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Aliou Sall à la tête de l’Uael: Les conséquences d’une accumulation suspecte

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Aliou Sall président de l’Uael, cela n’a duré que le temps d’une rose. Face au tollé suscité par sa dernière nomination, le maire de Guédiawaye a préféré jeter l’éponge. Avant de se plaindre des conséquences de ses liens familiaux avec le président de la République.

Finalement, Aliou Sall n’aura été le président de l’Union des associations des élus locaux (Uael) que le temps d’une rose. En 48 heures, il aura été désigné, chahuté et presque contraint à la démission. Il a abandonné la partie avec une certaine amertume et nervosité. On l’a senti à travers les colonnes du journal l’Observateur, accuser ‘’des acteurs politiques manipulateurs et une presse facilement manipulable’’, selon ses termes. Aliou Sall a été ‘’emporté’’ par le débat sur la monarchisation de l’Etat. Maodo Malick Mbaye n’a pas hésité à qualifier l’image de ‘’puante’’ et ‘’répugnante’’. Pour le leader du mouvement Guem Sa bopp, c’est une marche vers l’inféodation du pouvoir local au pouvoir central. D’aucuns y ont même vu deux frères qui sont l’un président de la République, élu au suffrage direct ; et l’autre, une sorte de vice-président élu au suffrage indirect. Le fameux et éternel débat sur la supposée ou réelle dynastie Faye-Sall.

Des affirmations dégagées en touche par le porte-parole de l’Alliance pour la République (Apr). Joint par téléphone, Seydou Guèye est catégorique : ‘’C’est tout faux, cela ne procède pas d’une succession dynastique. On comprend ce qu’a été la tentation monarchique avec Wade. Ce n’est pas l’Apr qui est arrivé au pouvoir grâce à la forte mobilisation contre cela qui va procéder à une gestion dynastique’’. Si l’on en croit le porte-parole de l’Apr, Aliou Sall a été élu parce qu’il y a deux principes qu’il remplissait : un, il avait les qualités d’un candidat, parce qu’étant maire ; deux, ‘’la règle postule une alternance entre les deux ordres de collectivités’’.

Pour lui, le débat fondamental, c’est qu’on est dans une République. Par conséquent, on ne peut pas s’accommoder de la qualité de super-citoyen. Mais de la même manière, il ne doit pas y avoir de sous-citoyen. C’est-à-dire un citoyen qui n’aurait pas certains droits parce qu’appartenant à une telle ethnie ou étant le frère d’untel. A son avis donc, Aliou Sall a bel bien la possibilité d’être le président de l’Uael. ‘’Cela n’est incompatible ni à l’éthique ni à l’élégance républicaine, d’autant plus que l’entité est le fruit de pouvoir décentralisé qui n’est en aucune manière un ordre de pouvoir à l’intérieur de l’Etat central’’. De ce fait, il estime plutôt que c’est l’acte d’Aliou Sall (démission) qui mérite d’être salué.

Malgré tout, le titre ‘’frère de…’’ reste difficilement réfutable. Inconnu du grand public avant l’arrivée de son frère au pouvoir, Aliou Sall a pris de l’importance avec l’élection de son frangin à la tête de l’Etat. Le rappeur Malal Tall alias fou malade a battu campagne contre lui, parce que le considérant comme un responsable politique importé, voire imposé. Pour qu’il soit maire, il a fallu d’abord que Malick Gackou, pourtant bien placé, se fasse harakiri, afin de lui céder le passage. Ensuite, les autres responsables de l’Apr comme Abdoulaye Diouf Sarr, Mor Ngom, entre autres se sont désistés à son profit pour qu’il devienne président de l’Association des maires du Sénégal (Ams).

Aliou Sall se plaint du fait que ses liens de parenté avec Macky Sall lui portent tort sur le plan politique et professionnel. Pour les activités professionnelles, peut-être. Mais pour la politique, il serait important qu’il se pose cette question de Cheikh Hamidou Kane : ‘’Ce que nous gagnons vaut-il ce que nous perdons ?’’

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