Visite pré-magal et Présidentielle 2019: Macky face à ‘’l’équation-Touba’’

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Macky se rendra à Touba le 25 octobre prochain. Une visite qui est pratiquement le remake de celle de l’année dernière, en pareille époque.

A chaque veille de Magal, le Président de la République rend une visite de courtoisie au Khalife général des Mourides, et profite de l’occasion pour en faire de même avec beaucoup de marabouts dont la liste est connue à l’avance.

C’est dans l’ordre protocolaire des choses. Mais la visite dépasse le simple cadre ‘’diplomatique’’.

C’est l’occasion de séduire, de gagner la confiance de la haute hiérarchie mouride en faisant bonne impression, déjà par l’importance de la délégation, mais aussi par les actes posés.

Malheureusement, comme toujours en pareil moment, comme une malédiction, des hommes et des femmes se font entendre pour dire qu’ils vont faire capoter la visite. Et il n’est pas opportun de ne pas les prendre au sérieux.

Alors, au Palais, on prend très au sérieux ces menaces.

Au moinsc une réunion s’est tenue secrètement sur la question afin de maximaliser les chances de réussite de la visite.

Macky est en train de voir, avec ses ouailles, sur quel levier il doit s’appuyer pour la réussite de sa visite à Touba. Mais, évidemment, ses préoccupations vont au-delà de celle-ci.

Il s’agit, pour le Président, d’entrer dans les bonnes grâces de Touba. Non pas le Touba de la classe maraboutique, mais le Touba des populations. Car, dans la ville sainte, Macky sait que la haute hiérarchie va l’accueillir à bras ouverts. Et qu’il n’a pas de soucis à se faire, à ce niveau

La vraie équation du président se pose en ces termes : Comment faire pour réussir la tendance qui veut que Touba, dans sa grande majorité, vote généralement pour Abdoulaye Wade ?

Jusqu’ici, tout avait été tenté, lais Touba reste une ville ‘’rebelle’’ qui tient tête à la majorité. Elle est toujours dans l’escarcelle de l’opposition et, en dehors d’Abdoulaye Wade, il faudra compter avec Pape Diop, Madické Niang et même Idrissa Seck dont la ‘’mouridité’’ n’est plus un secret.

Macky sait que ces nombreux électeurs lui tournent souvent le dos. Et il rêve de trouver la bonne recette, lui qui réussit à faire rallier certains hommes politiques parmi les plus irréductibles. Il a même tout récemment réussi à arracher un ‘’ndiguel’’ du côté de Tivaouane.

Cette équation-Touba pose la problématique des motifs de désamours entre Touba et Macky. On a accusé Moustapha Cissé Lô, le tonitruant député dont les sorties ont heurté plus d’un.

Mais ce n’est pas tout. Car, le président a écarté son lieutenant, responsabilisé des marabouts, sans pour autant réussir à gagner la confiance de la majorité.

Le problème est de savoir si ‘’Touba aime Wade’’ ou ‘’Touba est contre Macky’’. Car, s’il s’agit d’un amour pour Wade, tant que le Pape du sopi sera actif politiquement, il sera difficile de renverser la tendance.

Mais s’il s’agit d’un désamour pour Macky, des efforts pourront être faits pour satisfaire les frustrés.

Il se peut également qu’il y ait les deux à la fois. Surtout pour certains habitants de la ville sainte. L’emprisonnement de chefs religieux, la déclaration sur le ‘’marabout-citoyen ordinaire’’, la problématique des passeports diplomatiques, de certains avantages naguères octroyés, sont autant de ‘’freins’’ qui plombent les relations.

Il s’avère aussi que Wade et sa famille sont très appréciés à Touba. Et pour cause ! Il a apporté beaucoup de satisfactions aux talibés lorsqu’il était aux affaires. Il possède un charisme et un sens de la communication qui lui est propre et qui, souvent, convainc.

Il est généreux et sait pardonner. Il peut reconnaitre ses torts et n’hésite pas à faire mea culpa.

Et sur ces points, il diffère de Macky qui rappelle beaucoup Abdou Diouf à qui il ressemble le plus, par moments.

Macky est plus ‘’froid’’ et jusqu’au-boutiste. Il est revanchard et vindicatif.

Il peut être généreux, mais n’arrive pas Wade à la cheville.

Comme quoi, le manque de réussite à Touba peut être examiné non pas dans les facteurs objectifs de politique interne, mais dans ceux subjectifs des rapports individuels entre Macky et la population de la ville sainte.

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