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Entretien avec…Serigne Abdoul Ahad Mbacké, président de la Commission culture et communication du Magal

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Serigne Abdoul Ahad Mbacké, président de la Commission culture et communication du Magal : «Pour cette année, on a reçu 4 à 5 millions de fidèles»

L’heure est au bilan. Le président de la Commission culture et communication du Comité d’organisation du Magal, Serigne Abdoul Ahad Mbacké révèle que 4 à 5 millions de fidèles ont été recensés à Touba. Dans cet entretien, il salue la mobilisation des médias.

En tant membre du Comité d’organisation, pouvez-vous nous faire le bilan du Magal de cette année ?
D’abord en tant que membre du Comité d’organisation du Magal, je suis totalement satisfait du déroulement de cet évènement religieux. Les préparatifs se sont très bien passés. On a pu dérouler l’ensemble des activités qu’on avait pu programmer au niveau de la Commission culture et communication que je dirige mais aussi au niveau de toutes les autres commissions pour mettre les fidèles dans d’excellentes conditions. Au niveau de l’Etat, on avait un certain nombre de doléances qui ont été satisfaites dans l’ensemble. Je peux dire que tout ce qui a été promis par l’Etat a été respecté. Est-ce que cela a été suffisant ? Je laisse les fidèles répondre à cette question parce que le nombre de pèlerins augmente d’année en année. C’est difficile de faire des prévisions. Souvent le nombre de fidèles dépasse ce que nous avions prévu. Mais dans l’ensemble, je pense que tout le monde a passé un bon Magal.
En 2011, vous avez parlé de 3 millions de fidèles lors du Magal, on imagine que ce chiffre a été dépassé cette année ?
Absolument ! L’affluence de cette année, on ne l’a jamais connue. Je dois vous informer que cette année on a décidé de reprendre l’étude d’impact et de contage des fidèles qui viennent au Magal. On a pu avoir l’Université de Bambey qui nous a envoyés 50 étudiants et des chercheurs.  Un autre cabinet est en train également de travailler sur cela. Nous allons sortir d’ici quelques jours le chiffre exact.
En termes d’estimation, est-ce qu’on peut avoir un chiffre pour l’affluence de cette année ?
Raisonnablement, le nombre de fidèles doit être compris entre 4 et 5 millions.
Vous avez axé cette année, le Magal sous le signe de l’innovation. Quelles sont les nouveautés que vous avez apporté ?  
Il y a en beaucoup. Nous organisions souvent des journées. Pour cette année-ci, on a pu organiser des semaines de réflexion. C’est important. On l’a fait au Gabon c’est-à-dire dans un pays étranger où toutes les conditions n’étaient pas réunies. On a sillonné toute la région de Dakar. Il y a la caravane qui est partie dans le Sud du pays et également toutes les conférences qu’on faisait à la fin. Cette année, vous avez remarqué que la zone de la Grande mosquée a été couverte en réseau wifi. C’est une innovation de taille car même au niveau de l’esplanade de ce lieu de culte, vous pouvez capter le wifi. On ne peut pas tout faire mais on a essayé de mettre les fidèles dans le plus grand confort possible. Il y a aussi des plateaux de conférences avec des débatteurs de haut calibre qui mettent l’accent sur des sujets divers. On a pu avoir de grands conférenciers venus d’autres pays, des journalistes et des communicants étrangers. Tout cela participe au brassage que nous souhaitons parce que Touba est un trait d’union, un facteur d’unité… Nous travaillons à renforcer ces acquis.

En termes de communication, on a constaté que vous n’avez pas trop insisté sur le numéro de l’édition de 2015. On ne voit sur les affiches que la date du Magal à savoir  «18 safar, 1 436 de l’Hégire». Pourquoi cette approche ?
Vous savez, il est mieux de procéder ainsi. Quand on dit 127ème ou 130ème, c’est par rapport au départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba. Mais en réalité le Cheikh a commencé à célébrer le Magal en 1921. Il y avait ce quiproquo qui a fait qu’on a préféré ne mentionner que la date du Magal.  C’est vrai, depuis qu’il est parti, cela fait 137 ans mais en réalité, il a commencé à le célébrer en 1921. Pendant ce temps-là, le Magal n’était pas célébré à Touba. Le Magal à Touba a commencé bien après, c’est-à-dire sous le magistère de Serigne Fallou Mbacké. Donc, cela fait trois dates qu’on peut retenir pour le Magal. On a jugé que ce n’est pas bon de se chamailler sur ces chiffres. L’essentiel  est de bien célébrer le Magal conformément aux indications de Cheikh Ahmadou Bamba.
Pour ce Magal, votre commission affirme avoir accueilli plus de 1 068 journalistes. C’est plus que la Cop 21 qui se réunit à Paris où 800 hommes des médias ont été accrédités.
On est très fiers. Mais nous ne faisons que notre travail. La différence c’est au niveau de l’esprit. Pour Touba l’esprit d’hospitalité c’est-à-dire le «berndé», c’est Cheikh Ahmadou Bamba qui l’avait utilisé. Pour nous, on n’est pas en train d’accueillir des journalistes mais de recevoir des musulmans dans leur écrasante majorité qui viennent assister au Magal, comme des fidèles. On aurait pu limiter le nombre à 200 ou 300 journalistes. Mais si on le fait, c’est contraire au vœu de Cheikh Ahmadou Bamba. Même les délégations religieuses augmentent d’année en année. C‘est une satisfaction de voir que tant de professionnels de l’information s’intéressent au Magal. C’est un succès éclatant, vous avez vu des journalistes venus de la Turquie avec l’agence de presse officielle de ce pays qui est 15ème ou 16ème puissance mondiale. Cela démontre que le travail que nous faisons sur le plan international est en train de porter ses fruits. Cependant, on réaffirme que nos premiers partenaires sont des nationaux. Des gens ont dit que les radios communautaires ont gonflé la présence des médias. Mais c’est bon ! Cela nous permet d’avoir de la proximité. Pour nous aucun téléspectateur ou auditeur n’est plus digne qu’un autre. Ce qu’on veut, c’est toucher un maximum de cibles. Et ces radios et ces sites peuvent être de bons relais.

le quotidien

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