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Prolifération des syndicats d’enseignants : Les acteurs diagnostiquent le mal

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Lors d’un atelier sur l’unité syndicale dans le secteur de l’éducation, les acteurs ont expliqué les raisons de leur division. Un élan unitaire a été vivement souhaité.

La composition de la salle de conférence de la Maison des travailleurs Iba Ndiaye Djadji permet d’avoir un aperçu sur l’émiettement du mouvement syndical enseignant.

Ils sont plus d’une vingtaine de responsables de syndicats à être présents hier lors de l’atelier sur l’unité syndicale organisé par le Comité du dialogue social section éducation et formation.

Cette dispersion des forces se manifeste par une perte d’hégémonie syndicale et le manque de crédibilité des syndicats qui font face à d’énormes défis.

Alors, les organisations syndicales de l’enseignement sont-elles con­dam­nées à cheminer ensemble pour répondre aux aspirations de leurs mandants ?

Oui, répond Mamadou Diop Castro, icône du syndicalisme.

«Nous avons besoin d’un dialogue social de qualité. Il faut donc des acteurs forts et crédibles capables de réflexion et d’actions pour pouvoir participer à la mise en œuvre des politiques publiques mais aussi à leur évaluation.

Cela permettra de développer des initiatives, des lobbyings afin d’influer sur les politiques. Le mouvement syndical est un acteur clé dans le système éducatif sénégalais.

Cependant, il est traversé par une crise profonde caractérisée par un éparpillement extraordinaire. Il faut remédier à cela», a déclaré le président du Comité du dialogue social section éducation et formation.

Le décor est ainsi planté. Il faut trouver les causes de cette prolifération des syndicats d’enseignants. Ancien secrétaire général du Sudes, Mamadou Diouf relève comme première explication le manque de démocratie dans les syndicats.

«Le manque de démocratie interne et de transparence est un défi dans la gestion des syndicats.

Lorsqu’un syndicat fonctionne de façon opaque et que les mécanismes de transparence à la tête de l’organisation ne sont pas réunies, il arrive que des militants se sentant étouffés trouvent légitime d’aller chercher d’autres cadres d’expression», diagnostique-t-il. Deuxième raison, d’après M. Diouf, le rôle de l’Etat qui n’est pas neutre.

«Chaque fois qu’un ministre est là, pour des questions purement politiques, il cherche des alliés dans le mouvement syndical. Finalement au sein du mouvement, il y a des sapeurs-pompiers et des pyromanes.

L’Etat n’est jamais neutre et a une responsabilité dans cet émiettement du mouvement syndical. L’Etat use du fameux principe de diviser pour mieux régner», dénonce-t-il.

Coordonnateur du Grand Cadre, Mamadou Lamine Dianté relève pour sa part l’ego de certains syndicalistes qui veuillent vaille que vaille devenir secrétaires généraux.

«Il y a l’aspiration de certains à vouloir entrer dans l’histoire par effraction.

On a beau décrier l’absence de démocratie interne au niveau des syndicats mais il faut dire que dans le cas d’une organisation où la démocratie est fortement exprimée, il arrive que des gens veuillent coûte que coûte être secrétaires généraux.

Ils quittent le syndicat lorsqu’ils sont battus démocratiquement», souligne le secrétaire général du Saems-Cusems.

Le Quotidien

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