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LE CALVAIRE QUOTIDIEN DES ÉLÈVES DE TOUBA.

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Ils sont entre 3 000 à 4 000 élèves à quitter la ville sainte de Touba pour rallier chaque matin Mbacké. Se rendre au lycée de Mbacké relève cependant d’un véritable parcours du combattant. Son excentricité et son enclavement compromettent sérieusement une bonne scolarisation des enfants. Aujourd’hui, les élèves et parents d’élèves ne réclament, ni plus ni moins, que des bus suffisants pour sortir de leur calvaire.

Il n’existe qu’un seul lycée dans tout le département de Mbacké. C’est le lycée de Mbacké. Créé en 1996, sa construction a été achevée en 2007. Cet établissement secondaire polarise les villes de Mbacké, de Touba et environs. Son emplacement très excentré et très enclavé constitue une véritable entrave à la scolarisation des enfants.

Cette situation de fait demeure une récurrente doléance des élèves et des parents d’élèves. Seulement la satisfaction de cette requête n’est pas absolue, malgré la mise en circulation d’une centaine de bus. Avec le démarrage de ces bus Tata, l’on croyait que ce serait la fin du calvaire. Mais que nenni ! La situation est devenue même pire. Cela s’est avéré être une goutte d’eau dans la mer.

Tous les matins, un nombre exorbitant d’enfants s’entasse et se bouscule dans les véhicules de transport en commun. Ce qui explique les embouteillages monstres notés à certaines heures et sur plusieurs endroits du tronçon Touba-Mbacké. En effet, aux heures de pointe, ces nombreux élèves éprouvent d’énormes difficultés à trouver un véhicule de transport pour se rendre à leur établissement respectif.

« C’est vraiment dur. Quand j’ai cours à 8h, je suis obligée de me lever à 5h pour me préparer, pour ne pas être en retard. Nous faisons 1h voire 2h pour nous rendre au lycée », témoigne Sokhna Maï, élève au lycée de Mbacké.

« 12 000 F Cfa de frais de transport mensuel par élève »

Le calvaire qu’éprouvent les élèves pour se rendre à l’école n’est rien, comparé aux soucis et aux peines des parents. C’est un véritable chemin de croix pour ces derniers qui doivent débourser chaque mois une manne financière pour assurer le transport de leurs enfants.

En terme absolu, ceux résidant dans les quartiers les plus proches de Mbacké sont obligés de dépenser chaque jour au minimum 300 F CFA par élève, la bouffe non comprise ; et plus encore (800 F CFA) pour ceux qui sont plus loin, obligés de prendre deux à trois véhicules pour rallier le lycée. Imaginez combien va devoir débourser un père de famille de plus de 5 élèves !

« Il m’arrive de débourser 12 000 F CFA par mois et par élève, rien que pour le transport. Ensuite s’y ajoute la restauration en raison de 200 F CFA pour jour de classe et par élève », confie Modou Diop, demeurant à Darou Marnane, père de trois élèves. Les plus nantis s’offrent un abonnement mensuel chez les taxis, à raison de 15 ou 20 000 F CFA.

Toutefois, pour les moins nantis, pour alléger un tant soit peu les peines et les soucis financiers des parents, les élèves sont contraints de passer la journée au lycée, avec tout ce que cela renferme comme incidence sur les études. « Nous passons toute la journée au lycée. Une fois rentrés le soir après les cours, à la maison nous sommes très épuisés pour manger. Nous n’avons même pas envie de revoir les cahiers », se désole Fatou Gaye, élève en classe de Terminale.

Même son de cloche pour cette autre élève résidant à Touba. Diarra Ba qui habite plus loin s’estime plus défavorisée. « Je me lève tous les jours à 5h et je retourne à la maison à 19h. Et on ne mange rien. Parfois les buvettes ferment leurs portes à midi. C’est très difficile pour nous ». Mieux encore, pour contribuer à alléger la souffrance des élèves et des parents d’élèves, les autorités académiques et du lycée se sont accordées pour instaurer la journée continue. En principe les cours s’arrêtent à 14h 30, avec une pause de 30mn entre midi et midi et demi.

A l’heure de la descente à 14h 30, c’est toujours la bousculade et le désordre total. « Parfois, il y a un déficit de bus qui nous oblige à marcher jusqu’à Mbacké distant de 3 km « , atteste un élève. Et de poursuivre, apparemment exaspéré : « Ce manque de moyens de transport peut entraîner des conséquences fâcheuses sur les résultats des compositions et par ricochet sur ceux des examens. »

Face à ce calvaire, les élèves ne réclament ni plus ni moins que des bus suffisants, mais aussi et surtout l’introduction de l’enseignement en français dans la cité religieuse avec la réouverture des écoles fermées et la création de lycée à Touba, « seul remède pour alléger leurs souffrances », estiment-ils.

En tout cas, les autorités locales sont sensibles au sort quotidien de ces élèves. Le maire de Touba, Abdou Lahad Ka, envisage à cet égard de prendre langue avec son collègue de Mbacké, Abdou Mbacké Ndao, pour trouver les voies et moyens de régler ce problème.

En attendant, les élèves et les parents d’élèves sont obligés de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

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