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LAMP FALL FM et TV, TOUBA FALL FM, AL AZAR FM, TOUBA TV, TOUBA INFOS,MOURIDES.INFO, AL MOURIDIYYAH TV… : Des médias au service du mouridisme

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Une œuvre bien que grandiose ne saurait se répandre, se vulgariser sans la communication, dit-on. C’est la conviction des promoteurs et des agents des médias installés dans la capitale du mouridisme. En l’espace de quelques années, une dizaine de médias audiovisuels d’obédience religieuse et particulièrement mouride ainsi que des sites internet se sont ajoutés à l’espace médiatique sénégalais. Le dénominateur commun de ces différents supports médiatiques demeure la vulgarisation de la vie et l’œuvre du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba Khadim Rassoul.

L’avènement des médias audiovisuels voire des sites internet d’obédience mouride au Sénégal et particulièrement à Touba a bouleversé l’espace médiatique de notre pays. En l’espace d’un quart de siècle, la radio « Lamp Fall Fm », pionnière dans ce domaine, a été suivie par d’autres stations comme, entre autres, « Touba Fall Fm », « Al Azhar Fm », « Touba TV », « Radio Touba Hizbut Tarqiyyah », « Al Mouridiyyah TV », « Disso FM ». « Il fut un temps, la communication était difficile pour la confrérie mouride. Certains disciples mourides qui avaient des besoins en communication rencontraient des difficultés à se faire écouter, entendre et voir », déclare Mor Touré, journaliste à « Lamp Fall FM ». « Nous sommes, rappelle-t-il, à une époque où la communication occupe une place de choix dans l’évolution des communautés. Il fallait que des fidèles mourides puissent, quel que soit le prix, lancer des médias à partir desquels la communication tant souhaitée par les mourides puisse être possible ». « Lamp Fall Fm » fut la première radio d’obédience mouride à être lancée en 2001 à Touba par Alioune Diouf de retour de France.
Avec la forte demande du public, des antennes de cette radio ont été installées à Dakar et à Kaolack, renseigne le journaliste. « Notre ambition, c’est de mailler les 14 régions du pays. Nous voulons que les fidèles soient bien servis et satisfaits de notre offre de programme partout où ils se trouvent », soutient-il.
La réussite de la radio « Lamp Fall Fm » et l’engouement du public sénégalais en faveur des médias et particulièrement mouride ont incité d’autres promoteurs à investir dans ce domaine. D’autres médias mourides ont été ainsi mis sur pied. Il s’agit de « Touba Tv » avec comme promoteur Mbackiyou Faye, « Al Azhar Fm » de Serigne Mamor Mbacké, Serigne Aziz Darou Tanzil qui avaient créé la radio « Disso Fm », « Lamp Fall Tv », la « radio Touba Hizbut Tarqiyyah FM » et « Al Mouridiyyah TV » avec le dahira « Hizbut Tarqiyyah ». « Mais à la différence, souligne Mor Touré, dans les grilles de ces radios, on retrouve de la musique, du sport, etc., alors qu’à « Lamp Fall FM » qui emploie plus de 100 agents, nous nous conformons aux enseignements de Serigne Touba. Il n’y a ni de sport, ni de course épique encore moins de la musique. Nous restons dans la philosophie définie par le fondateur du mouridisme, Serigne Touba Khadim Rassoul ». « Toutefois, précise-t-il, nous avons des émissions qui évoquent des faits de société comme les problèmes de santé, de ménage, d’économie, etc.».
Contrairement à « Lamp Fall Fm », le programme de la « radio Touba Hizbut Tarqiyyah Fm » et de la télévision « Al Mouridiyyah Tv » n’est pas « exclusif ». « Notre champ d’action c’est l’Islam ; c’est pourquoi, nous nous sommes ouverts aux autres », souligne Mouhamadou Lamine Diouf. Selon le directeur des programmes de « Al Mouridiyyah Tv », c’est autant de raisons qui font que « Al Mouridiyyah Tv » fait des directs depuis Tivaouane pour couvrir le gamou ainsi que des plateaux. La radio couvre aussi les évènements religieux de Ndiassane, Yoff, la famille omarienne, etc., en conformité avec sa ligne éditoriale.

« Une télévision de moines »
« Le khalife général des mourides a, rappelle Mouhamadou Lamine Diouf, jeté les bases d’une fortification de l’unité nationale qui existait déjà. Sa volonté est de casser les murs et de baisser les barrières entre les confréries pour juguler certaines incompréhensions souvent injustifiées ». « Al Mouridiyyah Tv », ajoute-t-il, qui est sous sa tutelle ne peut que s’inscrire sur la même ligne ». « Al Mouridiyyah Tv » n’est pas une télévision de moines, dit-il. Selon Mouhamadou Lamine Diouf, cette télévision dont le promoteur est le dahira « Hizbut Tarqiyyah » n’est pas seulement concentrée sur l’élément religieux dans sa grille des programmes. « L’Islam, c’est une vie intérieure mais aussi un projet de société. L’Islam nous enseigne comment éduquer nos enfants, comment administrer nos sociétés et comment intégrer nos femmes dans le développement », détaille-t-il.
C’est pourquoi, poursuit M. Diouf, au-delà des émissions religieuses, nous avons des rubriques dédiées à la jeunesse, aux élèves, aux femmes, à l’environnement, à des questions économiques, à l’éducation, à la découverte, à des témoignages, à la culture et à la civilisation musulmanes, à la santé. A cela s’ajoutent quatre éditions et un round up de l’actualité hebdomadaire.
« Al Mouridiyyah Tv » fait partie du lot des derniers médias mourides à voir le jour. Elle a été inaugurée le 14 décembre 2013, coïncidant au 10 Safar. Pour le directeur des programmes, il s’agit d’une « finalité logique ». « Hizbut Tarqiyyah est une institution culturelle du mouridisme qui, depuis 1975, s’est intéressée au développement de la recherche », explique-t-il. C’est dans ce cadre, dit-il, qu’ils ont mis sur pied une imprimerie, procédé à la traduction des ouvrages de Cheikh Ahmadou Bamba en français, des sermons des khalifes de Serigne Touba. Depuis les années 80, nous intervenons dans les expositions, ajoute le directeur des programmes, soulignant que le premier site internet de « Hizbut Tarqiyyah » (www. Htcom.sn) est un « portail encyclopédique, d’études de références sur le mouridisme ». La conviction de M. Diouf est que « Al Mouridiyyah TV » est un « aboutissement naturel et logique d’un projet de communication », après la Radio Touba Hizbut Tarqiyyah.
« Les objectifs, comme l’indique le slogan, c’est aller à la découverte de l’univers de Touba. Qui parle de l’univers Touba parlera de la géographie de la ville, tout ce qui touche de près ou de loin les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, la vulgarisation de ses enseignements, son point de vue sur l’islam, son école juridique et théologique mais également Touba qui est une ville sanctuaire, spirituelle, capitale des mourides et deuxième plus grande agglomération du Sénégal », explique-t-il. « Al Mouridiyyah Tv » est également sur Ip. Autrement dit, il est possible de la visualiser sur n’importe quel support portable. En dehors du wolof, cette télévision dispose de chaînes qui émettent en arabe, en anglais et d’ une chaine mixte wolof-français. C’est celle-ci qui est présente sur le bouquet de la télévision numérique terrestre (Tnt).
Sur un autre registre, Mor Touré de « Lamp Fall Fm » reste convaincu que certaines chaînes audiovisuelles ont du mal à tirer leur épingle du jeu avec cette prolifération des médias mourides du fait notamment de la « forte concurrence ». Face à cette situation, estime le journaliste, beaucoup de radios rencontrent d’énormes difficultés pour investir et prendre en charge correctement leurs personnels ». « Mais nous croyons à Cheikhoul Khadim et à ses bénédictions, nous sommes animés à tout moment de courage, et tout ira de l’avant », a laissé entendre Mor Touré qui relève que « la publicité constitue une des sources de revenus de « Lamp Fall Fm » ainsi que le serveur vocal des opérateurs de téléphonie.

Ambitions démesurées
Si certains médias bénéficient d’un accompagnement des institutions financières avant leur mise en place et dans le fonctionnement, tel n’est pas le cas à « Al Mouridiyyah TV » ou à la radio Touba « Hizbut Tarqiyyah ». Au début, ils étaient concentrés à Touba. « Un bureau a été par la suite ouvert à Dakar où beaucoup d’éléments de journal nous parviennent ainsi que des émissions », explique M. Diouf. Grâce à l’installation des cellules « Hizbut Tarqiyyah » à travers le monde, dit-il, « nous n’avons pas besoin d’envoyer des journalistes à l’étranger pour la couverture médiatique de certaines activités. Par exemple, si les manifestations se déroulent en France ou aux Etats-Unis, entre autres pays, nous avons sur place des membres de notre dahira capables de nous relayer l’évènement. Tout cela nous permet de nous en sortir, malgré la lourdeur des charges. Nos ambitions sont démesurées mais les moyens ne font pas encore défaut ».
A l’opposé d’autres chaînes de télévisions, « Al Mouridiyyah Tv » a, quant à elle, hérité d’un actif très important de « Hizbut Tarqiyyah », surtout dans le domaine de l’audiovisuel, sans compter d’autres archives. « Sans pour autant avoir une télévision au sens réel, nous avions la capacité de réaliser les mêmes montages et les mêmes documentaires que les autres télévisions. Nous pouvons dire que nous avons pris les devants bien avant l’avènement de notre télévision. Comme tout projet, il va falloir lorgner loin pour pouvoir mettre en adéquation les moyens avec les objectifs », ajoute le directeur des programmes, qui précise que le personnel de « Al Mouridiyyah » est rémunéré.
Proliferation des médias confrériques : Stratégie de positionnement ou intérêt économique ?
La prolifération des médias confrériques est une réalité. Si certains pensent que cette multiplication de chaînes audiovisuelles est une richesse, d’autres soutiennent le contraire.
Selon le directeur des programmes de « Al Mouridiyyah », ce foisonnement de ce type de médias ne saurait être une guerre d’intérêts encore moins de positionnement mais plutôt une richesse pour la communauté mouride. C’est l’avis du directeur des programmes de « Al Mouridiyyah ». Pour Mouhamadou Lamine Diouf, « c’est un apport parce que le sujet du mouridisme est vaste. Nous pouvions avoir 20 télévisions sans qu’aucune ne gêne l’autre ». « Aussi, fait-il observer, vous avez des émissions à « Al Mouridiyyah » que vous ne retrouverez dans aucune télévision d’obédience mouride. Tout comme il y a beaucoup d’émissions dans ces télévisions que nous ne retrouvons pas à « Al Mouridiyyah ». « En fonction de la ligne éditoriale, dit-il, nous pouvons être sur le même objet: le mouridisme, sans avoir les mêmes approches. Même s’il y avait 30 télévisions, chacune pourrait se tailler sa part, marquer son territoire et imposer sa ligne éditoriale sans que cela ne puisse créer des conflits d’intérêts avec les autres chaînes ».
Sa conviction est que si nous avons fait une analyse sectorielle de ces télévisions, certaines vont donner la primeur au local, d’autres aux chants mourides, aux reportages. Cela varie en fonction des lignes éditoriales.
A « Al Mouridiyyah », se félicite le directeur des programmes, nous avons des ambitions conformes au projet de société du mouridisme qui n’est pas l’apanage d’une ethnie, encore moins d’un pays autre. Le mouridisme n’est pas donc une affaire sénégalo-sénégalaise ». Aussi, poursuit-il, « Cheikh Ahmadou Bamba s’adresse à l’ensemble des musulmans partout où ils se trouvent. C’est pourquoi, dès le départ, nous n’avons pas voulu mettre dans une même chaîne le wolof, l’anglais, le français et l’arabe.
Nous avons opté pour des chaînes qui ne parlent qu’une seule langue. Notre objectif, c’est de vulgariser et de porter très loin le mouridisme conformément à la logique de Cheikh Bamba Khadim Rassoul.
Là où le bât blesse, avance Mor Touré, en dehors des génériques ou des émissions bien connues, il y a des gens qui confondent ces différents médias. « Ce sont les khassaïdes qui sont nos sources d’animation. A force de ne pas pouvoir distinguer par jingle ou par la voix des animateurs ces stations, on risque de tomber sur une radio qu’on ne souhaitait pas capter », estime le journaliste.

Absence des langues locales, en dehors du wolof
S’agissant de l’absence des autres langues nationales outre que le wolof, Mouhamadou Lamine Diouf reconnaît que c’est une « critique objective » qu’il faudrait rectifier. « Nous l’avons testé avec la langue sérère durant le mois de ramadan, cela a donné des résultats satisfaisants ; nous avons aussitôt compris l’importance et l’intérêt de ces langues nationales pour les mourides qui ne comprennent pas wolof. Seulement, nous avons d’abord pensé universel avant le national. Qui peut le plus peut le moins », ajoute Mouhamadou Lamine Diouf.

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