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Grève de faim des détenus de Reubeuss: Sidiki Kaba envoie deux émissaires pour désamorcer la “bombe“

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La grève de faim intentée hier, mardi 3 mars, par des détenus de Rebeuss pour dénoncer les mauvaises conditions carcérales et les longues détentions préventives ne laisse pas la tutelle indifférente. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Sidiki Kaba, mis au courant, a dépêché, dans la soirée, des émissaires à la prison centrale pour arrondir les angles et faire revenir les pensionnaires à de meilleurs sentiments.

«Nous avons été informés que les détenus souhaitaient qu’il y ait une évolution de leur situation. Aujourd’hui à 16h (hier, mardi-ndlr) le Procureur général et le Procureur de la République seront à la prison de Rebeuss. Ils auront un entretient avec eux, parce que les détenus le souhaitent». C’est le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, qui annonce ainsi des mesures face au refus de s’alimenter intenté hier, mardi 3 mars, par des détenus de la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss. Histoire de dénoncer les mauvaises conditions carcérales et les longues détentions préventives.

En visite de chantier des futurs locaux autonomes du Centre de formation judiciaire (CFJ, site ex-ENAM) hier, Me Sidiki Kaba, interrogé par nos confrères de Sud Fm Senradio, a relevé les efforts des autorités pour améliorer l’alimentation des détenus. «Ce dialogue permanent a toujours existé pour écouter et pour faire évoluer les choses. C’est la raison pour laquelle, le taux journalier qui était de 300 F Cfa a été porté à 627 F Cfa. Et, cette année, nous avons pu porter ce taux à 700 F Cfa. Nous avons comme objectif de le porter à 1000 F Cfa pour que les conditions d’alimentation soient les meilleures. Ils ont pu constater ces progrès et ils nous ont dit aussi qu’ils savent les efforts qui sont faits par l’Etat», a-t-il souligné.

Listant toujours les progrès réalisés, le ministre de la Justice, Garde de Sceau a rappelé la pose de la première pierre de ce qui sera la prison de Sébikotane et en même temps la pose de la première pierre de l’école nationale d’administration pénitentiaire il y a à peine trois semaines. Auparavant, il a déclaré que la question des longues détentions préventives est prise en compte dans la loi sur l’organisation judiciaire, avec la nouvelle carte judiciaire consacrant la suppression des assises. «Et, l’une des mesures phares qui montrent l’originalité du système judiciaire sénégalais, qui est le produit de l’expertise des Sénégalais, des magistrats, des professeurs, des militants des droits de l’homme, des élus locaux, des parlementaires, c’est, après avoir étudié la question de la longue détention posée, qu’une des réponses c’est la suppression des assises. C’est ce que nous avons fait».

Mieux, a-t-il ajouté, aujourd’hui, avec les chambres criminelles, le détenu «n’attendra plus quatre ans, cinq ans avant d’être jugé. Le jugement pourrait intervenir dans un délai raisonnable de deux à trois ans. Ce processus est acté, les détenus le comprennent, les acteurs judiciaires et le justiciable sénégalais l’ont compris. Ce sont ces efforts et ses actes que nous allons faire pour à la fois moderniser notre justice et rendre plus performante l’administration judiciaire, mais en même temps aussi renforcer la capacité et l’expertise des magistrats sénégalais, des greffiers, des interprètes et aussi des éducateurs spécialisés, des inspecteurs qui participent à la justice sociale». Car, la préoccupation de l’Etat est «globale et tout doit participer à faire en sort que cette justice, que les Sénégalais puissent y accéder, qu’elle soit une justice de proximité et qu’elle soit aussi moins chère», a dit Me Sidiki Kaba.

Sud Quotidien

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