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Sokhna Mai Mbacké – Bien de par le Nom, Mieux de par l’Acte.

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Rien n’est plus reposant pour l’individu, plus dissipant pour ses soucis et plus agréable que d’avoir un cœur saint et exempt des affaires du ressentiment et du bouillonnement des haines et des inimitiés.

La querelle, en se développant, en s’enracinant et en multipliant les ramifications de ses épines, détruit la fraîcheur de la Foi, tue la bonté et l’amour de la paix qu’elle inspire. Et il n’y a plus alors aucun bien dans l’observation des rites prescrits ou des bonnes actions qui n’apportent plus aucune protection à l’âme. Souvent, la querelle s’empare des esprits de son auteur et le pousse à commettre des écarts avilissants pour la grandeur d’âme et des péchés graves qui font encourir l’abaissement de la conscience.

Aveugle aux vertus, amplifiant les vices, l’âme cède, sous l’emprise de la haine et du ressentiment, à la déperdition du corps et au dépérissement de l’esprit.

Ce sont autant d’attitudes abhorrées par l’Islam et méprisés par la voie de Cheikh Ahmadou Bamba qui mettent en garde contre ces abominations et fait de leur éradication les meilleures oeuvres pour se rapprocher de Dieu.

Notre chère patrie qui aux antipodes d’un grand nombre de ses voisins à sue forger et modeler une nation tolérante et indulgente et ce part une culture remarquable de la paix et de la quiétude.

Cet esprit de dépassement, cette tolérance, cette quête perpétuelle de la sérénité pour un commun vouloir de vie commune dans un Sénégal de paix est un legs de l’histoire, un don de nos ancêtres à l’image de l’incomparable Cheikh Ahmadou Bamba Khadim Rassoul qui se doit de nous inspirer inlassablement dans nos actes et paroles de par son ardeur, son courage et de fort militantisme du pacifisme.

En effet, la culture de la paix de Cheikh Ahmadou Bamba se décline dans tous les aspects de son existence. Sa vie seule suffirait à éclairer sur cette dimension d’essence divine, car le véridique Cheikh Ahmadou Bamba vivait pour Dieu, et ceci dès sa plus tendre enfance. Sa vie pourrait servir, à elle seule, de base d’enseignement et d’éducation à une véritable culture de paix et de tolérance.

En effet, le Cheikh a subi l’injustice, mais il n’a jamais appelé à la vengeance. Au contraire, il a pardonné, et mieux, il a prié pour ceux qui lui voulaient du mal. Et tout ceci dans un contexte historique de dénégation de tout droit aux indigènes des sociétés colonisées, dans la période charnière qui marquait la fin du 19e siècle et l’entrée dans le 20e siècle. La quiétude de Cheikh Ahmadou Bamba est d’essence divine et son action prophétique est fondée sur une authentique culture de la paix.

Nous ne faisons pas une biographie ni une historiographie de la vie du Saint Homme, nous voulons souligner sa vie et son œuvre entièrement fondées sur un idéal qui est la quête permanente de Dieu avec un engagement conscient et responsable dans la société au service de l’Homme en tant qu’exemple.

Modèle, dons nous avons la certitude que les descendants conscients de  l’œuvre et éveillés du message de leur aïeul tachent de suivre scrupuleusement.

En effet, se revendiquer descendant du Noble Serviteur Du Prophète (Paix et salut sur lui) ne se limite pas au fait de répondre par son patronyme et de bénéficier de l’honneur qui y est rattaché mais dans le fait de s’abriter fidèlement des principes  et fondements de son idéologie et de le considérer comme exemple primordial dans l’ensemble des caractéristiques de la manœuvre de son existence.

Ainsi, l’étalage de certains actes et paroles qualifiés de violentes et d’offensantes ne devrait s’identifier aux légataires d’un homme dont toute la vie a été consumée à la quête de la paix et à la culture de la tolérance, et ce peut importe les causes.

Si ce n’est par respect aux années d’injustice, de tyrannie et de provocation que le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba a subi et dont sa seule réponse fut « Je pardonne l’ensemble de mes ennemis », au moins que ce soit par considération de ce patronyme, véritable présent du Seigneur que nous portons et par lequel nous répondons.

Ce dernier devrait avoir un poids conséquent sur quiconque le détient car il est en réalité une marque non changeable et inamovible qui octroi à l’ensemble de ses sujets une connotation digne des plus respectueuses.

Cette dernière se doit donc d’être confirmé par des conduites et comportements, des manières d’être et de faire loyaux à leur source.

Notre Cheikh et unique source à tourné le dos au tort mais de manière plus important il s’est détourné de la vengeance.

L’émotion spontanée est rarement bonne conseillère, et ce n’est pas parce que j’ai en moi cette pulsion de vengeance qu’il est bon de la satisfaire. La compréhension profonde, la compassion et le pardon sont des chemins plus sûrs à long terme, pour les autres mais avant tout pour soi. La colère contenue, maintenue en soi, au chaud, ne produit que des catastrophes qui nous installent durablement dans la honte, le regret et la faute.

De plus, si la vengeance trouve à entre satisfaite, c’est souvent au prix d’un délit, voire d’un crime que nous commettons. C’est la fameuse spirale funeste de la violence qui appelle la violence, de la vengeance qui excite la vengeance.

Quand s’arrêter ?

Lorsqu’une intelligence s’élève pour refuser la barbarie et instaurer la justice. Car la vengeance n’est jamais juste, on ne rend jamais dent pour dent, mais plutôt œil pour dent ! La loi du Talion est une réalité mais elle n’est pas réaliste. Soit on se venge et alors on rend plus que ce qu’on a reçu, soit on veut respecter l’égalité? de proportion et alors on recourt à une authentique justice.

Et quelle justice est plus juste que celui de son créateur ?

Se venger, c’est faire justice soi-même – ce qui est une contradiction dans les termes car on ne peut être juge et partie.

La justice exige du jugement, donc une analyse objective et un regard impartial. Un authentique juge met en balance les analyses et les points de vue opposés sur une; le jugement est souvent un équilibre. Or mon jugement, sous le coup du ressentiment, est complaisant, subjectif et partial!

Notre monde a plus que jamais besoin d’exemples d’êtres qui ont montrés la voie de la paix, et qui se sont illustrés par les remèdes qu’ils ont apportés aux maux de la société.

Dans notre pays, Cheikh Ahmadou Bamba est celui- la, et il a su relever, par des moyens pacifiques, le défi de la violence extrême qui lui était opposée, et ceci dans un contexte autrement plus négateur des droits humains.

Une culture de paix au service de l’humanité.

L’action de cette idéologie est vertébrée par la Khidma, qui est un service rendu aux humains pour l’Amour de Dieu. Le fait de se mettre au service des autres pour plaire à Dieu (à l’image de tout croyant) annihile toute velléité de volonté de puissance ou de concurrence, caractéristiques essentielles des sociétés humaines.

De plus c’est le contexte qui nous l’impose.

C’est juste une question de choix et  le  choix ne consiste pas à préférer une chose parmi une multitude mais il consiste plus à se déterminer par rapport à ces choses qui s’excluent mutuellement et où l’une entraîne la disparition de l’autre tél que :

La paix face à la violence ;

L’amour face à la haine ;

Le pardon face a la vengeance.

Ainsi, quel serait l’avenir de notre société, nous Mourides si le message traduisant la vision pacifiste, tolérante et humaniste de Cheikh Ahmadou Bamba n’est en réalité pas assimilé par ceux qui se devaient de l’émettre ?

Mai Mbacké Djamil

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