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Gamou 2015 : Thiénaba, une confrérie solitaire

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La cité religieuse de Thiénaba a célébré dans la ferveur la naissance prophète. Une occasion de revenir sur la particularité de la cité d’Amary Ndack Seck.
Prières et louanges dédiées aux Prophètes (Psl) ont rythmé la vie dans le foyer religieux d’Amary Ndack Seck. Comme à Tivaouane, au sanctuaire religieux de Thiénaba Seck, l’édition du Maouloud An Nabi 2015, marquant la célébration de la naissance du Messager Seydina Mouhamed, a donné lieu à des moments forts. Cette année encore, les fidèles sont venus des quatre coins du pays et de l’extérieur. Une occasion pour revenir sur la particularité de cette cité religieuse.
De l’avis du professeur Souleymane Dia de l’université Cheikh Anta Diop, au Sénégal, chaque foyer religieux se distingue par une particularité qui est aussi la source de sa puissance. Pour certains, explique-t-il : ‘’Il s’agit de l’érudition de l’élite et du niveau intellectuel assez élevé des adeptes. Leurs racines remontent à un Islam proche des écoles et autres médersas’’. Pour d’autres, poursuit-il, il s’agit d’adeptes ouverts au monde et dotés du sens des affaires. Ces derniers remontent à un Islam proche du commerce caravanier.
Thiénaba et la guerre sainte
Pour d’autres encore, c’est la richesse et le caractère épique de leur histoire. ‘’Ceux-là, leurs racines remontent à un Islam en droite ligne de la guerre sainte. Thiénaba appartient à cette dernière catégorie à laquelle s’impose l’obligation d’entretenir des relations distantes avec le pouvoir politique perçu comme incompatible à l’orthodoxie musulmane’’, affirme-t-il. Cet enseignement séculaire d’Amary Ndack Seck, ajoute Souleymane Dia, est la substance d’une thèse de doctorat soutenue en 1986 à Umal Khura par Saffar al Hawali.
‘’Le titre de la thèse est : ‘’Le phénomène de l’Irja dans la pensée islamique’’. Sa principale conclusion est : ‘’Tout Uléma, tout musulman qui soutient un pouvoir en se fondant sur des critères autres que la conformité de ce pouvoir avec les principes islamiques, entre dans le cadre de l’Irja et devient murjia. Murjia peut se traduire par marabout courtisan’’.
Ainsi, selon le professeur, ‘’l’autonomie par le travail est le seul moyen de garder une distance, grâce à laquelle le pouvoir est soumis en permanence à la critique, selon les principes islamiques. Ce choix difficile fait de Thiénaba une confrérie solitaire’’.

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