});












OPINION – IBRAHIMA SENE : Réponse à Jean François Biagui

= 803

Biagui, je crois que tu as réagi si violemment, non pas par ce que j’ai mis en « doute ta sincérité », mais bien par ce que j’ai relevé une ambiguïté dans tes propos qui t’a mis mal à l’aise.

J’avais pensé que le débat était clos après la précision que tu avais faite. Mais que nenni!
Tu es passé à la vitesse supérieure en me traitant de « malhonnête et de dangereux », en donnant l’occasion à des énergumènes comme Bame Gueye, Pierre Dieng et Kenneth Junior, de verser toute leur haine sur moi.

J’aurais été malhonnête avec toi, si je ne t’avais pas interpelé sur ce que j’ai pensé « ambigu » dans ton texte, connaissant bien l’évolution de tes positions sur la question de la paix en Casamance.

Tu sais très bien que ton « option fédéraliste » comme solution à cette crise, a rencontré un fort désaccord de ma part, puisque sous- entendant, « une égale souveraineté de deux Etats distincts ».

Tu sais bien que c’est cela qui est à la base de l’interpellation publique que je t’ai faite, lorsque dans ton texte tu as parlé d’intervention militaire en Gambie à partir du « territoire de la Casamance », qui ne te serait pas acceptable.

Ce n’est donc pas, de ma part, une démarche mesquine, puisque je suis intervenu par le même truchement que tu as utilisé, en publiant ton texte dans « un outil » que tu considères toi-même, comme « potentiellement dangereux que facebook ».

Ce n’est pas aussi, une tentative de mettre en cause ta sincérité sur « le besoin de paix immédiate dans la justice et la vérité » en Casamance.

Voilà pourquoi, quand, en réaction, tu me traite de « dangereux », je n’en reviens pas, puisque tu sais bien que je ne suis véritablement « dangereux » que pour les « césessionistes » et les « annexionistes » !

C’est pour cela que j’ai été, autant contre la Rébellion armée du MFDC en Casamance, que contre la Rébellion du MNLA au Nord Mali, comme je suis contre les veilléitésannexionistes du Maroc envers le Sahara Occidental, ou d’une certaine opinion émanant de milieux politiques et de la société civile au Sénégal envers la Gambie.

Je suis résolument pour le respect de l’intangibilité des frontières héritées du Colonialisme, et pour l’intégration sous- régionale de nos Etats dans de vastes Fédérations, pour bâtir l’Unité Africaine Confédérale au niveau Continental.

Je sais que ces positions dérangent.

J’ai toujours pensé que malgrè nos divergences de fond sur la sortie de crise en Casamance, nous partagions la même volonté de finir avec la guerre, qui s’est muée, aujourd’hui, en une situation de « ni paix, ni guerre », que la crise post-électorale en Gambie a rendu particulièrement explosive.

D’où mon souci, que j’espère qu’il est partagé par toi, de ne pas chercher à résoudre cette crise Gambienne par une intervention militaire, qui ne pourrait partir que des régions du Sénégal qui sont limitrophes de la Gambie, que sont : les régions de Ziguinchor, de Sedhiou, de Kolda, de Tamba, et de Kédougou, et /ou par voie maritime.

Rien de tout cela n’est acceptable au vu du contexte et de la conjoncture des menaces jyhadistes dans notre sous- région.

Il ne faut pas oublier, que le régime de Jammeh n’est pas seulement despotique, mais il est aussi un régime, « islamique qui applique la peine de mort, et est ouvertement anti –gay », qui est sorti du Commonwealth, et qui est un acteur clef de la crise en Casamance !

A ce titre, il a bien des « adversaires internes qu’externes ».

IL a aussi des « amis internes et externes » en Gambie, dans notre sous- région, y compris au Sénégal, et dans le Moyen Orient, sans compter Taïwan.

Donc, un « coup de pied militaire » dans cette fourmillière, est gros de toutes les dérives assassines possibles pour nos peuples et nos Etats de la sous- région.

J’ose espérer, Biagui, qu’il n’est pas trop tard, pour renouer notre collaboration dans la recherche de « la paix, la concorde, et la justice dans la vérité », dans cette partie Sud du Sénégal, qui est notre chère Casamance.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *