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Remplacée à la tête de l’Ofnac: Nafi Ngom Keïta confirme son recours à la Cour suprême

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Nafi Ngom Keïta a passé hier le témoin à son successeur Seynabou Ndiaye Diakhaté. La présidente sortante de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption a saisi ce moment solennel pour confirmer son recours en annulation contre le décret présidentiel mettant fin à ses fonctions.

Nafi Ngom Keïta n’entend pas reculer d’un iota dans sa détermination à attaquer, devant la Cour suprême, le décret du Président Macky Sall mettant fin à ses fonctions de présidente de l’Ofnac. Elle l’a fait savoir hier dans les locaux de cette institution, à l’occasion de la cérémonie de passation de service avec sa remplaçante, la magistrate Seynabou Ndiaye Diakhaté. L’inspectrice générale d’Etat de classe exceptionnelle dit vouloir exercer son recours en annulation devant la chambre administrative de cette haute juridiction jusqu’au bout pour une raison simple : ‘’un combat de principe’’ et de ‘’sauvegarde de la société démocratique’’.

L’ex-patronne de l’Ofnac pense que son mandat n’était pas arrivé à terme. Par conséquent, l’acte de révocation pris par le président de la République à son encontre est, à ses yeux, irrégulier. ‘’C’est précisément la principale raison de mon recours à la Cour suprême en vue de l’annulation du décret mettant illégalement un terme au mandat de la Présidente de l’Ofnac’’, s’est-elle justifiée. Cependant, précise l’administrateur civil, cette action en justice ne vise nullement la personne du Chef de l’Etat, mais bien l’acte illégal qu’il a pris. Il ne vise pas non plus, selon elle, sa remplaçante.

Et quelle que soit l’issue de son recours pour excès de pouvoir, Nafi Ngom Keïta reste persuadée que c’est ‘’le Sénégal qui en sortira gagnant. Car, soutient-elle, le droit et la jurisprudence administrative n’en seront que mieux renforcés. ‘’En réalité, il serait paradoxal que l’Ofnac qui est devenu un espace de libre expression des frustrations nées de la corruption et de diverses formes d’injustices subisse, à travers ma personne, une injustice aussi grave sans la dénoncer par les moyens appropriés’’, a martelé la présidente sortante.

‘’La corruption combat la lutte contre la corruption’’

Pour Nafi Ngom Keïta, au-delà d’être un combat de principe, la lutte contre la fraude et la corruption est une question de ‘’responsabilité pour la prospérité’’. Revenant sur ces trois années de commande à la direction de cette institution, l’ancienne présidente souligne que son parcours était parsemé d’épreuves. ‘’Ma mission était très difficile et complexe. Parce que la corruption combat la lutte contre la corruption. Cela veut dire que les corrupteurs se servent de leurs milliards pour combattre les personnes qui ont en charge la lutte contre la corruption. C’est pourquoi ma mission était très ardue et délicate’’, a-t-elle confié.

Un passage qu’elle considère, en dépit des difficultés rencontrées, comme tout de même une aventure exceptionnelle. ‘’Cette expérience qui nous a menés aux contacts des populations et qui nous a valu leur confiance me renforce dans ma certitude que le combat contre toutes les formes de délinquances économiques et financières ne fait que commencer’’, a-t-elle déclaré. Après avoir remercié les membres de son ancienne équipe pour leur professionnalisme, Nafi Ngom Keïta a réitéré son engagement contre les pratiques illicites au Sénégal. ‘’Je continuerai d’inscrire mon action dans l’intégrité, la transparence et l’exemplarité aussi longtemps que je vivrai. Le combat contre la corruption se poursuit!’’ s’est-elle exclamée en guise de conclusion.

Pour sa part, Seynabou Ndiaye Diakhaté, la nouvelle présidente, s’est dite confiante pour la réussite de sa mission. ‘’Je suis habitée par un sentiment de confiance de travailler avec des hommes et des femmes engagés et dévoués’’, s’est rassurée la présidente patronne de l’Ofnac.

NAFI NGOM KEÏTA SUR LA SUSPENSION D’OUSMANE SONKHO

‘’Les fonctionnaires sont obligés de dénoncer les pratiques illicites’’

Nafi Ngom Keïta n’est pas restée indifférente hier à la suspension du président du Pastef, Ousmane Sonkho, de ses fonctions d’inspecteur principal des Impôts et Domaines. Selon l’ancien présidente de l’Office national de la lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), la loi fait obligation aux fonctionnaires de dénoncer ‘’les pratiques illicites’’ qui gangrènent le service public. A son avis, un fonctionnaire de l’Etat n’a pas le droit de se retrancher derrière l’obligation de réserve pour fermer les yeux sur des cas de corruption ou de fraude.

Comme preuve, elle convoque les chartes internationales auxquelles le Sénégal a adhéré. ‘’On parle d’obligation de réserve en ce moment. Mais il faut savoir qu’avec la convention des Nations unies contre la corruption, la convention de l’Union africaine et le protocole de la Cedeao, ratifiés par le Sénégal, il est obligatoire dans notre pays de dénoncer les actes de corruption et de pratiques illicites’’, a-t-elle avancé. A ses yeux, la loi doit au contraire protéger les dénonciateurs et non les sanctionner. Pour elle, l’obligation de réserve ne vise que ‘’les secrets d’Etat’’ et non ‘’des secrets contre l’Etat’’.

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