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TOUBA : Hâlia sous le choc a dit adieu Abdou Rahim Brown

= 1935

La mort de Abdou Rahim Brown, l’afro-américain, le citoyen hors paire a plongé toute la cité dans le désarroi. Hâlia vient de perdre par sa disparition non seulement un citoyen d’adoption mais un frère aux qualités humaines rarissimes appréciées par ceux qui l’ont connu.

En moins d’une décennie, il était devenu familier à tous les fidèles qui fréquentant la mosquée Cheikh Mourtada où il faisait sa prière de vendredi, cadre choisi par le pédagogue, le professeur de collège  en retraite pour inculquer une parmi d’autres catégories de la voie mouride, dans l’esprit de son fils Malick : il s’agit du l’hâdya ou don volontairement remis au Cheikh dans le but d’obtenir des grâces divines par ce geste accompli en son honneur. Ainsi chaque vendredi il remettait à son fils un billet de banque qu’il allait déposer dans les paumes de l’imam avant de tendre les bras pour recueillir ses prières, après la prière de vendredi-Et la scène était devenue familière à tout le monde.

Quant aux voisins ils auront encore longtemps en mémoire la longiligne silhouette de l’homme aux regards profonds, habité, semblait-il, par le souci de découvrir l’ ‘’autre’’, son frère africain qu’il faut vaille que vaille connaitre pour un meilleur vivre-ensemble dans son nouveau pays d’adoption.

Mai le sort, malheureusement tragique, a décidé autrement. Malgré tout Ibrahim a partagé avec ses frères sénégalais des moments inoubliables dans les deux dernières décennies de ses 72 années. Cet afro-américain originaire  de Cin Cinnaty (USA) était devenu musulman vers 1994 selon Serigne Abdoulatif Mourtada.

Dame Babou le premier sénégalais qu’il avait rencontré avant cet événement a donné  ici des précisions de taille : « Nous nous sommes rencontrés pour la première fois en 1977 à la mosquée Clifton  où il s’y était approché de moi. On s’y parlait souvent. Je l’ai vu porté des habits aux couleurs et styles africains, et me semblait, à l’époque apprécier notre mode de vie, nous les sénégalais au sein de la diaspora. Par la suite je l’ai mis en contact avec d’autres sénégalais chez Serigne Dame Ndiaye le responsable de notre Dâhira dont il devint un membre. Il venait régulièrement aux réunions et s’acquittait de ses cotisations. D’ailleurs il faisait mieux que tout le monde. Il fut le premier  membre à verser une somme de 1000(mille) dollars.

C’était grâce à ses efforts personnels – parmi tant d’autres

– Que le projet de la fondation khadimou rassoul était devenu une réalité

– En 1998 il devient par l’entremise de Cheikh Mourtada auquel il vouait un respect et une admiration que des actes extraordinaires ont mis en évidence : de nombreux efforts physiques et des charges financières qu’il s’était imposés pour remplir toutes les formalités relatives aux marches dans les rues, auprès de la municipalité et de la police, avant l’arrivée du Cheikh pendant chaque visite aux USA.

Lors d’une de ces visites, les talibés habitués de voir les actes combien grandiose de Ibrahim en on parlés devant Cheikh Mourtada qui aussitôt réagit à sa manière. Il était en train de lire le coran.

Mais il interrompit la lecture et posa le livre saint sur les mains d’Abdou Rahim Brown. Par ce cadeau il venait de reconnaitre le mérite d’un disciple digne d’être qualifié d’authentique.

Nul n’est mieux placé que les proches compagnons de voyage, en vie, qui ont vu le Cheikh retourner à une ville d’Europe pour y avoir laissé dans l’hôtel son inséparable coran avant de regagner l‘autre ville où il venait à peine d’arriver la veille, pour apprécier ce cadeau singulier qu’Ibrahim avait obtenu.

C’était  vers 2006 que l’enseignant qui avait pris sa retraite s’est installé au Sénégal où un mariage avec une sénégalaise lui a donné deux garçons : Mourtada et Malick Shabbaz Brown.

Ce dernier porte le nom d’un célèbre leader des Black muslim dont le discours revendicatif reste encore vivace dans le mémoire collective des afro-américains.

Entre autres les actes qui témoignent de sa légendaire générosité et de son altruisme sans borne, les sommes d’argent qu’il versait mensuellement à deux familles vivant dans le dénuement à Dianatoul Mahwa à l’ouest de Touba, les achats de bœufs dont les viandes étaient distribuées aux voisins lors des événements religieux tels que le Gamou et le Magal, le projet d’élevage de poulets de chair qu’il avait débuté avec 600 poussins mais dont le résultat final de la production a été distribué  à des talibés, des voisins et des cheikhs mourides.

L’un de ces derniers, Serigne Mountakha Bassirou quand il a appris le décès du bienfaiteur s’est souvenu de lui en le nommant ‘’le propriétaire des poulets’’ Borom Gannar ya en wolof.

Enfin un autre acte de bonne volonté : la promesse qu’il avait faite à Serigne Abdou Latif Mourtada  son voisin immédiat à qui il avait dit : « demande aux maçons de te faire le devis pour la finition des travaux de la construction de ta maison, je payerai tout avec de l’argent que j’attends prochainement.

La mort d’un homme de cette trempe a plongé le quartier Hâlia dans la consternation la nuit du samedi 24 octobre 2015.Le jour de l’enterrement le mardi 27 octobre 2015 les habitants du quartier conduits par les représentants de Serigne Mame Mor, Mamadou léye qui fut le guide et interprète du défunt, Mayacine Seck et Goumba Ndong, ont tenu à accompagner l’illustre disparu à sa dernière demeure, en présence de Serigne khalil Mourtada qui a dirigé la prière sur le mort, en compagnie de deux de ses frères Mouhamadane et Abdou latif Mourtada.

Unis, la mort dans  l’âme les habitants de Hâlia ont dit Adieu Ibrahim ! Que la terre de Touba te soit légère – amen

Signé Bara Mbodji 77 302 77 18-77

Sources :

  • Dame Babou 00(1)5138848857 USA
  • Mamadou Léye 77 518 45 38
  • Abdou Salam Khoulé 77 435 44 43
  • El Hadji LO 77 546 88 11 à consulter

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