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Le chargé de mission du Recteur effectue un retrait de 150 millions sans pièces justificatives

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Ainsi, les auditeurs soulignent que «cette pratique, peu orthodoxe, est à l’antipode des règles édictées par la comptabilité publique qui demande que tout paiement supérieur à 100 000 francs Cfa, sur les fonds publics, fasse l’objet d’un virement. Dans ce cas de figure, le chargé de mission auprès du Recteur a effectué un retrait unique et global de 150 millions francs Cfa. Il s’y ajoute une tentative de dissimulation de la traçabilité de l’opération par les opérateurs du système. Le comptable de la Direction de coopération, qui a établi le chèque, n’en a pas gardé de copie. Le Directeur de la coopération cosignataire du chèque, interpellé par écrit sur la production des pièces justificatives n’en fournit aucune. Il a juste dit qu’il venait d’arriver à la tête de la direction et qu’il s’est conformé aux instructions de son supérieur hiérarchique, en l’occurrence le Recteur, Saliou Ndiaye. Par ailleurs, cette opération de dépenses n’a pas respecté les procédures édictées par le Code des marches».
«Les acquisitions ont été faites par la seule discrétion du chargé de mission auprès du Recteur. Et dans sa réponse à la lettre de demande de justification, il avoue n’avoir pas archivé les pièces justificatives, suite à une tradition de l’Institution relative à l’utilisation des subventions». Au niveau de la faculté de Médecine, le Doyen confirme la réception du matériel et exhibe un Pv de réception des articles livrés par le fournisseur «Baye Dame global Business». Interpellé, le Recteur convoque «la dictature de l’urgence, les grèves à répétition des étudiants de la Fmpo et la sauvegarde de l’année académique 2011-2012».

L’ancien Recteur invoque «la dictature de l’urgence» à l’Ucad
Pour ce qui est de la subvention de 65 millions accordée par arrêté du 17 juin 2011, elle porte sur la prise en charge de la vaccination des étudiants hospitaliers et la préparation du prochain concours d’agrégation de Médecine Humaine, Pharmacie, Odontologie, Médecine vétérinaire et production animale, suite à la requête de subvention de la Fmpo. Le rapport note que «le montant, imputable sur les crédits du budget général, a été versé sur le compte Sgbs SN 011 01017 02200463197 2 92 de la Fmpo figurant sur l’arrêté et relatif aux droits d’inscription pédagogique soumis à la seule signature du Doyen».
Le 13 juillet 2011 par arrêté N°0579, le Doyen indique dans l’article N°2 que «la dépense est imputable sur le budget de la faculté de médecine, crédit fonction de service/frais pédagogique et fera l’objet d’un engagement – à son propre nom – Professeur Abdourahmane Dia, Doyen de ladite faculté». Le 15 juillet 2011, «la subvention a été intégralement virée dans le compte frais pédagogique de la faculté sous la référence virement Pgt. Le même jour, la subvention de 65 millions a été intégralement retirée en espèces sous la référence retrait espèces 2377750».

Un chèque de 65 millions libellé au nom du plombier de l’Ucad à son insu et non endossé
Au-delà des mêmes observations que pour la subvention de 150 millions, il faut relever les faits suivants. D’abord, l’absence de traçabilité des opérations : le régisseur de dépenses de la faculté de médecine interpellé sur les pièces justificatives, indique sans équivoque qu’«étant en congé en cette période, le Doyen m’a appelé pour me dire qu’il y a une subvention virée dans notre compte logé à la Sgbs et de venir procéder au décaissement. Après avoir constaté que le virement était effectif, j’ai établi un chèque et un état de décaissement au nom de Ousseynou Hadji que j’ai remis au Doyen en prenant soin de lui demander de me garder l’état de décaissement».
La première question constatent les auditeurs est l’absence d’engagement de la dépense au profit du Doyen comme stipulé dans l’arrêté N°0579 du 13-07-2011. A la place, «les auditeurs ont l’établissement d’un chèque de 65 millions provenant directement des derniers publics tirés du budget général de l’Etat au profit d’un tiers, en l’occurrence Ousseynou Hadji qui est entrepreneur».
Les éléments de réponse de M. Hadji appellent plusieurs interrogations, selon l’audit, «au premier chef desquelles l’immixtion du chargé de mission du Recteur dans l’opération de décaissement de la subvention. Le denier rapport d’audit de l’Ucad avait relevé son omniprésence dans pratiquement toutes les opérations financières de l’Ucad caractérisées par leur opacité».
De toutes façons, le rapport souligne que «le système mis en place pour la gestion des ressources a non seulement permis une immixtion dans le maniement des fonds, mais aussi un abus manifeste de confiance. En effet, le chèque de 65 millions a été libellé au nom propre du plombier de l’Ucad, à son insu et non endossé. Cela, alors qu’il aurait dû être engagé au nom du Doyen de la faculté de médecine».

Le Doyen déclare que les pièces comptables des 65 millions n’ont pas été sauvegardées
Enfin, la dernière interrogation qui engage la responsabilité directe du Doyen de la faculté de Médecine, Dr Abdourahmane Dia dit Ardo, est : «quelle relation existe-t-il entre une subvention de 65 millions de l’Etat pour la prise en charge de la vaccination des étudiants hospitaliers et la préparation du prochain concours d’agrégation de médecine Humaine, Pharmacie entre autres et le Plombier de la Faculté ?».
Prié de produire les pièces justificatives des dépenses imputées dans le cadre de cette subvention, le Doyen déclare : «C’est pour faire face à toutes les charges induites par ces activités que, par arrêté, j’ai procédé au décaissement de la subvention. Il est à préciser et conformément aux pratiques habituelles, que les différentes pièces comptables n’ont pas été sauvegardées…».
L’agent comptable, «le seul habilité, sur le plan légal, à manier les deniers de l’université est complètement écarté de la procédure. Au total, des sommes importantes sont retirées en espèces et des dépenses y relatives ne sont ni engagées, ni liquidées, ni ordonnancées, qui plus est ne sont pas justifies, disent les auditeurs».

Les auditeurs demandent des poursuites judiciaires
Toute l’ordonnance interpellée dans ce sens invoque les pratiques habituelles de l’université, la tradition de l’institution et la «dictature de l’urgence». Des pratiques répandues selon le rapport et à ce propos le document cite «la subvention de 20 millions accordée en 2011, de 10 millions accordée en 2012, de 5 millions accordés en 2013 versés tous sur le compte pédagogique de la Fmpo».
Mais en 2013, le ministère de l’Enseignement supérieur a commencé à rectifier le tir. «Les subventions pour une somme totale de 118 millions accordées à la Fmpo sont prévues pour être versées sur le compte ouvert dans les livres du trésorier général, au nom de l’agent comptable de l’Ucad». Quant au rapport d’audit, il juge nécessaire d’ouvrir une enquête judiciaire pour situer les responsabilités sur ces faits.

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