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Liaison maritime Dakar – Ziguinchor: Polémique sur la paternité de « Aguène » et « Diambogne »

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La sortie du maire de Ziguinchor Abdoulaye Baldé, attribuant la «paternité» du projet des deux navires «Aguène» et «Diambogne» réceptionnés par Macky Sall le vendredi dernier (à Ziguinchor), suscite encore des réactions aussi bien du camp du parti au pouvoir que celui de l’édile de la ville de Ziguinchor et des libéraux. Si les militants de l’Alliance pour la République (Apr) évoquent la continuité de l’Etat, ceux de l’Union centriste pour le Sénégal (Ucs) dénoncent une «récupération politique». Retour sur les tenants et aboutissants de ce projet de désenclavement maritime de la Casamance.

La réception officielle des deux navires «Aguène» et «Diambogne», destiné au désenclavement par voie maritime de la région méridionale du Sénégal, le vendredi 19 septembre dernier, à Ziguinchor par le président de la République Macky Sall continue de saliver les acteurs politiques quant à la paternité du projet. La sortie au vitriol de l’actuel maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé a brasillé l’espace public. Pourtant, ce projet négocié et conclu par le régime de Abdoulaye Wade et conduit à son terme par les actuels tenants du pouvoir est un programme de l’Etat du Sénégal qui est une continuité.

En effet, c’est le 29 septembre 2011 que l’ancien ministre d’Etat Karim Wade, en charge du département de la Coopération internationale et l’ambassadeur de la République de Corée (du Sud) au Sénégal ont paraphé un document portant financement d’un projet d’infrastructures et d’équipements maritimes (Miep) d’un coût global de près de 30 milliards de F Cfa, dont 24 milliards du Fonds coréen de coopération pour le développement économique (Fcde), une branche d’Eximbank.

Par ce programme, l’Etat du Sénégal entendait contribuer au désenclavement de la Casamance, par conséquent, favoriser le développement de cette partie du pays, tout en renforçant l’intégration sous-régionale, particulièrement avec la Gambie et la Guinée Bissau. Pour la matérialisation du projet, il a été conclu la construction, à Busan, en Corée du Sud, des deux navires destinée au désenclavement par voie maritime de la Casamance via Foundiougne dont l’escale dépendra de la fin des travaux en cours du «port» de la localité.

Dragage du fleuve Casamance

Seulement, pour une meilleure navigabilité de la Casamance, Macky Sall a annoncé le dragage du fleuve par les Hollandais. Ce qui n’est une nouveauté aussi. Car, l’Etat du Sénégal avait lancé le 21 septembre 2010, une idée de dragage dudit fleuve à travers le «Projet ORIO». D’un coût provisoire d’environ 32 millions d’euros, soit près de 21 milliards de F Cfa, le programme de dragage du fleuve Casamance, une composante du «Projet ORIO», entre la coopération Hollandaise (des Pays-Bas) et la République du Sénégal, à travers le ministère de l’Economie maritime, via l’Agence nationale des Affaires maritimes (Anam), avait été retardé pour études d’impacts.

Il prévoyait notamment le dragage de ce fleuve de l’embouchure au port de Ziguinchor (soit 200 kilomètre) à une profondeur de 7 mètres sur une largeur de chenal de 400 mètres. En annonçant le vendredi 19 février, à Ziguinchor, le chef de l’Etat dépoussière un dossier des tiroirs. Et ce n’est pas la première fois que pareille situation se produise. L’on se rappelle, au lendemain de la première alternance démocratique au sommet de l’Etat survenue en 2000, des socialistes avaient dénoncé la «récupération politique» lors des inaugurations par Abdoulaye Wade des projets de son prédécesseur Abdou Diouf. Et l’illustration la plus parfaite de ces attitudes des politiques a été l’inauguration par l’ancien maire de Dakar, Mamadou Diop, de la piscine olympique, la veille de la date de la cérémonie officielle prévue à cet effet sous la présidence effective du président Wade. C’est à se demander à quoi vaut tout ce charivari ?

Sud Quotidien

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