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Ukraine: Vladimir Poutine a-t-il obtenu ce qu’il voulait ?

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Une nuit d’intense négociations, un accord et une lueur d’espoir. Ainsi peut-on résumer Minsk 2, le compromis censé mettre fin au conflit qui mine l’est de l’Ukraine depuis plusieurs mois. Et alors que les Européens oscillent entre espoir et vigilance, le président russe Vladimir Poutine est-il sorti vainqueur de cette guerre des nerfs ?

Avec notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne

François Hollande et Angela Merkel sont venus à Moscou la semaine dernière pour ne rien obtenir. On avait l’impression que c’était le président russe qui imposait son agenda, son ordre du jour, son timing.

Sans doute Vladimir Poutine a-t-il voulu gagner du temps. Pendant qu’en Ukraine ses « protégés » gagnaient du terrain, il tentait de faire croire à son discours en faveur de la paix.

Toutefois, au cours des négociations de Minsk 2, Vladimir Poutine est apparu plus isolé que jamais. Il semblait loin le temps où François Hollande le rencontrait en tête-à-tête de façon imprévue, au retour d’une visite au Kazakhstan, et où les deux hommes affichaient une bonne humeur commune. C’était pourtant il y a à peine un mois.

Cette fois-ci, il est clairement apparu comme le dernier à faire obstacle à un accord de paix, tandis que Petro Porochenko semblait s’être rendu aux raisons exposées par le couple franco-allemand.

Le président russe ne s’attendait probablement pas à une telle résistance de la part de l’Ukrainien, à une telle opiniâtreté de la part des Français et des Allemands et à une telle unité contre ses thèses, qui l’ont finalement contraint à accepter l’accord de Minsk 2.

Poutine, Porochenko, Merkel et Hollande garants de l’accord

Un texte qui sur certains points est beaucoup plus détaillé que son prédécesseur. C’est notamment le cas sur la mise en place de la zone démilitarisée, qui précise les distances et les armes concernées.

Par ailleurs, le nouvel accord exige une réforme de la Constitution en vue d’une décentralisation. Si la décentralisation figurait dans le document précédent, ce n’était pas le cas de la réforme constitutionnelle. Le terme fédéralisation n’y figure pas. Kiev s’y est opposé. Mais le compromis est toutefois plus favorable aux thèses russes, avec des zones décentralisées qui auraient des pouvoirs assez étendus, énoncés dans le texte.

Un autre point essentiel est le rétablissement du contrôle total du gouvernement ukrainien sur la frontière avec la Russie. Il doit commencer au lendemain des élections locales et s’achever à la fin du processus politique, c’est à dire fin 2015. Mais on ne sait pas quand auront lieu les élections locales. Le retour des douaniers ukrainiens sur la frontière pourrait bien être la dernière étape du processus. Les parties savaient depuis le début que ce point précis serait le plus difficile à négocier, les positions russes et ukrainiennes étant aux antipodes. Le compromis est en deçà de ce que voulait Kiev.

En fait la grande différence entre Minsk 1 et Minsk 2, c’est que les quatre chefs d’Etat et de gouvernement présents sont garants de l’accord. Ils ont publié une déclaration commune en ce sens, qui engage donc aussi Vladimir Poutine dans la mise en œuvre de l’accord.

Cela signifie-t-il que Minsk 2 sera mieux appliqué que Minsk 1 ? La force militaire est pour l’instant, en tout cas, du coté des pro-russes. Mais les Européens ont démontré une volonté diplomatique certaine, et l’avenir dépendra beaucoup du maintien ou non de cette détermination

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