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Règlement de la crise sur la traversée dela transgambienne: Jammeh est plutôt préoccupé par sa réélectionRèglement de la crise sur la traversée dela transgambienne: Jammeh est plutôt préoccupé par sa réélection

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Est-ce l’amorce d’un dialogue entre autorités sénégalaises et gambiennes pour résoudre la dernière crise sur la traversée de la Transgambienne ? Difficile de répondre à cette question à Banjul où nos sources renseignent que Paul Badji, le tout nouveau Secrétaire exécutif du Secrétariat permanent sénégalo-gambien, a rencontré, ce mardi, la Vice-présidente gambienne Isatou Njie Saidy.

La rencontre, avant-hier, entre le tout nouveau Secrétaire exécutif du Secrétariat permanent sénégalo-gambien et Isatou Njie Saidy est décrite par l’entourage de la Vice-présidente gambienne comme une « routine », puisque le remplaçant de l’ambassadeur Doudou Salla Diop vient juste de déposer ses baluchons à Banjul. Pourtant, nos sources admettent que la discussion sur le blocus de la frontière avec la Gambie, imposé depuis huit jours par des chauffeurs sénégalais, s’est bien invitée à ce tête-à-tête entre Paul Badji et Isatou Njie Saidy. Mais, soulignent nos interlocuteurs, les deux officiels ne l’ont mentionné que pour le regretter parce que, selon eux, « Le Sénégal et la Gambie sont un même peuple ». A Banjul, l’entourage de la Vice-présidente gambienne reconnaît qu’Isatou Njie Saidy n’assure que des fonctions protocolaires, en l’absence du Président Yahya Jammeh.

« Ce n’est pas cette dame qui peut sûrement agir sur un quelconque levier ou prendre une décision stratégique pour décanter la situation, même après avoir reçu Paul Badji », confie une autre source. Notre interlocuteur renseigne que « Yahya Jammeh est, depuis une semaine, à Kanilai où il prépare le congrès d’investiture de son parti qui va officiellement le désigner candidat pour la présidentielle de décembre prochain. « Cette histoire de blocus de la frontière n’est pour le moment pas la tasse de thé de Babili Mansa Nasirudeen. Il sait que chez vous (au Sénégal), vous finissez toujours par vous entredéchirer et à céder aux tarifs qu’il impose à vos chauffeurs », expliquent unanimement nos sources.

Une crise « dommageable au trésor public gambien »

Toutefois à Banjul, où la situation économique est catastrophique, le gotha des affaires et certains officiels s’étonnent que le Président gambien ait choisi ce moment pour provoquer une nouvelle crise « dommageable au trésor public gambien ». Un cadre du Revenue collection department (le département des recettes du Port autonome de Banjul) qui gère les ferries révèle : ‘’Avant cette dernière crise, nous enregistrions entre 8 et 9 millions de francs CFA de recettes quotidiennes entre Bamba Tenda et Yilli Tenda, dans la région de Farafenni. Ce mercredi par exemple, nous avons à peine obtenu 595 000 francs CFA. La situation est catastrophique entre Banjul et Barra où nous avons seulement eu 297 000 francs CFA, au lieu de réunir entre 4 et 5 millions de francs CFA par jour comme avant », souligne l’officiel.

Du côté des entreprises du bâtiment opérant en Gambie, les conséquences, une semaine après le blocus, sont tout aussi désagréables. Le basalte importé du Sénégal qui coûtait 902 596 francs CFA la benne coûte désormais 1 275 000 francs CFA. « A ce rythme, certains chantiers seront bientôt à l’arrêt parce que beaucoup de matériaux de construction, comme le ciment ou en encore le fer, sont importés du Sénégal », confie un chef d’entreprise qui souhaite taire son identité.

Pour rappel, les chauffeurs sénégalais bloquent la circulation des véhicules de transport à la frontière entre le Sénégal et la Gambie pour, disent-ils, « riposter au dictateur gambien » Yahya Jammeh qui a unilatéralement décidé de porter à 400 000 francs CFA la traversée de la Gambie par les camionneurs sénégalais. Un nouveau tarif qui ne tient pas en compte le paiement de 1000 francs CFA pour chaque tonne de marchandises transportées par leurs véhicules.

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