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Transports publics à Fatick : Les taximen mettent le pied sur le frein

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Depuis lundi dernier, le torchon brûle entre les conducteurs de taxi et les autorités municipales de Fatick qui leur ont retiré leurs papiers pour défaut de paiement des droits de stationnement. Ces taximen exigent l’application d’un arrêté interdisant aux charretiers de faire du transport en commun. Sans quoi, ils ont décidé de ne pas s’acquitter de cette taxe.

Les taximen de la commune de Fatick sont actuellement à couteaux tirés avec les autorités municipales. Ces dernières ont fait recours aux services de la police pour procéder le lundi passé au retrait de leur permis de conduire et carte grise. Le secrétaire général de la mairie, Boubacar Khalil Ndiaye, renseigne que cette opération vise à contraindre les conducteurs de taxi et de vélotaxi à payer les droits de stationnement qu’ils doivent à la municipalité depuis le début de l’année. «Nous avons initié cette opération pour recouvrer les droits de stationnement qui s’élèvent à 3 000 francs par mois pour les taxis et 2 000 francs pour les vélotaxis, parce que lors que nous avons fait l’évaluation au niveau du Trésor, nous nous sommes rendu compte que sur les 31 taxis qui circulent dans la ville, il n’y a qu’un seul qui a payé ses droits jusqu’au mois de juillet et deux ont payé pour les mois de janvier et février, les autres n’ont payé que le mois de janvier. Pour les vélotaxis, seuls 8 avaient commencé à payer sur un total de 400 voire 500», a fait remarquer M. Ndiaye. Lequel d’ajouter : «C’est un manque à gagner de plus de 10 millions de francs que la mairie a inscrits dans son budget de 2015. Nous leur avons demandé de payer trois mois et le reste sera payé sous forme de moratoire. Les conducteurs de vélotaxis ont commencé à s’exécuter, mais les taximen ont refusé. Mais tant qu’ils (les taximen) ne payeront pas, ils ne récupéreront pas leurs pièces parce qu’il faut que force reste à la loi», martèle-t-il.

De leur côté, les taximen ont expliqué à travers leur porte-parole, Papis Dioume, qu’ils ne refusent pas de payer les droits de stationnement. Seulement, ils exigent avant tout que l’arrêté municipal interdisant le transport en commun effectué par les charrettes soit appliqué dans toute sa rigueur. L’arrêté en question et dont Le Quotidien détient une copie a été signé le 21 juillet 2011 par El Hadj Ngor Ndiaye, à l’époque 2e adjoint au maire Macky Sall. Cet arrêté portant interdiction de circuler des charrettes en son article 2 stipule que «pour des raisons de sécurité, il est formellement interdit aux véhicules à traction animale (charrettes) de circuler et de transporter des personnes sur les axes suivants : axe Darel-marché, axe gare routière-marché, les rues qui ceinturent le marché. Le transport de marchandises est autorisé sur lesdits axes», dit le texte. Mais cet arrêté comporte une contradiction. En ce sens que tout en interdisant la circulation des charrettes, il leur aménage des lieux de stationnement aux alentours du marché central. «Les deux points de stationnement autorisés sont les suivants : l’espace situé en face de la maison Antoine Khoury pour les charrettes venant de Darel, Poukham, Ndouck, et environs ; à hauteur du cinéma Miguel pour les charrettes venant de Ndiaye-Ndiaye, gare routière et autres villages», peut-on lire dans ledit arrêté en son article 3. Une contradiction que le secrétaire général de la mairie n’a pas manqué de souligner. «Certainement, il y a eu une pression quelque part et les gens ont voulu prendre un arrêté pour réglementer, mais cet arrêté pose problème puisqu’il interdit la circulation des charrettes et en même temps définit leurs points de stationnement», semble regretter Boubacar Khalil Ndiaye. Mais selon lui, la mairie n’est pas pour autant dans les dispositions d’appliquer cet arrêté. «On ne peut pas demander à ces gens-là (les charretiers) d’arrêter tout bonnement leur gagne-pain parce que cela peut poser d’autres problèmes. Ce que l’on doit faire, c’est d’organiser le secteur du transport pour permettre à chaque acteur d’y trouver son compte», préconise-t-il.

Non aux charretiers !
Les charretiers qui sont aujourd’hui à l’origine de la colère des taximen pensent que ces derniers n’ont aucune raison d’exiger qu’il leur soit interdit de faire du transport en commun. «Chacun d’entre nous essaie de gagner sa vie dans cette activité. Donc, nous devons faire preuve de compréhension. Nous payons 200 francs de taxe par jour, ce qui fait 6 000 francs le mois. Donc, deux fois plus que la taxe mensuelle payée par les taximen», a indiqué au nom de ses collègues le jeune Mamadou Sène.
Des citoyens qui se sont confiés au journal Le Quotidien sous le couvert de l’anonymat considèrent que les taximen ont tout faux dans cette affaire. «Il faut laisser les charrettes faire le transport en commun parce que c’est moins cher pour ceux qui ont un pouvoir d’achat faible. En plus, il est presqu’impossible d’avoir un taxi dans la ville si on ne se rend pas à la gare routière, parce que les taxis ne circulent pas. Ils attendent toujours de faire le plein à partir des gares routières, ce qui fait que certains sont obligés de se rabattre sur les charrettes», témoigne l’un d’entre eux.
En attendant que la médiation entamée par le préfet du département de Fatick aboutisse, les taximen, eux, campent toujours sur leur position. Depuis mardi, ils ont garé leurs véhicules en exigeant l’application stricte de l’arrêté sus-cité. Au grand bonheur des vélotaxis et des charrettes.

Le Quotidien

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