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À la Fidak, le riz local fait sa promotion à peu de frais

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Les producteurs de riz local ont fini de prendre leurs quartiers au deuxième jour de la 24e Foire internationale de Dakar (FIDAK), transformant le Centre international du commerce extérieur (CICES) du Sénégal une sorte de « riceland », alors même que la plupart commencent à s’installer à peine.

« Notre riz est meilleur que le riz importé, il est neuf, il a moins d’amidon et puis la durée de stockage du riz importé est souvent très longue », affirme Bassirou Bassirou Gaye, installé devant son stand, celui de Teranga Entreprise.

Comme M. Gaye, plusieurs autres exposants rencontrés sur le site dénommé « Riz du Sénégal », au cœur du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES), affirment sans ambages que « le riz sénégalais est bien meilleur que celui importé, car moins coûteux et peu sucré ».

Selon des données recueillies auprès de ces acteurs de l’industrie du riz, qui viennent pour la plupart de la Vallée du fleuve Sénégal, dans la région de Saint-Louis, le prix d’un sac de 25 kilogrammes de riz oscille entre 7.500 et 11.000 francs CFA selon la variété.

« Le riz sénégalais a beaucoup de substances nutritives, comparé au riz importé dont on ne connait pas toujours la date de production qui peut souvent aller jusqu’à deux ans’’, soutient Ngouda Ndiaye de Diawel Production.

« Le riz que nous proposons ici a été récolté en mars 2015. Il a un taux de sucre moins élevé que le riz importé », détaille-t-il.

Aby Ndiaye, représentante de l’entreprise Korkarice, affirme également que le riz local « est pur » avec une durée de stockage excèdant « rarement les six mois puisque nous faisons deux récoltes par saison ».

« Sa teneur en sucre est moindre et donc adapté à l’alimentation des diabétiques. Il y a d’ailleurs une différence entre un plat de thiéboudieune (plat national sénégalais) fait base de riz local et celui fait avec du riz importé », argue-t-elle, en laissant glisser des graines de riz entre ses doigts.

Selon Alioune Boye, responsable administratif et financier chez Mbodj et Frères, un Groupement d’intérêt économique (GIE) qui travaille dans la production de riz, « quand on parle de riz neuf, c’est du riz qui a un temps de stockage très bref (…)’’.

Selon lui, « plus la durée de stockage du riz est longue, plus sa teneur en sucre augmente, puisqu’il y a naturellement du sucre dans le riz ».

« Notre riz se digère rapidement mais avec le riz importé, vous sentez après consommation des bulles de gaz dans le ventre. Notre riz est beaucoup plus naturel, contrairement au riz importé dans lequel on injecte beaucoup de produits », poursuit-il.

Aussi, les Sénégalais « consomment de plus en plus du riz local », si l’on en croit M. Boye.

« Avant, nous avions des problèmes de qualité et de rupture de stock qui faisaient que même lorsque les gens appréciaient et achetaient du riz local, quand ils revenaient quelques temps après, il n’y en avait souvent plus’’, note-t-il.

« Mais ce sont des problèmes qui sont maintenant résolus, on peut dire que dans la Vallée (du fleuve Sénégal), nous tendons vers un réel professionnalisme », indique-t-il.

Devant le stand du ministère sénégalais en charge du commerce, dans le même périmètre que les exposants du riz local, Babacar Sembène, le directeur de l’exploitation de l’Agence de régulation des marchés (ARM), relève que « la consommation de riz au Sénégal est de l’ordre 800.000 tonnes par an ».

« Actuellement, la production annuelle de riz au Sénégal est de 280.000 tonnes, même si ce chiffre va grimper et pourra atteindre entre 350.000 et 400.000 tonnes en 2015 », dit M. Sembène.

Selon lui, ces chiffres expliquent le fait que le Sénégal « importe beaucoup de riz’’. Or, faut-il valoir, ’’plus la production de riz évolue, plus on essaye de régulariser les importations pour faciliter la commercialisation du riz sénégalais « .

« Mais avec le volet agricole du Plan Sénégal émergent, on a espoir d’atteindre le million de tonnes de riz blanc d’ici deux ans, mais ça ne sera pas facile », prévient le responsable de l’ARM.

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