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Gestion des deniers publics : Faire à jamais le deuil des prévarications

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Avec la condamnation de Karim et de ses complices, c’est un vent nouveau qui souffle sur le pays. Sauf retournement de situation, les gestionnaires de deniers publics devraient désormais s’attendre à se prêter à un exercice inhabituel jusqu’ici : la reddition des comptes.

Il est toujours facile de faire le pari de la bonne gouvernance, mais veiller à son effectivité demeure une redoutable tâche. Surtout dans un pays en voie de développement qui aspire à l’émergence comme le Sénégal. Nos dirigeants sont appelés désormais à faire le deuil des prévarications dans la gestion des deniers publics, afin de contribuer qualitativement au développement de leur pays. La condamnation de Karim Wade et Cie conforte quelque part le général De gaule dans une de ses convictions fortes d’alors : «Les élites africaines n’aiment pas leur pays.»

Wade-fils et les autres dignitaires du régime libéral ont abusé de tout un système pour s’enrichir secrètement sur le dos du contribuable sénégalais. Mais cet enrichissement illicite suppose une certaine complicité de certains agents de l’Administration. La gestion vertueuse des ressources publiques était dans le passé reléguée au second plan. Il n’y avait aucune transparence dans la mise en œuvre des programmes et projets. Ainsi, la condamnation de Karim Wade et compagnie inaugure une nouvelle vision dans la gestion des affaires publiques. Elle invite les élites à avoir le souci permanent de la transparence dans l’exécution des tâches confiées à elles par leurs mandants et l’obsession d’une gestion saine ponctuée par le culte du résultat. Mais aussi la passation et l’exécution des marchés publics dans la transparence. Le tout articulé autour des rigoureuses règles d’éthique adossées à un corpus juridique et législatif sans faille dans la mise en œuvre des directives et autres instructions devant conduire à des résultats probants.
La première sanction que la Crei a infligée à ses premiers condamnés montre qu’au moins une rupture commence à se faire jour dans ce pays. Va-t-elle se poursuivre pour devenir en fin de compte une réalité ? Tout dépend de la bonne volonté (politique) et d’une détermination sans faille des autorités étatiques à mener à bon port ce projet qui leur est tant cher.
Penser aux générations futures doit demeurer le souci constant de nos dirigeants. Le pays a beaucoup traîné sur les chemins du développement, au point de se faire même dépasser par des nations qui l’enviaient tant dans la sous-région, ces dernières années. Le retour en force d’une Côte d’Ivoire meurtrie par presque une dizaine d’années de guerre et qui s’en est remise avec un bon taux de croissance en est très illustratif.
Il est temps que les Sénégalais croient en eux, travaillent à gagner leur pain à la sueur de leur front et construisent leur fortune de manière licite et rejettent catégoriquement l’argent facile !

Le Quotidien

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