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Absence d’infrastructures socioéconomiques de base à Kaffrine : Macky annonce une série de mesures

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Kaffrine vit mal. C’est devenu une lapalissade de le dire. Elle souffre de son potentiel inexploité, de son enclavement, de la non-valorisation de son capital humain. Bref de son oubli. Le forum économique tenu en marge du Conseil interministériel et présidé par le chef de l’Etat a été un moment pour les représentants de la population de formuler une kyrielle de doléances que Macky Sall a promis de satisfaire.

Le forum économique portant sur le thème «Quelles stratégies pour un développement auto-concerté des ressources agro-sylvo-pastorales de la région de Kaffrine» a vécu mardi. De l’avis de Samba Diop de l’Agence régionale de développement (Ard) de Kaffrine, pour développer Kaffrine, il faut une installation de domaines agricoles communautaires, le renforcement de la mise en place de semences certifiées, le développement de l’aquaculture, le désenclavement de la région, la mise en place de structures semi-industrielles pour l’emploi des jeunes, le renforcement du réseau de communication. Et dans ce sillage, les différents intervenants ont égrené un chapelet de doléances. Appelée à prendre la parole au nom des femmes, le député Nafi Ndiogou a fustigé le fait que les femmes soient laissées en rade dans l’octroi des financements. «Nous avons dénombré 980 organisations en 2010, mais aucune n’a reçu de financement.» Pour elle, «les femmes souffrent de cette discrimination et ce d’autant plus qu’avec l’ex ministre Anta Sarr, 153 projets ont été sélectionnés et des promesses de financements de 90 millions de francs Cfa avaient été avancées, mais à ce jour, aucune organisation n’a reçu de financement, alors que l’Etat est une continuité». Nafi Ndiogou souhaite aussi que ces sœurs aient accès aux intrants, à la terre, aux semences, aux aliments de bétail et autres matériels agricoles.
A la suite de Nafi Ndiogou, le représentant des organisations paysannes a plaidé pour la réhabilitation des coopératives agricoles, l’épongement des dettes d’environ 22 milliards que les producteurs doivent à la Cncas, mais aussi et surtout le règlement de l’affaire de la Suneor. Samba Sall, au nom des éleveurs, demandera un siège, une lutte accrue contre les feux de brousse. Invité à prendre la parole au nom des jeunes, Ibrahima Sène, président du Conseil régional de la jeunesse, a demandé «l’assainissement de la ville de Kaffrine pour mettre fin aux inondations, la construction des Cdeps de Koungheul, Malem Hoddar, Birkelane, mais aussi et surtout des financements aux jeunes pour lutter contre le sous-emploi, parce qu’être jeune à Kaffrine, c’est être confronté à un environnement hostile».

135 km de pistes rurales, 435 salles de classe… promis
Répondant à toutes ces doléances, le chef de l’Etat a annoncé la construction de trois brigades de gendarmerie dans la région de Kaffrine pour «lutter efficacement contre l’insécurité et le vol de bétail qui est récurrent et cela en dépit de la loi votée récemment contre ce phénomène». Macky Sall qui a laissé entendre que Kaffrine est le barycentre du Sénégal, souhaiterait que l’Etat tienne compte des potentialités de cette région qui est la 1ère productrice d’arachide avec 142 mille 538 tonnes, la 1ère productrice de pastèques avec 40 mille tonnes et la 3ème productrice de céréales avec 150 mille 822 tonnes, derrière Matam et Saint-Louis. Pour le chef de l’Etat, Kaffrine souffre de manque d’infrastructures routières, de pistes de production et de forages. L’électricité aussi fait défaut. C’est la raison pour laquelle avance le président de la République, la vieille doléance qui date des indépendances, à savoir le bitumage de la route Kaffrine-Nganda pour une valeur de 12 milliards, sera réalisée cette année, 135 km de pistes rurales seront construites. Sur le plan sanitaire, le chef de l’Etat a annoncé la construction prochaine de l’hôpital de Kaffrine, le relèvement du plateau sanitaire du centre de santé de Khoungheul, l’affectation de 8 médecins, 40 sages-femmes et 20 infirmiers d’Etat avant la fin du mois d’avril dans la région de Kaffrine. Il a aussi annoncé la construction de 435 salles de classe et 6 nouveaux collèges d’enseignement moyen. Un montant de 10 milliards est prévu pour le campus de l’Université Cheikh Ibrahima Niasse de Kaolack qui sera érigée à Kaffrine. Parlant du secteur de l’hydraulique, le chef de l’Etat a confié que l’Etat va injecter 2 milliards pour la déferisation avec la réalisation de 52 forages.
Sur la doléance relative aux financements des femmes, il a confirmé le député Nafi Ndiogou pour dire que l’Etat est une continuité et qu’à ce titre, il va donner des istructions au ministre de la Femme pour qu’elle octroie les financements que son prédécesseur, Anta Sarr, avait promis.
S’agissant de l’emploi des jeunes, MackySall a annoncé des financements de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej) pour un montant de 225 millions de francs. Le chef de l’Etat a aussi évoqué une ligne budgétaire de 500 millions de francs à la région de Kaffrine pour l’érection d’une chambre froide et de stockage d’une capacité de 60 tonnes pour pallier l’absence d’aliments nutritionnels comme le poisson. «En plus de cette structure de stockage de 60 tonnes, nous avons prévu de construire une fabrique de glace d’une capacité de six tonnes par jour pour contribuer à la conservation des aliments de nutrition tels que le poisson. Il est prévu l’affectation de camions frigorifiques d’une capacité cumulée de 15 tonnes», s’engage Macky Sall, qui s’est fortement réjoui de l’accueil qui lui a été réservé par les populations de Kaffrine. D’ailleurs, il n’a pas hésité à dire que «Kaffrine a remporté la palme en termes de mobilisation depuis le début des Conseils de ministres décentralisés».

Le Quotidien

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