient situés dans les parties Est et Ouest de Touba. Les produits tirés de cette activité étaient, exclusivement, destinés à ces « aadiya » et à la préparation du « Laylat Al-Qadr » ou la nuit du destin célébrée aujourd’hui…  .

Elle tenait aussi une embouche bovine dont la qualité des bêtes était reconnue de tous.

Elle fut, à tous les points de vue, une femme exceptionnelle.

Aujourd’hui, ses œuvres sont perpétuées par ses héritiers que sont Sokhna Bali Mbacké, Serigne Modou Mahfouz Mbacké et Serigne Cheikh Abdou Lahad Mbacké Gaindé Fatma .

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