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Avons-nous un Président insensible ?

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Depuis que ces meurtriers, d’un autre genre, ont commencé à ôter de la manière la plus sordide possible la vie d’enfants sénégalais, il fallu qu’il soit interpellé au cours d’une interview à la radio (émission Rfm matin) pour en parler. « J’ai appris avec beaucoup de consternation la douleur des rapts et crimes odieux commis contre les enfants », a déclaré le chef de l’Etat, de l’autre bout du fil avec le journaliste Babacar Fall.

Monsieur le Président, permettez-nous de douter de l’immensité de votre douleur, face à ce phénomène qui a fini d’installer une « angoisse existentielle » dans les familles sénégalaises.

Vous vous êtes envolés mardi vers Kigali pour les besoins d’un sommet de la Francophonie, sans piper mot de la tragédie qui a secoué lundi 19 mars, toute la ville de Rufisque.

Serigne Fallou Diop, 2 ans et 6 mois seulement, découvert dans un sac en plastique jeté jardin au quartier Gouy Mouride.

Moins d’un mois avant, Un autre Serigne Fallou, répondant au nom de Ba, et âgé de 7 ans a été retrouvé dans de plus ignobles circonstances au quartier Keur Niang de Touba.

Il a été égorgé et abandonné dans un bâtiment en chantier. Et là encore, pas un seul mot du chef de l’Exécutif.

Dans la même période, une fille de 8 ans a été violée et tuée à Mbao (Dakar)…

Nous vous passerons les autres cas de meurtres d’enfants.

Nous nous réjouissons des mesures que vous avez annoncées pour stopper le phénomène. Mesures qui ont été confirmées mardi par le Directeur de la sécurité publique Abdoulaye Diop, lors de son face à face avec les journalistes.

Un Président, ça ne vient pas fourrer sa langue sur tous les sujets de société qui touchent son peuple. Certes… ​Les tâches qui vous sont confiées sont immenses et vous manquez de temps.

Certes encore… Vous avez des ministres et un gouvernement qui, même s’ils réagissent souvent un peu tardivement, font le déplacement auprès des familles éplorées pour présenter les condoléances de la Nation.

Certes toujours…

Mais il s’agit là de vos enfants M. le Président. Ce sont 65% de leurs papas et de leurs mamans qui se sont levés un matin de 26 mars 2012, pour aller dans les urnes et mettre leur confiance en vous.

Ce n’est même pas une question de reconnaissance, mais un devoir que vous avez envers toutes les familles sénégalaises, que vous avez juré, la main sur la Constitution, de protéger et d’assister.

M. le Président, quant il se produit un drame sur le territoire national, rappelez-vous que vous êtes le premier, sinon le seul à même de calmer, rassurer, apaiser le peuple.

Dans les Réseaux sociaux, dans la rue, dans les foyers… la phrase qui revient le plus souvent traduit un peuple qui se sent abandonné par son chef, surtout quand il traverse les pires tragédies de son temps.

« Il est pourtant allé marcher à Paris pour soutenir Charlie (le journal satirique français Charlie Hebdo, attaqué par des terroriste en 2015, pour avoir caricaturé le Prophète Mohamed) », ont-ils désespérément dit aux lendemains de la trentaine de morts dans l’incendie du Daaka (2017), du chavirement de la pirogue à Bettenty qui a fait 17 morts, de l’accident sur la route du Magal 2018, qui a fait plus de 20 morts, du massacre de 14 personnes dans la forêt de Boffa Bayotte…

Moi, je refuse de croire que vous êtes une âme insensible…Peut-être juste un homme de plus en plus isolé des vraies réalités de son peuple, par un entourage politicard.

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