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Serigne Khadim Mbacké : D’où vient-elle vraiment la division de l’Humanité ?

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Après les attentats de Paris, en tant qu’être humain, on est amené forcement à s’interroge sur ce déchainement de violence qui secoue le monde. Comme musulman également, je cherche à répondre à ceux qui soutiennent que l’islam divise. Je ne cherche pas ici à défendre un musulman ou des musulmans mais l’islam en tant que religion venant d’Allah.

Ce qu’on ne dit pas assez est que l’islam est une chose, mais le fait d’être musulman en est une autre. Le monde est plus que jamais divisé, mais d’où vient-elle cette division?

Et comment la politique s’est-elle transformée en un monstre destiné à dévorer les hommes les uns après les autres?

Ces questions me taraudent et me plongent dans une méditation profonde.

Mais à chaque fois que je crois trouver la réponse à mes questions, je trouve que je contredis la majorité.

Finalement, je conclus que la masse ne voit que l’ombre des choses, et la réalité, car elle soutient que la religion divise et rend barbare les hommes. Mais est-ce bien le cas ?  

         Toutes les trois grandes religions, le judaïsme, le christianisme et l’islam, considèrent que les hommes, quelque soit leur différence ethnique, linguistique, confessionnelle, etc.,  ont une même ascendance, à savoir Adam et Eve.

Par conséquent, quelque soit l’injustice qu’on infligeait aux autres peuples, on ne pouvait point nier leurs droits humains.

C’est dans cette optique que l’islam voit les choses lorsqu’il considère que celui qui tue une personne non coupable d’un meurtre, est considéré comme  étant l’assassin  de toute l’Humanité. Il défend le droit à la vie pour tout le monde et non uniquement pour les musulmans.

Et mieux encore, il nous interdit de porter atteinte aux liens qui unissent les hommes. Ainsi, dans la Sourate 5 : « Ô hommes!

Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse(2), et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes… et craignez de rompre les liens du sang ».

L’islam, ainsi que toute les religions révélées, ne font aucune distinction entre les hommes en ce qui concerne les droits humains et la dignité humaine.

Donc, d’où est venu ce sentiment de différence ?

Je chercherai à montrer, à travers Voltaire, que ce sont les Lumières qui ont divisé l’Humanité.

        Ce sont eux (les Lumières), qu’on aurait dû appeler les obscurantistes, qui ont rompu avec la tradition biblique et coranique selon laquelle les hommes sont tous des fils d’Adam.

La France ne se vante-elle pas de son « esprit voltairien » alors que ce Voltaire peut être considéré comme étant l’un des philosophes qui ont théorisé le racisme scientifique.

En effet, c’est dans son Essai (Essai sur les Mœurs et l’esprit des Nations) qu’il défendait des idées qui ont donné au racisme une autre envergure. Dans ce livre, Voltaire  affirme qu’« il n’est permis qu’à un aveugle de douter que les Blancs, les Nègres, les Albinos, les Hottentots, les Lappons, les Chinois, les Américains soient des races entièrement différentes ».

Toujours, dans ce même livre, il soutient que «  les Blancs et les Nègres, et les Rouges, et les Lappons, et les Samoïèdes, et les Albinos, ne viennent certainement pas du même sol.

La différence entre toutes ces espèces est aussi marquée qu’entre un lévrier et un barbet ». Ainsi, il rompt avec la logique selon laquelle l’Humanité a une même et unique origine.

De plus, il ne s’arrête pas là, car il pousse le racisme à son paroxysme en considérant les hommes comme des races distinctes les uns des autres et défend l’infériorité des autres peuples par rapport aux Blancs : « Nous ne croirions pas qu’un peuple si abominable (les Juifs) eut pu exister sur la terre ».

Ailleurs, il parle des Tsigane : « Il y avait alors une petite nation, aussi vagabonde, aussi méprisée que la Juive, et abandonnée à une autre espèce de rapine ; c’était un ramas de gens inconnus, qu’on nommait Bohèmes en France, et ailleurs Egyptiens, Giptes ou Gipsis, un Syriens (…). »

Même s’il écrit sur la tolérance, c’est lui qui légitime non seulement la traite négrière en affirmant que « ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir », mais également il leurs donne une place comparable au stade animal : « Je débarque vers les côtes de l’Océan, dans le pays de la Cafrerie, et d’abord je me mets à chercher un homme.

Je vois des singes, des éléphants, des nègres, qui semblent tous avoir quelque lueur d’une raison imparfaite… » Ainsi, ce soi-disant philosophe développe des idées qui ont enfanté à leur tour, le nazisme, le fascisme, la suprématiste blanche, l’apartheid, la ségrégation etc.

Et entraine par conséquent les guerres les plus meurtrières que l’humanité n’a jamais connues. Je me voyais bizarres quand je pensais que les Lumières n’ont pas du tout tiré l’Humanité de l’ignorance, mais ont par contre plongé le monde dans une lumière noire.

Par ailleurs, la réflexion politique avait pour but le bien public. Ainsi, lorsque Dieu demande à David d’être son vicaire sur la terre, il ne lui recommanda qu’une chose : «  juger les hommes en toute équité ». Là aussi, il ne lui demande pas d’être juste uniquement envers les croyants, mais à l’endroit de toue l’Humanité.

Même jusqu’à l’antiquité grecque, les théories politiques étaient aussi des traités de morale ; ainsi la République de Platon peut être considérée comme une leçon de morale. Mais c’est Nicolas Machiavel qui a rompu avec cette culture en théorisant une nouvelle philosophie politique.

Selon lui, le politique, même s’il doit donner une apparence vertueuse (honnête, bon, royal), doit savoir que la conquête ainsi que l’exercice du pouvoir nécessite un manque de scrupules. En effet, ce qui importe, c’est le résultat et non les moyens.

C’est cette vision qui a perverti la politique. De nos jours, ce qu’on considère comme des grandes démocraties mènent une politique machiavélique.

La morale, l’éthique et le scrupule n’ont strictement plus rien à voir dans leur politique. Quel est véritablement le rôle des services secrets des Etats ?

Pourquoi les Démocraties passent leur temps à s’espionner ?

On se souvient bien de l’affaire des Blackberry et les écoutes effectuées sur président Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande par la NSA qui a aussi écouté Angela Merkel.

Cela montre que même les pays, qui se considèrent comme des alliés, ne se font pas confiance. De plus, certains concepts qu’on invente et qu’on interprète aux grès des intérêts ne sont que des prétextes afin de mieux manipuler la masse.

Par exemple, La déclaration des droits de l’homme est-elle vraiment sincère ?

Je ne le pense pas. Parce que la France a continué à pratiquer l’esclavage puis la colonisation après avoir fait cette déclaration. Et au moment où des Nations comme le Sénégal, le Mali, le Togo, le Benné, l’Algérie etc., étaient considérées comme faisant partie du territoire français, général de Gaulle tenait ces propos en mars 1959 : « la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.» Lorsqu’il prononçait ces paroles, les « Blancs » étaient minoritaires dans les territoires français, mais les autres n’auraient pas d’importance à ses yeux.

Il y a quelques jours, les pilotes d’air cocaïne se sont évadés des prisons de la République Dominicaine aidés par un député français. Comment des trafiquants présumés peuvent s’évader et que le République dominicaine lance un mandat d’arrêt international sans que la France, qui se veut un pays de droit, ne les arrête pas et les remettre à la justice dominicaine ? Et pourtant ces deux pilotes  ne sont pas exempts de tous soupçons puisque dès leurs arrivé en France le parquet de Marseille a ouvert une enquête contre eux. Toujours dans cette logique, lorsque l’Union Européenne a mis un embargo sur les armes contre la Syrie, François Hollande a déclaré qu’il n’hésitera pas à violer cet embargo, chose qu’il a faite en donnant clandestinement des armes aux rebelles syriens. Ceci montre que la politique, telle certains états la pratique, est une affaire de force et non de valeurs.

       S’il y a un déchainement de violence, il est nécessaire qu’on se pose des questions et qu’on cherche à trouver des réponses. Si l’humanité est divisée aujourd’hui, c’est que ce sont des soi-disant philosophes qui ont su faire avaler des salades à la masse. Enfin, la politique n’est plus dans le service de l’Humanité, mais sert les intérêts d’une minorité qui n’a ni Foi, ni Croyance ni idéologie si ce n’est que l’argent.

Khadim-Mbacke Abass

mbackekhadim@hotmail.fr

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