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Comment l’Etat du Sénégal recycle l’argent des Sénégalais au Luxembourg ? (exclusif)

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Dans le cadre du procès pour enrichissement illicite contre Karim Wade, l’Etat du Sénégal et le Procureur Spécial de la CREI reprochent et poursuivent les opérateurs économiques Ibrahim Aboukhalil, Karim Aboukhalil et Pape Mamadou Pouye parce qu’ils sont actionnaires de sociétés comme AHS à travers des sociétés holdings basées au Luxembourg qu’ils qualifient de paradis fiscal et que pour cela ils seraient les prête-noms de Karim Wade.

Au même moment et cela, depuis plusieurs années, l’Etat du Sénégal à travers son Ministre de l’Economie et des Finances a emprunté plus d’un (01) milliards de dollars US, à savoir plus de 500 milliards de Francs CFA, et le paradis fiscal du Luxembourg pour non seulement emprunter, mais également gérer ses emprunts. Cela est incohérent et grave de la part de l’Etat du Sénégal qui reproche à travers le Procureur Spécial de la CREI, à des privés sénégalais n’ayant jamais bénéficié de marchés publics de baser leurs sociétés au Luxembourg alors que le Ministre de l’Economie et des Finances Amadou BÂ, confie la gestion d’une bonne partie de la dette extérieure du Sénégal et de ses emprunts obligataires internationaux à des sociétés basées dans le paradis fiscal du Luxembourg à qui l’Etat vire chaque année des centaines de milliards de nos Francs CFA.

  • D’abord les titres d’emprunt de l’Etat du Sénégal, à savoir les obligations internationales (EUROBOND) émises par le Sénégal sont cotées à la bourse du Luxembourg pour plus de 500 milliards de Francs CFA ;
  • Ensuite, l’Etat du Sénégal a mandaté un intermédiaire basé au Luxembourg qui assure la gestion sa dette, de ses obligations, des titres d’empruntsdu Sénégal et de la dette EUROBOND du Sénégal. C’est la société luxembourgeoise CLEARSTREAM qui a été mandatée pour cela par le Ministre de l’Economie et des Finances et qui agit pour le compte de l’Etat du Sénégal. A cet effet :
  • Donc régulièrement, l’Etat du Sénégal transfère des centaines de milliards de Francs CFA dans le paradis fiscal du Luxembourg à la société CLEARSTREAM Luxembourg pour régler les intérêts de la dette contractée auprès des investisseurs obligataires ;
  • chaque année, l’Etat du Sénégal transfère des milliards de Francs CFA dans le paradis fiscal du Luxembourg à un intermédiaire, la société CLEARSTREAM Luxembourg pour rembourser de sa dette obligataire auprès des investisseurs moyennant une confortable rémunération d’intermédiation ;
  • au total, c’est plus de 500 milliards de Francs CFA que l’Etat du Sénégal a transféréet va transférer dans le paradis fiscal du Luxembourg à la société CLEARSTREAM Luxembourg pour payer les intérêts d’emprunt et rembourser sa dette, et cela va se poursuivre jusqu’en 2024, c’est-à-dire, jusqu’au remboursement total de l’emprunt obligataire (EUROBOND) lancé par le régime du Président Macky Sall en 2014 ;

 

  • mieux, la majorité des investisseurs qui ont souscrit à ces différentes émissions obligataires de l’Etat du Sénégal et qui ont prêté de l’argent à l’Etat du Sénégal sont basés dans des pays qualifiés de paradis fiscaux (Iles Vierges Britanniques, Luxembourg, Iles Maurice, Panama et autres…). L’Etat reproche à des opérateurs économiques du Sénégal d’avoir des sociétés au Luxembourg, alors qu’au même moment, il emprunte des centaines de milliards de Francs CFAvenant en partie des paradis fiscaux du Luxembourg, des BVI et autres etc.… et qui permettent à l’Etat du Sénégal de payer le salaire de ses fonctionnaires, de régler les retraités, de financer les routes et divers projets d’investissement ;

  • l’Etat du Sénégal utilise largement les paradis fiscaux qu’il qualifie d’opaques, de centres permettant l’évasion fiscale pour emprunter de l’argent pour financer son plan Sénégal Emergent.

Les relations de l’Etat du Sénégal avec les paradis fiscaux dont le Luxembourg ne s’arrêtent pas aux emprunts. L’Etat du Sénégal contracte, signe des marchés tous les jours avec des pays qu’il qualifie de paradis fiscaux.A titre d’exemple, la société TIGO titulaire de la seconde licence de TELECOM GSM a pour actionnaire la société MILLICOM CELLULAR basée au 2, rue du Fort Bourbon, L-1249 au Luxembourg. Cette même société vient de payer à l’Etat du Sénégal 50 milliards de Francs CFA au titre du règlement à l’amiable de la seconde licence de téléphonie mobile.

Egalement, le grand groupe sidérurgique ARCELOR MITTAL qui était en charge du projet minier de MIFERSO est basé au Luxembourg au 19, avenue de la Liberté. Ce groupevient d’ailleurs de signer un accord opaque qui fait scandale et qui a fait perdre aux sénégalais 2 000 milliards de Francs CFA, l’Etat du Sénégal ayant reçu dans des conditions opaques et douteuses la modique somme de 70 milliards de Francs CFA.

Enfin, beaucoup d’autres opérateurs sénégalais basés au Luxembourg, aux Iles Vierges Britanniques (BVI), à Madère (Açores), à Genève (Suisse), au Liechtenstein ou dans d’autres paradis fiscaux bénéficiant eux de marchés de l’Etat sont payés tous les jours sur le budget l’Etat du Sénégal.

POLITICO.SN

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