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Les chefs de village et délégués de quartier: Des dénonciateurs aux deux visages

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Le premier collaborateur des forces de l’ordre dans le village reste le chef de la localité. Seulement leur franchise est en demi-teinte. Dans les villages et dans les quartiers urbains traditionnels, où la quasi-totalité du voisinage est apparentée, beaucoup de responsables optent pour l’omerta, face au fléau de la drogue qui gangrène la jeunesse, préférant entretenir des relations familiales ou de voisinage. Ainsi, les parents et voisins de ces trafiquants gardent aussi le silence, encourageant indirectement la vente et le trafic de drogue. Lors des cérémonies religieuses nocturnes, les jeunes en profitent pour fumer tranquillement le chanvre sans être inquiétés.

TROIS QUESTIONS AU PREFET DE MBOUR, WILLIAM MANEL

«Il y a une lutte effrénée qui est menée contre le trafic du chanvre indien».

Plus d’une tonne de chanvre indien a été incinéré et ces saisies ne concernent que la gendarmerie. Ce chiffre inquiétant ne prouve-t-il pas que Mbour est une plaque tournante du yamba ?

Je ne dirais pas que Mbour est une plaque tournante du trafic du chanvre indien, mais je fais plutôt une double lecture de cette saisie de drogue. Il y a d’abord une forte quantité de drogue qui transite par le département, ensuite un travail important qui a été fait par les forces de l’ordre pour obtenir ce record.

Mbour est une zone de transit, à travers ses frontières. Soit par voie maritime ou terrestre, la drogue entre par Mbour par la route ou par pirogue avant d’être convoyée à Saly ou d’autres lieux. Mais, avec les efforts faits par nos forces de l’ordre, nous nous sommes rendu compte que la plupart de la drogue qui entre dans le département est appréhendée. La quantité de plus d’une tonne brûlée ne concerne que la gendarmerie, donc les saisies faites par la police et la douane n’en font pas partie. Ce qui fait qu’il y a une forte entrée de la drogue, mais aussi il y a une lutte effrénée qui est menée pour combattre ce fléau et cela demande la collaboration de toute la population du département.

Pour éradiquer complètement le problème de la drogue, peut-on s’attendre à ce que l’on augmente les moyens de lutte ?

Forcément ! Les dispositifs seront augmentés, parce que le corridor Dakar-Bamako traverse le département du nord au sud, ce qui fait qu’il y a une densité du trafic routier. Et quand on sait que ce corridor est réglementé par des contrôles ciblés, il y a un besoin de réorienter pour faire face à la menace. Il y a aussi la sécurisation de nos frontières marine et fluviale qui doit être renforcée et tout cela demande des moyens. Tout cela, nous le partageons au niveau du comité départemental de sécurité et au niveau de comité de lutte contre les drogues. Malgré le défaut de moyens et le problème d’effectif, nos forces de sécurité font des saisies record. Il y a nécessité de s’organiser pour faire face à la menace, parce que la drogue ne vient plus que par la voie terrestre. Il y a les fleuves, la mer, les bolongs et les lagunes.

Vous maîtrisez les lieux de transit de drogue. Peut-on dire qu’il y aura un recul de l’entrée de la drogue dans le département ?

Déjà il y a eu un net recul. Plus il y a de quantité saisie, moins il y a de drogue qui circule. En somme, ce qui est sûr, c’est que les voies d’entrée de la drogue ont été identifiées et répertoriées.

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