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Lettre de politique sectorielle du ministère de la culture et de la communication: Entre optimisme et scepticisme

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Le ministère de la Culture et de la Communication a officiellement lancé hier, jeudi 13 août, sa lettre de politique sectorielle, en l’absence du ministre Mbagnick Ndiaye, représenté à cette cérémonie par sa collègue de la Fonction publique, Viviane Bampassy. L’intérêt de ce document, c’est qu’il va devoir prendre en compte la dimension économique de la culture, en lien avec le Plan Sénégal Emergent (Pse). Présidé par le secrétaire général du ministère, Birane Niang, un comité technique a d’ailleurs été mis en place pour réfléchir à tout cela. Mais certains comme l’ancien ministre de la Culture, Serigne Modou Bousso Lèye, sont plutôt sceptiques.

La culture ne peut plus seulement se contenter de n’être qu’une question d’idéologie ou d’esthétique gratuite. Etre artiste c’est aussi un métier, et l’art, pour ne pas dire la culture, c’est parfois une question d’argent. Mais de quelle façon la culture préoccupe-t-elle le fameux Plan Sénégal Emergent (Pse) ou alors où la place-t-on dans ce qui sert de cadre de référence à nos politiques publiques ? C’est à cette question que l’on a plus ou moins tenté de répondre tout au long de la matinée d’hier, jeudi 13 août, au cours de la cérémonie de lancement de la lettre de politique sectorielle pour la Culture et la Communication.

Si l’on s’en tient aux explications de l’analyste financier Amadou Babayel Ba du Bureau opérationnel de Suivi (Bos), le Pse, dans ses grandes lignes, soulève en premier lieu le problème de la formation des acteurs culturels, dans un secteur où comme il dit, 85% des personnes concernées ont un niveau d’études inférieur au Certificat d’études. En termes de questions à résoudre toujours, il y a l’accès au financement et la protection sociale. Ce n’est encore qu’un projet, mais le Pse pense aussi à créer 20 centres de développement artisanal.

Amadou Babayel Ba pense aussi, et ce n’est pas nouveau, qu’il faudrait pouvoir prendre en compte l’aspect à la fois culturel et religieux du tourisme, car au-delà de nos plages de sable fin, certaines de nos spécificités culturelles valent le détour et devraient pouvoir être exploitées. L’analyste financier explique d’ailleurs que c’est pour cette raison que le Pse prévoit 3 à 6 «zones touristiques intégrées», histoire d’aller plus loin qu’une sorte de tourisme homogène «sans identité propre».

S’il y a quelqu’un que tout cela laisse plutôt sceptique, c’est bien l’ancien ministre de la Culture, Serigne Modou Bousso Lèye, qui n’a pas eu peur de dire que l’initiative arrivait «en retard», dans un pays comme le Sénégal où la culture est assez «marginalisée». L’Etat, dit-il encore, a même du mal à en faire un «moteur économique». «Ou le Pse a éludé la culture, ou la culture est en retard par rapport au Pse», dira aussi quelqu’un dans la salle.

Pour le comédien Pape Faye, la lettre de politique sectorielle, «ce n’est pas une mauvaise chose», mais il ne faudrait pas que toutes ces belles idées finissent dans des «tiroirs», comme cette vieille question du statut de l’artiste qui se pose depuis «une trentaine d’années».

Présente à cette cérémonie où elle représentait le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, la ministre de la Fonction publique, Viviane Bampassy, insistera surtout sur la nécessité, pour le secteur, d’avoir un «document stratégique» qui dressera une sorte d’état des lieux, entre forces et faiblesses. C’est l’un des objectifs de cette lettre de politique sectorielle, qui devra encore définir «des objectifs ciblés», «mesurables», en plus de sélectionner «les programmes structurants à exécuter», mais sur la base d’un chronogramme.

Sud Quotidien

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