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LES RELIGIEUX ONT UN DEVOIR D’ORIENTATION ET DE VEILLE SUR LA CONSTITUTION DE LA RÉPUBLIQUE !!! (HALTE A LA DICTATURE LAÏQUE !!!)

= 1949

Le Président Macky SALL tarde à matérialiser son engagement solennel de réduire son mandat et de mettre en oeuvre, au moins, certaines recommandations de la CNRI (Commission nationale de réforme des institutions) qu’il jugera pertinentes.

Et tout cela interpelle forcément les religieux ; en effet, les oulémas, toutes obédiences et toutes générations confondues, sont, au même titre que tous les autres citoyens, astreints à la législation en vigueur qui, du reste, a la primauté sur le droit islamique académique (théorique) ; oui, ils sont tous des citoyens ordinaires, comme le leur avait rappelé le Chef de l’État ; dès lors, ils doivent connaître la constitution et tout l’arsenal juridique mieux que quiconque, afin de pouvoir proposer des amendements opportuns et pertinents qui, à terme, les rendront plus conformes avec les convictions religieuses de la très grande majorité de la population, sans priver les minorités confessionnelles de leurs droits fondamentaux –

Oui, la démocratie, c’est une affaire de rapports de forces ! Ainsi, les religieux doivent particulièrement veiller à ce que ces préoccupations fondamentales soient prises en compte par le pouvoir législatif (Assemblée nationale).

En vérité, l’Islam qui est une religion démocratique par essence et par excellence attache une importance capitale à la concertation, en vue d’un consensus qui doit être respecté par tous ; et c’est là, en vérité, un préalable incontournable pour la quête de la paix et du développement durable ; comme en témoigne les mises en garde du Prophète (PSL) – notre modèle et maître à penser éternel – et les exhortations coraniques :

(21) En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle à suivre, pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment.

(33. Les Coalisés : 21 – Al-Ahzâb) …

(36) Tout ce qui vous a été donné n’est que jouissance éphémère, mais ce qui est auprès d’Allah est meilleur et plus durable pour ceux qui ont cru et qui placent leur confiance en leur Seigneur,

(37) qui évitent les péchés les plus graves ainsi que les turpitudes, et qui pardonnent après s’être mis en colère,

(38) qui répondent à l’appel de leur Seigneur, accomplissent la prière, se consultent entre eux à propos de leurs affaires, dépensent de ce que Nous leur attribuons …

(42. La Consultation : 36-39 – Ach-Chûrâ’) … (1) Ô les croyants !

Remplissez vos engagements … (5. La Table Servie : 1 – Al-Mâ’idah) …

(2) Ô vous qui croyez ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? (3) C’est une grande abomination auprès d’Allah que de dire ce que vous ne faites pas.

(3) Allah aime ceux qui combattent dans son chemin en rang serré pareil à une forteresse (61.

Le Rang : 1-3 – As-Saff)
Et c’est dire que l’Islam attache une importance capitale aux lois, traités et constitutions qui sont des consensus nationaux, voire internationaux, et donc forcément des causes justes, même s’ils ne prennent pas toujours en compte certaines réalités religieuses ; c’est ainsi que pour trouver un consensus avec les mecquois d’autres confessions (juifs, chrétiens, polythéistes), le Prophète (PSL) eut même renoncé à mentionner son titre de ‘’messager d’Allah’’ ; et vraisemblablement, ce fut là, la première ‘’constitution laïque’’ de l’Islam. En vérité, sans le respect de ces consensus fondamentaux, toute recherche de paix serait illusoire et aucune société ne pourrait être viable. Et certes, ces consensus (constitution, traités, lois, etc.) sont sacrés, mais ne sont pas immuables ; ils doivent être dynamiques et donc évoluer en fonction des nouvelles réalités – rapports de forces, essentiellement ; oui, des changements seront certes nécessaires, mais ils devront forcément se faire de façon consensuelle – et donc de nos jours, par voie référendaire ou parlementaire, selon les modalités prévues, et surtout dans le respect des principes d’équité et de justice.
Au vu de tout cela, il est fondamental que nos oulémas s’impliquent davantage en politique, comme le suggèrent les sages propos de nos illustres maîtres : Selon Cheikh Ahmad TIDJANI Chérif – le « Sceau des Saints », ‘’celui qui n’est pas en phase avec son temps est certainement égaré’’ ; selon Cheikh Seydi El Hadj Malick SY, ‘’celui qui renonce à la vie présente (la politique, entre autre) perdra sa religion et risque de ne plus la retrouver’’ ; et enfin, selon Serigne Babacar SY, ‘’les hommes politiques croient en nos prières, mais sous-estiment notre pensée, alors que les deux doivent aller de paire ; elles sont synergiques’’. En vérité, la mission des oulémas – qui sont les héritiers du Prophète (PSL) – est essentiellement d’orienter les dirigeants temporels et le peuple sur la voie du salut, tant dans la vie présente que future. Et cette tâche ne sera guère facile, car nos hommes politiques ont malheureusement opté d’ignorer Dieu dans leurs démarches ; ils ne croient qu’à leur expertise (raison), quoique se réclamant croyants (musulmans ou chrétiens) ; oui, ils ont mis ‘’Dieu entre parenthèses’’ et ont délibérément choisi les libres-penseurs (agnostiques et autres incrédules), comme guides, modèles et maîtres à penser. Comment pourraient-ils donc agencer une cité juste ?
Et certes, notre constitution interdit la formation de partis politiques se réclamant d’une confession (religion), tels les partis ‘’démocrates-chrétiens’’ observés dans les ‘’grandes démocraties’’ ; mais ce n’est pas une raison pour les religieux de se détourner de la chose politique ; il faut qu’ils s’y accommodent, en attendant l’abrogation des dispositions restrictives imposant la laïcité. Oui, la laïcité ne se décrète pas ; c’est une question de rapport de forces – Que les démocrates le reconnaissent !!!
En vérité, l’attachement indéfectible de notre pays aux valeurs de démocratie et de justice devrait nous imposer à mentionner explicitement dans notre constitution notre ancrage irréversible aux valeurs de l’Islam, la religion majoritaire. Oui, si nous n’étions pas hypocrites, nous l’aurions mentionné explicitement et imposé à nos élus la prestation d’un serment devant le Coran (ou la Bible pour les chrétiens, comme cela se fait aux États-Unis) ; et nous aurions toujours recherché la conformité de nos lois aux principes de l’Islam qui, du reste, ne sont guère différents de ceux des autres religions monothéistes (Christianisme, Judaïsme). Oui, si nous n’étions pas hypocrites, la Sourate ‘’Al-Fatiha’’ qui est la quintessence du Coran devrait être notre devise, et transparaître dans le préambule de notre constitution ; en effet, au moins une vingtaine de fois par jour, tout Musulman la récite, adressant une prière à Allah – le ‘’Seigneur des mondes’’, le Digne de louanges et d’adoration – pour solliciter son secours et à être dirigé sur la ‘’Voie droite’’ (le Droit chemin), ‘’la voie de ceux qu’Il a comblé de ses bienfaits (les Prophètes et Saints), et non sur la voie de ceux qui encourent sa colère, ni celle des égarés’’ (1. Prologue ou L’Ouverture : 1-7 – Al-Fatiha) ; ce qui est partagé, dans les principes, par les autres religions monothéistes (Christianisme et Judaïsme).
En vérité, la référence à Dieu dans une Constitution, n’est pas inédite ; en témoigne le préambule de la Constitution de la Confédération Suisse où il est explicitement mentionné ceci : (Je cite :) “Au nom de Dieu Tout-Puissant ! Le peuple et les cantons suisses, conscients de leurs responsabilités envers la création, résolus à renouveler leur Alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde, déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité, conscients des acquis communs et de leur devoir d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures, sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres, arrêtent la Constitution que voici : …” (Fin de citation). Et quel peuple croyant ne s’y reconnaîtrait pas ?
Au demeurant, il faut se réjouir du nouvel ordre religieux (déchéance d’une certaine classe de chefs religieux ‘’affairistes’’ à la solde du pouvoir), en rapport avec la mission du Mahdi (retour de Jésus), en cette ‘’fin des temps’’ (akhirou zamân), car en vérité, seule une restauration de la religion pourrait changer les comportements – préalable incontournable à notre délivrance (amélioration significative de nos conditions de vie). Oui, ‘’Allah ne modifie pas la condition d’un peuple, tant qu’ils ne changeront pas de comportement (moral)’’ (Cor. 13 : 11 – Le Tonnerre – Ar-Ra’d). Et donc point d’émergence, tant que nos hommes politiques n’auront pas renoncé à l’option laïque que leur a inculquée le Colonisateur !!! N’est-il pas devenu évident pour tous ‘’ceux qui sont doués d’intelligence’’ que l’approche laïque a définitivement atteint ses limites ?

DOCTEUR MOUHAMADOU BAMBA NDIAYE
Ancien Interne des Hôpitaux de Dakar
Pédiatre à Thiès

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