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Reportage – Sénégal / Lutte contre le terrorisme : Le port du voile intégral diversement apprécié par les habitants de Dakar

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« Le fait de porter ou de ne pas porter un voile intégral, n’entache en rien de la foi de quelqu’un », affirme Daouda, 32 ans, barbe rasée assis devant la mosquée de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, une dizaine de documents à côté de lui.

Une mosquée au quartier Yoff de Dakar, photo d’illustration

« si je vois des femmes voilées, même avec un foulard sur la tête, je pense à autre chose, même si je sais que c’est différent de la burqa″, raconte Didier étudiant à la faculté de Droit qui dit avoir « la phobie des têtes toujours couvertes ».

Après les attaques de Paris et surtout du Radisson Blu de Bamako au Mali, le président sénégalais a émis le souhait d’interdire le port intégral du voile ou la burqa pour prévenir les actes de terroristes. Un sujet « sensible » au Sénégal dont 95% de la population est de confession musulmane.

« Le port du voile intégral n’est pas une affaire de religion et ne correspond pas à notre culture », selon le ministre sénégalais de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, lors d’une rencontre sur le terrorisme mardi à Dakar.

Pour l’étudiant de 23 ans et originaire de Kédougou (Sud Est, 702 Km de Dakar), les autorités devraient « modérer leur propos » par rapport au port de voile, une question qui est « trop sensible ».

Rencontrée en bordure de route, Aïssatou 27 ans, habillée d’une jupe courte et d’un t-shirt qui laisse découvrir son nombril, secrétaire dans une entreprise de téléphonie après avoir obtenu son diplôme en Informatique en Tunisie, ne voit pas l’utilité du port de la Burqa (voile intégral).

« Cet habillement n’apporte rien et constitue une menace même pour celles qui le portent ainsi que leur entourage » avertit-elle, tout en appelant l’Etat à prendre des « mesures draconiennes » avant que le malheur ne vienne pour réagir « tardivement ».

Une position que ne partage pas, l’imam Souleymane Sow, joint au téléphone depuis la ville de Matam (Nord, 693 Km de Dakar) qui stipule que la femme doit se voiler tout le corps à l’exception des paumes des mains et les yeux.

« Le port du voile est un commandement divin. Une recommandation d’Allah. Dans le livre saint, Dieu a expressément prescrit: « Oh prophète, dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de ramener sur elles leurs grands voiles, elles en seront plus vite reconnues et elles ne seront pas offensées », rappelle-t-il.

Pour lui, le port du voile n’a « jamais posé un problème » au Sénégal avant d’ajouter que les terroristes peuvent s’adapter à n’importe quelle situation pour commettre leur forfait.

Trouvé à côté de l’église de Saint-Paul de Grand Yoff (quartier populaire au centre de Dakar), Joseph Badji 45 ans, promoteur du dialogue islamo-chrétien prône plutôt la sensibilisation afin d’ »éloigner les jeunes de l’embrigadement qui risque de porter préjudices aux générations futures ».

Le 17 décembre se tiendra une réunion des Chef d’Etats membres de la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest. L’épineux sujet sur l’interdiction ou pas du port de la burqa devrait être au centre des débats.

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