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Traitement des effluents industriels : Maryam Mbacké comble les limites des méthodes classiques de dépollution

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La Sénégalaise Maryam Khadim Mbacké a conçu une technologie de traitement des effluents industriels plus adaptée aux pays en voie de développement. Les tests ont donné des taux de dépollution de l’ordre de 75 à 94 % selon le polluant ciblé.

La technologie a été validée par le Laboratoire d’électrochimie et des procédés membranaires de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

L’élimination des déchets industriels reste une équation pour les pays en voie de développement. Les procédés sont souvent coûteux pour les industries.

Une jeune sénégalaise, Maryam Khadim Mbacké, vient de concevoir une technologie dans le cadre de sa thèse axée sur : « Conception d’un procédé d’électrocoagulation pour le prétraitement des effluents industriels au Sénégal ».

La conception et la mise en œuvre d’un pilote d’électrocoagulation a comblé les limites des méthodes classiques d’élimination des effluents.

« Le coagulant chimique est généré continuellement par une dissolution anodique de l’aluminium dans la solution, permettant ainsi de traiter des eaux usées dont le traitement par des méthodes classiques est parfois impossible », a expliqué la polytechnicienne qui a travaillé sous la bannière du Laboratoire d’électrochimie et des procédés membranaires de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Lepm).

La candidate avait auparavant procédé à des essais dans une optique de déterminer les paramètres de conception. La méthode a une dose d’avantages comparatifs.

Elle est accessible et efficace. C’est une réponse concrète à un problème donné. La preuve, l’utilisation du pilote a donné de bons taux de dépollution.

« Le pilote conçu et fabriqué a été testé sur des eaux usées de tannerie et de tabac des d’industries locales. Des pourcentages de traitement variant entre 75 et 94 % selon le polluant ciblé ont été obtenus », a rapporté la chercheure.

La généralisation de la méthode
La mise en place de cette technologie va alléger les charges de traitement des déchets industriels.

Les entreprises auront actuellement moins d’excuses si elles se débarrassent de leurs effluents sans un prétraitement.

« Cette nouvelle méthode permettra aux entreprises désireuses de prétraiter leurs eaux usées de disposer d’une technologie adaptée, compte tenu du fait que ces eaux sont parfois très chargées en composés chimiques difficiles à éliminer par les méthodes classiques », a défendu Maryam Khadim Mbacké, restant ainsi fidèle à la ligne de conduite du Laboratoire d’électrochimie et des procédés membranaires de l’Ecole supérieure polytechnique (Esp).

La candidate Maryam Khadim Mbacké ne doute pas d’avoir contribué à éclairer un champ de recherche.

La Sénégalaise pourrait être à la base d’un renouveau des méthodes utilisées jusqu’ici pour réduire les charges polluantes des déchets.

« Cette thèse a, en effet, permis, d’une part, de bien comprendre les mécanismes réactionnels mis en jeu et, d’autre part , de proposer un modèle mathématique permettant d’envisager la généralisation de la méthode à tous les effluents industriels du Sénégal », a-t-elle rapporté.

Maryam s’est penchée sur cette problématique suite à l’expression des besoins des industriels du Sénégal qui sont tenus de traiter leurs déchets avant leur rejet, conformément aux mesures qui entreront en vigueur après la dépollution de la baie de Hann.

« Les industries sont sommées de mettre en place des procédés de prétraitement (en interne) avant un rejet vers un collecteur.

Les effluents industriels ayant pour la plupart un caractère difficilement biodégradable, un problème de technologie adaptée s’est posé.

Tout ce dont les entreprises disposent actuellement en termes de technologie, c’est une méthode classique de traitement des eaux usées qui est le plus souvent inadaptée », a informé la chercheure qui a obtenu la mention « Très Honorable ».

 

 

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