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Bamba-Thierno: des retrouvailles, une célébration

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Tout proche qui part est censé nous manquer souvent à tel point que nos pensées convergent vers l’idée de quand sera le retour de la délivrance.

Les jours défilent, la nostalgie se corse, les nuits s’éteignent et le vide cumule davantage des forces.

Si Dieu fait que le retour se présente, le cœur nostalgique saute dans tous les sens, c’est l’euphorie et l’apparition de la joie retrouvée.

Cependant, les départs diffèrent, les retrouvailles sont habitées par des contextes opposés; ce qui rend unique la célébration.

Les actions portées par ceux qui se retrouvent ici sont toujours inscrites dans un registre de foi et de spiritualité.

Il convient d’appréhender deux actes cumulatifs que sont un départ et une confiance.

Ce départ constitue à bien des égards, une mise à l’épreuve de Thierno qui, malgré les preuves tant de fois fournies sur sa renommée de vaillant résistant, serait cible de quelques défauts de conviction alimentant soit le jaloux, soit le détracteur affirmé.

Le départ de Bamba ne reposait sur aucun calendrier ou aucune programmation révélée(Zaahir) qui aurait décidé d’une durée qui renseignerait sur s’il fallait adopter une belle patience devant une longue attente ou s’il fallait fermer les yeux un petit instant pour que le départ et le retour soient sans fossé.

Par contre, ce qui est su, c’est que l’absence ne fut pas prompte. Si nous écartons comme il se doit, les bras qui furent acteurs dans un scénario réel sans y plonger leur volonté, nous dirons que le départ a été la pleine façon de balayer les audaces difficilement et tristement domptables qui réfutaient encore la dimension de Cheikh Ibrahim.

Par conséquent, Bamba part et laisse derrière lui un homme en qui il place sa confiance tout en étant certain de retrouver lors d’un certain retour, l’arbre de sa demeure avec ses branches sans conflits et avec ses branches au complet.

Quand il a fallu maintenant agir dans le cadre de l’âpre entretien de cette confiance, dans un climat loin de toute évidence, Thierno a rassuré les convaincus et défait les sceptiques et les sombres silhouettes.

En effet, le colon qui avait pris l’absence de Cheikh Bamba comme l’occasion inespérée de faire table rase de tout ce qu’il avait bâti, s’est rendu compte à sa plus grande surprise, que le dépositaire de la confiance est aussi inflexible qu’est insurmontable celui qui est parti.

Le colon s’est mis à le déloger de lieu en lieu; ce qu’il acceptait le plus souvent, conformément à son caractère pacifique et au fait que le changement de lieu n’ébranlait en rien l’esprit de ce qui lui est confié.

Cependant, si tenté que l’était le colon de s’attaquer à un aspect fondamental, il se dressa à travers son chemin pour écourter ses tentatives à moins que cela se fasse post-mortem mais jamais de son vivant.

Voilà une magnifique tactique de résistance qui laisse jaillir tout un océan de détermination. Voilà quelqu’un qui fait de son honneur, une jalouse préservation.

Pendant des années dans cet environnement bourré des plus redoutables hostilités, Cheikh Ibrahim est parvenu à maintenir le mouridisme sans fissure, la famille de Bamba sans faim et les mourides sans regrets.

Quand surgissaient des dangers, des sinistres ou des maladies, il s’exposait tout en exposant sa famille dans l’espoir de voir la descendance du Cheikh en sortir indemne.

Qui oserait prétendre détenir une once de dignité capable de rivaliser avec l’imposante dignité du petit-fils de Serigne Koki Ndiaga Issa? Je n’espère réponses ni de l’occident ni de l’orient.

Bamba qui part, Thierno qui reste. Bamba qui revient, Thierno qui gagne sans conteste.

Suite à ces péripéties, ces périls, ces combats acharnés, ces jours et nuits de refus qui accouchent d’une victoire, d’une grandeur, d’un honneur renforcé, d’une dignité consolidée, d’une confiance mise à l’épreuve et qui triomphe dès le début des choses; il ne peut y avoir qu’un mot qui sied à l’instant: célébration.

La célébration des retrouvailles n’est pas justifiée par l’envie de voir l’autre du fait de l’œuvre de la distance.

C’est la célébration avant et après tout du triomphe d’un accord mutuel de confiance qui tient pour base l’islam, à travers l’une de ses passerelles: le mouridisme.

Nous devons apprendre de cette célébration, qu’il est nécessaire pour chaque individu d’avoir des principes et des valeurs qui sont à même de survivre aux attaques, aux tortures et aux différentes contraintes auxquelles il est susceptible de s’exposer.

Alors célébrons les retrouvailles dans la ferveur divine!

Thierno Clapien Guéye

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