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Bibo Bourgi à Me El Hadj Diouf : «Je ne réponds pas à quelqu’un qui a…»

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L’audition de Bibo Bourgi est entrée hier dans une phase décisive avec la prise de parole des avocats de l’Etat. Le complice présumé de Karim Wade s’est contenté des ses déclarations antérieures.

«Je ne réponds pas à un avocat qui avait souhaité ma mort»
Changement de ton à la barre de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Jusque-là interrogé en douceur par le président Henri Grégoire Diop et le Parquet spécial, Ibrahim Aboukhalil Bourgi dit Bibo, accusé d’avoir aidé ou assisté Karim Meïssa Wade dans la consolidation de l’enrichissement illicite, est passé hier aux mains des redoutables avocats de la l’Etat. Les questions et observations de la partie civile n’ont pas été à l’avantage du complice présumé de l’ancien ministre. Et c’est Me El Hadji Diouf qui a ouvert le bal. Face à l’avocat, qui avait annoncé sa fuite, Bibo Bourgi est catégorique : «Je ne vais pas répondre aux questions d’un avocat qui avait souhaité ma mort.» Le patron de Bourgi Transit n’a pu digérer les sorties de Me Diouf, après son évacuation en France, pour des raisons médicales. «Par respect pour la Cour et la partie civile, je ne vais pas répondre. Je maintiens ma réponse antérieure», a dit le prévenu, malgré l’instance de Me Diouf.

Me El haj Diouf : «Je l’attends de pied ferme à la confrontation»
Me Diouf a demandé à la Cour d’en tirer ses propres conclusions quant à la manière avec laquelle l’ami de Karim Wade veut mener son procès. «Je ne vais pas jouer dans son jeu. Je l’attends de pied ferme à la confrontation», a-t-il déclaré, avant de passer le témoin à Me Moussa Félix Sow. Ce dernier s’est employé à pilonner les positions de Bibo Bourgi. Et Me Sow de rappeler : «Le 14 janvier 1999, le Tribunal régional hors classe de Dakar avait condamné Ibrahima Khalil Bourgi et Samir Bourgi pour banqueroute frauduleuse à deux ans de prison avec sursis et à payer 100 millions de francs au plaignant Hachem Yazback.» Selon lui, les mis en cause avaient subtilisé, avant de vendre, le matériel de la Société sénégalaise de plastiques et divers (Soplad), déclarée en faillite.

«Je suis là pour défendre mon honneur et non Karim Wade ou un autre»
L’avocat a dressé un portrait peu flatteur de Bibo qui, dit-il, ne veut point révéler l’implication de son ami (Karim Wade) dans les sociétés visées par l’arrêt de renvoi. Sur ce, le prévenu répond : «Je suis devant la Cour pour défendre mon nom, mon honneur et mon patrimoine. Je suis là pour la manifestation de la vérité. Je ne suis pas devant la Cour pour défendre qui que ce soit, que ça soit Kaim Wade ou un autre.» Moment choisi par un autre avocat de l’Etat, Me Yérim Thiam, qui a pris la balle au rebond.

Bibo : «Je suis fatigué»
L’ancien bâtonnier est parvenu à prendre à défaut le prévenu. Il s’est adonné à un rappel de difficultés rencontrées avant 2000 par Bibo Bourgi dans le fonctionnement de ses sociétés. Alors, d’une voix devenue hésitante, il reconnaît : «Avant, mon patrimoine était largement suffisant pour me permettre de réaliser mes projets.» Avant de poursuivre : «De grâce, qu’on me pose des questions qui ont un rapport avec ce que l’on me reproche. Je suis fatigué. Depuis quatre jours, je fais des effort considérables pour répondre aux questions.» Les réponses du prévenu ont un brin agacé l’avocat. Henri Grégoire Diop le raisonne : «Ils (les avocats de l’Etat) ont le droit de poser toutes les questions qu’ils souhaiteraient. Vous avez le droit de répondre ou de ne pas répondre.»

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