Yaye Fatou Diagne Mboup: «Le Pudc gagnerait mieux en mettant d’avantage à profit l’expertise locale»

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Le maire de Ngathie Naoudé, Yaye Fatou Diagne  continue de se poser des questions sur l’importation  des machines qui auraient pu être fabriquées par les artisans sénégalais. Dans un entretien qu’elle a accordé à «L’As», Mme Mboup déclare que dans le cadre du PUDC, l’Etat gagnerait à mettre à contribution l’expertise locale.

Située dans le département de Guinguinéo, la commune de Ngathie Naoudé est selon son premier magistrat dépourvue de tout. Pour, l’édile de la commune, rien ne marchait à son arrivée dans cette commune. «J ai trouvé une municipalité où même la maison communautaire n’était pas fonctionnelle. Sur les quarante deux villages que compte la commune, seuls deux villages sont électrifiés. Et l’électrification du second village porte ma marque. C’est moi qui ai électrifié le second village avec mes propres moyens. De 1960 à nos jours, l’Etat n’a électrifié qu’un seul village», fulmine Yaye Fatou Diagne visiblement très affectée par la situation de précarité qui sévit dans son Ngathie natal. Pour Mme Mboup, les populations de la commune de Ngathie Naoudé ont toujours été victimes d’une injustice qu’il faut à tout prix réparer. « Nous sommes une collectivité défavorisée par un système. L’Etat n’avait rien fait pour Ngathie et pourtant, nos parents payaient leurs impôts au même titre que les autres » tonne-t-elle.

Défis à relever

En effet, malgré la précarité financière qui sévit dans sa commune, l’élue locale considère que les populations qu’elle administre sont loin d’être pauvres. « Pour moi la pauvreté n’est pas une situation de précarité financière mais plutôt un état d’esprit. Seulement, nous ne savons pas rentabiliser ce que nous avons. Je suis donc venue apporter mon expertise afin d’amener les populations à savoir vivre avec ce que produit Ngathie», dit Yaye Fatou Diagne. A cet effet, l’une des priorités sur lesquelles elle compte accentuer sa politique demeure essentiellement l’autonomisation de la femme et l’emploi des jeunes. « En zone rurale, la femme se réveille à quatre  heures du matin pour le moulage du mil qu’elle fait jusqu’à sept heures. Ce qui impacte sur son temps de repos et sur sa santé. Nous allons d’abord combattre ce fléau en mettant fin au décorticage et au moulage à la main », propose-t-elle. La modernisation de l’agriculture figure également en bonne place dans le programme de développement d’urgence de Ngathie Naoudé.

Pertinence du PUDC

Interpellée sur la pertinence du Programme d’urgence de développement communautaire, Yaye Fatou Diagne Mboup déclare que le Pudc est certes un programme très ambitieux qui arrive à son heure mais aurait pu être amélioré. « Nous en  sommes dans la première phase et j’ose espérer que des rectifications seront apportées dans les phases suivantes. » A l’en croire, l’expertise locale aurait du être davantage mise à profit dans ce programme. Vantant les talents des artisans sénégalais, Mme Mboup considère que les locaux sont capables de fournir à l’Etat la mécanisation dont il a besoin. «On achète des machines en Chine ou en Inde qu’on vient implanter à Mbéllacadiao par exemple. Et si les machines tombent en panne, il y a un problème de service après vente » narre-t-elle non sans dire qu’aujourd’hui on aurait du dépasser les programmes de distributions de moulins. « Combien de moulins ont été distribués aux mêmes personnes de 1960 à nos jours ? Et on continue de distribuer encore. Cela veut dire qu’il y’a problème», s’interroge le maire de Ngathie.

 Survie de son mouvement

Se prononçant sur le Mouvement pour le Renouveau Patriotique (MRP) dont elle est la présidente, Yaye Fatou Diagne fait savoir qu’elle ne fait pas de la politique politicienne. Son objectif premier, dit-elle était de gagner la commune de Ngathie Naoudé. Toutefois, elle reconnait que comme tout mouvement politique, le sien a aussi des ambitions qui dépassent de loin les frontières d’une commune. « Nous avons une vision de modèle de développement que nous testons sur le plan local. Si ca marche, nous l’étendrons à l’échelle nationale», dit-elle.

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