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Controverse autour du procès de Hissein Habré : Des juristes dissipent les inquiétudes

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A moins de deux semaines de l’ouverture du procès de l’ex-Président tchadien, Hissein Habré, des juristes, rencontrés hier, dans le cadre d’une conférence sur le droit pénal international, estiment que le jugement sera équitable. Même si l’accusé refuse de reconnaître les Chambres africaines extraordinaires (Cae).

Le procès de l’ex-Président tchadien, prévu le 20 juillet place le Sénégal, au cœur de la justice internationale. Magistrats, avocats et défenseurs des droits humains se sont réunis dans le cadre d’une conférence qui s’est ouverte hier, à Dakar, sur le droit pénal international et le droit international des droits de l’Homme. Cette rencontre, initiée par le Haut-commissariat des Nations-Unies aux droits de l’Homme en partenariat avec la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme (Lsdh) et la Coalition sénégalaise pour le jugement équitable de Hissein Habré, vise à montrer l’importance du droit pénal international dans la gestion des conflits qui secouent le monde actuel. Ces problèmes ont comme noms le terrorisme, les violations des droits humains, l’extrémisme.

Hier, le jugement de Hissein Habré devant les Chambres africaines extraordinaires (Cae), pour crimes de guerre présumés, crimes contre l’humanité et torture, était au centre des débats.

Pour Me Assane Dioma Ndiaye, il n’y a pas d’inquiétudes par rapport à l’organisation d’un procès équitable, principale crainte de l’ex-homme fort de Ndjamena.

«Un des gages de la réussite de ce procès est la crédibilité des décisions qui pourront en sortir, mais surtout du fait que le monde pourra nous regarder demain comme étant des acteurs majeurs de la justice pénale internationale.

Donc, je pense qu’il est de la responsabilité de tout le monde de faire en sorte que dans ce procès, quelles que soient les péripéties qui pourront se dresser, qu’il n’y ait pas de dérogation par rapport aux principes d’un procès juste et équitable», souligne le président de la Lsdh.

Un sentiment que partage le procureur du Tribunal de l’ex-Yougoslavie. Serge Brammertz trouve «bon» que ce procès puisse avoir lieu en Afrique.

«J’ai eu l’occasion d’avoir des réunions avec des procureurs et juges d’instruction en charge de ce dossier (Habré). J’ai été impressionné par leur connaissance du droit et de leurs dossiers.

Donc, j’ai confiance que ce sera un procès équitable où le procureur fera son travail et les droits de la défense vont être respectés», dit-il.

«Nous serons vigilants par rapport au caractère équitable du procès»
Par ailleurs, la non-comparution des avocats de la défense ne peut pas remettre en cause la crédibilité du procès, selon Me Assane Dioma Ndiaye. D’après l’avocat des victimes tchadiennes, la plupart des accusés ont recours à cette posture.

«Toutes les personnes dont on a accusé d’avoir commis des crimes les plus graves ont toujours eu cette attitude, de non-collaboration, de rupture par rapport aux tribunaux qui étaient chargés de les juger», fait remarquer l’avocat précisant également que l’absence de l’accusé «n’aura aucun impact sur la crédibilité du procès».

Par contre, la Coalition sénégalaise pour le jugement équitable de Hissein Habré veille au grain. «Nous allons être vigilants par rapport au caractère équitable du procès. Nous avons pris nos dispositions. Le 15 juillet, nous allons en tant que coalition, nous réunir à la Maison de la culture Douta Seck pour dérouler notre plan d’action de supervision de ce procès historique», avertit le coordonnateur de ladite coalition, Sadikh Niasse, également membre de la Raddho.

Le Quotidien

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