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Mamadou Ndoye : «Le référendum n’a de sens que s’il porte les réformes de la Cnri»

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En marge de la célébration du Manifeste du Pai, Mamadou Ndoye a décliné les changements constitutionnels dont le Sénégal a besoin aujourd’hui. Le Secrétaire général de Ligue démocratique, qui déplore l’absence de réformes dans le régime de Macky Sall, soutient que le référendum de mai 2016 ne peut avoir de sens que s’il prend en compte les réformes institutionnelles prônées par la Commission nationale de réformes des institutions.

58 ans après la diffusion du Manifeste du Pai, comment se porte aujourd’hui la Gauche ?
La Gauche sénégalaise est dispersée mais essaie de construire son unité. C’est dans ce cadre qu’on a créé la Confédération pour la démocratie et le socialisme avec les forces qui sont de cette obédience mais aussi qui veulent le changement en matière de transformation de la société.
On vous colle l’étiquette de «faiseurs de rois», pourquoi la Gauche ne s’est pas massifiée pour prendre le pouvoir ?
La culture monolithique a empêché la Gauche de se massifier parce qu’il suffisait d’une voix divergente pour que l’exclusion, de fait, soit prononcée. La diversité n’était pas acceptée ; le pluralisme à l’intérieur non plus. Ce qui fait que l’écoute de l’autre point de vue ou de celui de la société est faible. Cette culture monolithique a été notre plus grand handicap. J’espère qu’au niveau de la confédération, nous aurons à intégrer et gérer la diversité.
Quelles sont les réformes dont le Sénégal a besoin ?
Notre pays a besoin de réformes qui nous permettront de faire des avancées en matière d’Etat de droit, mais aussi avec plus de démocratie et de bonne gouvernance. Et nous allons nous battre pour qu’elles soient mises en place. Le pays a besoin de réformer structurellement son économie, c’est-à-dire de passer d’une économie à faible plus-value à celle d’une forte plus-value. Cette transformation structurelle nous impose de passer de l’étape d’un pays à l’exportation de produits primaires à celle d’un pays qui transforme de manière efficace. Nous avons besoin que l’agriculture se diversifie, qu’elle augmente sa productivité. Nous avons besoin d’une économie qui se structure au regard de la dominance de l’informel dans ce pays.
Est-ce que le gouvernement va dans la direction que vous tracez ?
Des actes sont posés mais les défis persistent. Je vous donne un exemple. Le problème de l’éducation reste un défi majeur. La santé, on n’en parle moins mais c’est beaucoup plus catastrophique que l’éducation. Il suffit d’être malade et de se rendre dans un hôpital pour se rendre compte de la gravité de la situation. Quand un mourant doit payer pour être pris en charge, c’est inacceptable ! C’est incroyable ce qui se passe dans ce pays en matière de santé ! En somme, il y a des réformes urgentes. Avec le régime actuel, il n’y a pas de réformes, ou en tout cas, je ne les vois pas. On vient de tenir les Assises de l’éducation. Le gouvernement a organisé un conseil présidentiel et adopté un certain nombre de mesures. Mais, en ce qui concerne la mise en œuvre, pour le moment, il n’y a rien.
Que pensez-vous du référendum qui va se tenir en mai 2016 ?
Ce référendum n’a de sens que s’il porte les réformes institutionnelles prônées par la Commission nationale de réformes des institutions. Maintenant, est-ce que c’est le cas ? Je pense que c’est le Président Macky Sall qui pourra répondre à cette question.

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